Les actualités Malgaches du Jeudi 30 Mai 2019

Modifier la date
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Fête musulmane « Aïd el-Fitr» - Le président de la FSM sème la discorde

Après avoir proposé au Gouvernement de décréter la date du 4 juin 2019 marquant la fin du mois sacré de Ramadan ou le « Aïd el-Fitr » comme férié,  le président de l'association cultuelle dite « Fikambanana Silamo Malagasy » ou FSM  Abdoul Hady a changé d'avis. En effet, dans une lettre datant du 21 mai qu'il a dûment  signée et adressée au ministre de la Fonction publique du Travail et des Lois sociales, Abdoul Hady a demandé la rectification par voie de décret de la  date de l'Aïd el-Fitr citée supra.  Suivant cette deuxième proposition, le Conseil du Gouvernement a décidé de modifier cette fête musulmane pour ce mercredi 5 juin au lieu du mardi 4 juin 2019.

A 72 heures de la fête de l'Aïd el-Fitr, Abdoul Hady sème ainsi la discorde notamment au niveau de la communauté musulmane ainsi que du secteur économique. Selon ce président  de l'association cultuelle «FSM » le calendrier de la plupart des ségrégations musulmanes d'Antananarivo indique que le jêune se termine le mardi 4 juin 2019 et la fête Aïd El-Fitr  aura donc lieu le mercredi 5 juin 2019. Une analyse qui serait confirmée par les données astronomiques fournies par l'Institut et observatoire de géophysique d'Antananarivo (IOGA).  

Sauf que les choses ne se passent pas ainsi pour les musulmans. Un mois, pour ces derniers, dure 29 ou 30 jours. Pour ainsi dire que le mois de Ramadan pourra durer 29 ou 30 jours. Il n'y a donc pas de date fixe pour la célébration de l'Aïd el-Fitr. Celle-ci, de ce fait, pourrait avoir lieu le 4 ou le 5 du mois de juin prochain. Tout dépend de l'apparition du premier croissant de lune. Et Abdoul Hady en tant que musulman est censé le savoir. A moins que derrière ce changement subit de décision se cache autre chose.

Faut-il rappeler que Abdoul Hady, cet ancien conseiller de l'ancien Premier ministre Olivier Mahafaly,  n'est pas le véritable président national de la FSM et qu'il est contesté par toutes les sections au niveau  des différentes régions ainsi que le conseil national de ladite association. Pour revenir à cette dernière proposition de la date de l'Aïd el-Fitr faite par Abdoul Hady, elle a  suscité l'indignation au sein même de la communauté musulmane et les fidèles musulmans des différentes mosquées dont celle d'Antananarivo.

« Abdoul Hady aurait tout simplement dû s'en tenir à la date décrétée par le Gouvernement au lieu de tout chambouler à la dernière minute », a déclaré un de ses proches. On croit savoir que les membres du conseil national et ceux du conseil d'administration  de la FSM démocratiquement élus  lors du dernier congrès qui s'est tenu à Mahajanga en 2015 s'apprêtent également à condamner l'attitude d'Abdoul Hady lequel pour eux n'est qu'un usurpateur. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'ils ont porté plainte contre cet ancien conseiller du Pm Olivier Mahafaly. A  noter que l'affaire est actuellement traitée au niveau du PAC.

Mécontentement

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« Ny Asako Rahampitso » - L’orientation des élèves en quête d’intervenants

Un rendez-vous annuel. « Ny Asako Rahampitso » (mon métier de demain) arrive actuellement en sa 14è édition, laquelle se fera les 3, 5, 6 et 7 juin prochains. Cet évènement de quelques jours se focalise sur l’orientation des élèves en classe de seconde inscrits auprès des lycées d’Antananarivo et périphéries, afin qu’ils puissent se positionner pour mieux choisir leur avenir professionnel. Le Rotary club Antananarivo Ainga (RCA), principal organisateur en partenariat avec le ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle (MENETFP), est en quête d’intervenants pour orienter les lycéens.

« Sur les 200 intervenants attendus, nous sommes encore à la recherche de 50 professionnels issus de divers domaines et secteurs d’activités, à commencer par les entrepreneurs du secteur privé jusqu’aux fonctionnaires et cadres civils ou militaires. Ils parleront aux élèves de leurs parcours académiques et professionnels mais aussi de leurs métiers et leurs entreprises », souligne Ny Aina Rakotoarisoa, président du RCA pour 2018- 2019. Les intéressés peuvent s’inscrire auprès des responsables du club rotary ou du ministère de tutelle. D’ailleurs, le directeur général de l’Enseignement secondaire et de la Formation de masse du MENETFP, Christian Rakotozanany, reconnait l’importance d’un tel évènement dans le domaine de l’éducation et de l’orientation des élèves.

Réussites et reconnaissances

Organisé pour la première fois en 2006, « Ny Asako Rahampitso » a pu aider des milliers de lycéens à mieux s’orienter et choisir les études adéquates à leurs attentes et passions. Bon nombre d’entre ces anciens élèves bénéficiaires travaillent actuellement dans divers secteurs. « La plus grande réussite de l’évènement réside dans le fait que certains élèves de l’époque que vous croisez par hasard dans les rues ou dans des endroits vous reconnaissent et vous parlent de leurs parcours depuis. Ils ne manquent pas de vous exprimer leurs reconnaissances puisqu’en leur parlant de vos métiers, ils ont pu s’identifier et se placer, afin de faire le bon choix », se réjouit le président du RCA. La réussite du projet se constate également dans le nombre d’élèves qui ont pu poursuivre leurs études supérieures dans les filières de leur choix, que ce soit à Madagascar ou à l’étranger. En 13 ans, « mon métier de demain » a pu toucher 5000 à 6000 élèves par édition, soit plus de 65 000 lycées orientés par des professionnels. Ces bénéficiaires proviennent non seulement d’Antananarivo et périphéries mais aussi de Toamasina, avec une édition en 2017, et des chefs-lieux de Provinces en 2018. Pour cette 14è édition, 5010 élèves issus de 97 classes de seconde et 8 établissements à savoir le lycée moderne Ampefiloha, le lycée Rabearivelo, le lycée Andohalo, le lycée Faravohitra, le lycée Nanisana, le lycée Ambohimanarina, le lycée Analamahitsy et le lycée Andoharanofotsy seront touchés.

Patricia Ramavonirina

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Plan Emergence Madagascar - Elaboré au mois de juin

En cours de gestation. Richard Randriamandranto, ministre de l’Economie et des Finances (MEF) concocte en ce moment le Plan Emergence Madagascar (PEM). Pour ce faire, le ministère a organisé durant deux jours à savoir mardi et mercredi derniers au Carlton Anosy une consultation nationale de toutes les parties prenantes. En effet, ce document remplacera celui connu auparavant sous le nom de Plan national de développement. Il renferme toutes les politiques générales de l’Etat et sera utilisé durant les cinq prochaines années.

« Le Plan Emergence Madagascar va permettre l’accélération et la stabilité de la croissance économique dans le pays, stimuler l’émergence de sa potentialité économique, améliorer la protection du climat des affaires, assurer la bonne gouvernance, améliorer la redevabilité de l’administration, moderniser Madagascar par de nouvelles technologies, assurer la couverture de l’énergie dans tout le pays, améliorer la condition de vie de la population et assurer la protection de l’environnement. Dans son allocution, le ministre a mis l’accent sur la nécessité de l’élaboration de ce plan qui sert d’outil de référence pour tous les acteurs de développement, de tableau de bord pour les hautes instances de décision et d’outil de solidarité pour tous les citoyens », selon le communiqué officiel.

Toutes les parties prenantes sont alors mobilisées notamment les hauts responsables sectoriels, les représentants des Corps diplomatiques et consulaires, les partenaires techniques et financiers, le secteur privé et la société civile, les universitaires ainsi que les ONG et associations œuvrant pour le développement de Madagascar. 

« Nous allons surtout nous focaliser sur l’alignement des interventions avec les partenaires techniques et financiers », souligne le ministre. Par ailleurs, l’atelier de consultation touche les volets économique, social, environnemental et gouvernemental. A noter que le ministère prévoit la disponibilité de ce Plan Emergence Madagascar au mois de juin.

Solange Heriniaina

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Destination menacée

Un couple de touristes étrangers a fait, récemment, l’objet d’attaque des malaso dans le site naturel des Tsingy de Bemaraha à Bekopaka. Ils firent main basse sur les objets de valeur de ces victimes dont des espèces consistantes en devises étrangères, des appareils photos. L’année dernière, en 2018,  au même endroit et à la même époque, un convoi de quatre voitures 4X4 conduisant des touristes étrangers avait été la cible d’attaques, à deux reprises, par des dahalo. Pour la énième fois, des objets de valeur (d’importantes sommes d’argent en devises étrangères, en monnaie locale, des caméras de haute définition, etc.) firent les frais. Pire, toujours dans les mêmes endroits, un chauffeur-guide a été sauvagement attaqué. Ce fut la goutte d’eau qui provoqua l’indignation des opérateurs évoluant dans ce secteur porteur. Ils interpellèrent les autorités compétentes et les responsables de sécurité de se ressaisir et de prendre sérieusement leur responsabilité. Mais, il n’y a pas que dans les confins de Menabe et de Melaky où le problème d’insécurité fait rage, d’autres sites tout aussi emblématiques sont dangereusement menacés pour ne pas citer que le cas des Allées de Baobab ou dans le Parc naturel d’Andasibe Moramanga, etc. Sous d’autres cieux où le tourisme tient un rôle de choix dans l’affermissement de l’économie nationale, on ne … badine point sur la sécurisation optimale du secteur. Au Maroc ou en Egypte, l’Etat s’occupe directement de la sécurité des touristes étrangers dans tous les hauts lieux de visite. C’est une affaire d’Etat !

A Madagascar, le tourisme est appelé à tenir un rôle stratégique dans la consolidation de l’économie nationale, cependant, on déplore la « négligence manifeste » des responsables étatiques des régimes précédents. En 2016, à titre d’exemple, le tourisme en tant que 2ème source de devises a fait rentrer au pays la coquette somme de 750 millions de dollars et a généré plus de 41.000 emplois. Les opérateurs de ce secteur développeur ne cessent d’activer la sonnette d’alarme. Seulement, ils butent à l’inertie sinon à la sourde oreille des autorités. Un comportement que même les simples citoyens ne parviennent pas à saisir le contour. Le pays dispose d’un grand ministère du Tourisme et des postes avancés des Forces de la défense et de sécurité installés un peu partout sur l’étendue du territoire national alors on se demande pourquoi ne prenne-t-on pas les mesures adéquates pour endiguer voire éradiquer ce mal gênant ? Un dommage collatéral que les dirigeants politiques se doivent de résoudre au profit des intérêts vitaux du pays. Etant un levier de l’économie nationale, l’industrie du tourisme mérite l’attention particulière de l’Etat.  En outre, d’autres facteurs compromettant l’avenir du tourisme interviennent et créent des vagues. Entre autres, le manque de mesures coercitives pour la sauvegarde de l’environnement des parcs naturels, lieux de prédilection des visiteurs étrangers. Les feux de brousse sauvages et les pillages dont sont victimes les terrains censés être des espaces protégés. Un délit de haute trahison qu’on doit incessamment punir. Malgré la cherté de la destination, Madagascar attire les touristes étrangers et cela grâce à ses  richesses naturelles. Des espèces florales et fauniques, pour la plupart des cas endémiques, qui n’attendent  qu’à être visitées.    Etant une destination menacée, Madagascar doit relever avec beaucoup d’égard l’immense et complexe défi qui l’attend.

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Résultats des législatives - Quand des candidats veulent aller plus vite que la musique

Un scénario récurrent. Le résultat des votes n’est pas encore connu.  Pourtant des contestations pointent déjà le bout de leur nez. Les candidats donnés perdants par les tendances provisoires rendues publiques par la Commission électorale nationale indépendante commencent déjà à élever leurs voix. A Maroantsetra, les partisans d’un candidat soupçonné d’être impliqué dans des affaires d’exportation illicite de bois précieux sont descendus dans la rue pour contester les résultats des législatives dans ce District de la Région d’Analanjirofo. Des contestations qui sont intervenues moins de 12 heures seulement après la clôture des bureaux de vote et alors que les résultats provisoires officiels ne sont même pas encore connus. Se sait-il déjà perdant ? Les observateurs sont perplexes face à la réaction du candidat et de ses partisans qui s’apparente à des tentatives de déstabilisation. Le Cv du candidat ne plaide d’ailleurs pas en sa faveur. Recalé par la coalition présidentielle, le trafiquant avait cherché tous les moyens pour intégrer le Parlement de Tsimbazaza à tout prix, dans l’objectif d’obtenir l’immunité parlementaire, estimaient bon nombre d’observateurs. 

En tout cas, d’autres contestations et d’autres polémiques sont également visibles. A Mahajanga I, 13 candidats ont déclaré avoir constaté des manipulations dans la confection de la liste électorale. Ils affirment aller déposer une requête auprès de la CENI et de la HCC pour faire annuler le scrutin. L’on se demande pourquoi n’ont-ils pas dénoncer ces « manipulations » avant le jour du vote. La situation serait réchauffée également dans les Districts de Sakaraha, de Bekily et de Bealanana. Les réactions de ces candidats donnent en tout cas, l’impression de mauvais perdants qui, ne supportant pas l’échec, crient au scandale et s’adonnent à des contestations injustifiées. En cette période où le changement est plus que jamais le mot d’ordre, de telles pratiques ne devraient être bannies du milieu politique. A tout le moins, ces candidats devraient attendre les résultats provisoires et ne pas donner l’impression de candidats qui veulent aller plus vite que la musique, en menant des actions conduites à la hâte et qui vont à l’encontre du bon sens. En tout cas, toutes les contestations électorales doivent être traitées par les canaux légaux. En l’occurrence, la HCC reste la seule juridiction compétente pour connaître des contentieux relatifs aux résultats des législatives du 27 mai. Toutes les parties prenantes sont encouragées à privilégier le dialogue qui est le meilleur chemin  vers la cohésion sociale et l’unité nationale. Les hommes politiques doivent faire preuve de retenue. La rédaction

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Contentieux sur les îles éparses - Décision franco- malagasy avant le 26 juin 2020 !

Commission mixte et dead-line. Pour la première fois, la France et Madagascar parlent d’une même voix concernant leurs différends sur les îles éparses. Les Présidents Emmanuel Macron et Andry Rajoelina ont annoncé à la conférence de presse commune à l’issue de leur entrevue de 45 minutes mercredi qu’ils sont tombés d’accord sur deux points quant au traitement de ce dossier épineux concernant les cinq îles autour de Madagascar. Il s’agit entre autres de la mise en place d’une commission mixte pour étudier l’affaire et de proposer les solutions d’un côté et la date limite de l’annonce des résultats de ses travaux avant le 26 juin 2020. Une date symbolique choisie  non pas par hasard car elle marque le 60e anniversaire de l’indépendance de Madagascar, après 64 années de colonisation jalonnées par la mort de plusieurs milliers de Malagasy avides de retrouver leur souveraineté nationale.La séparation de ces îles éparses à la Grande île figure parmi « les séquelles de l’histoire qui fait encore mal aux 25 millions de Malagasy » révèle le Président Andry Rajoelina à son homologue français. A ce dernier, il a demandé d’une manière officielle « de trouver une solution pour la restitution des îles éparses à Madagascar. Pour le peuple malagasy, l’appartenance de ces îles est une question d’identité nationale ». C’est également une grande première qu’un Président malagasy adresse  une telle demande à un Président français les yeux   dans les yeux et ce contrairement aux démarches de ses prédécesseurs qui l’ont fait à travers la presse ou autre juridiction. Une démarche qui certainement a fait tilt auprès du locataire du Palais de l’Elysée.

« Ma volonté est que nous ayons un dialogue pour arriver à une solution commune et que le traitement du dossier se fasse dans le cadre bilatéral et non par un recours judiciaire ou des instances internationales », plaide de son côté Emmanuel qui apparemment épouse le dicton français, « vaut mieux un mauvais arrangement qu’un bon procès ».  Le dialogue amorcé et les négociations désormais sur les rails, l’espoir est de mise du côté des Malagasy, toutes tendances politiques confondues, après  ce terrain d’entente trouvé  par les deux Présidents de la République. Certes, des extrémistes tant  français que malagasy jouent la fausse note mais l’essentiel c’est que la volonté d’aller vers l’avant est manifeste. Auparavant en effet, la demande de la partie malagasy lancée par les Présidents Didier Ratsiraka et Hery Rajaonarimampianina était tombée dans l’oreille d’un sourd. Et depuis 1973, date à laquelle Madagascar a émis aux Nations unies son souhait de reprendre la possession de ces îles éparses, un dialogue de sourd s’est installé. Pire, le ton s’est durci comme l’atteste la présence des militaires français dans ces îles depuis 1980 et l’arrestation des petits pêcheurs malagasy surpris dans « leur propre » zone maritime.A noter qu’au lendemain de la prise de pouvoir de l’Etat français à Madagascar (1896), l’administration de l’hexagone a décrété que Madagascar et ses dépendances, en l’occurrence les îles éparses, faisaient partie de l’empire français. Ce qui signifie que la France ne niait pas l’appartenance de ces îles à Madagascar. Or, elles furent séparées, administrativement, à la Grande île à la remise de l’indépendance en 1960 et rattachées par décret à la France.Espérons que ce long débat autour de ces îles touche à sa fin.  Et que  le Président français ne vienne les mains vides à Madagascar, s’il accepte le statut d’invité d’honneur que lui a  gratifié le Président Rajoelina à la célébration du 60e anniversaire de l’indépendance de Madagascar, mais avec un dossier bien ficelé concrétisant la restitution de ces cinq îles éparses. A moins que cela se réalise bien avant…La rédaction

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Dans sa forme et son rôle actuels - Le Sénat est désormais caduc

D’une part, il est avéré actuellement que la procédure de mise en place de cette Chambre haute a été entachée de vice de forme et d’autre part, depuis le 13 février, elle n’intervient plus dans la procédure législative. De là à dire que le Sénat ne sert plus à rien et peut être considéré comme caduc, il n’y a qu’un pas.Dans sa décision n°10-HCC/D du 25 mai 2019 en effet, la HCC avait soulevé que  l’article 7 de la loi 2015-007 fixant les règles relatives au fonctionnement du Sénat ainsi qu’aux modalités d’élection et de désignation des sénateurs de Madagascar n’est pas conforme à la Constitution. Cet article 7 de la loi 2015-007 dispose en  effet qu’ « un décret pris en Conseil des ministres fixe le nombre des sénateurs ». Or, le texte fondamental stipule clairement dans son article 82 que « les règles de fonctionnement du Sénat, sa composition ainsi que les modalités d’élection et de désignation de ses membres sont fixées par une loi organique ». La question se pose alors de savoir si le Sénat actuel, mis en place conformément à  l’article 7 déclaré inconstitutionnel  ci-dessus, ne serait pas lui-même inconstitutionnel. Dans tous les cas, c’est suite à ce constat que la HCC a entériné l’Ordonnance n°2019-006, laquelle dans son l’article 7 (nouveau) a édicté que « en application des dispositions des articles 81 et 82 de la Constitution, le Sénat comprend dix-huit (18) membres, pour deux tiers élus en nombre égal dans chaque Province et, pour un tiers nommé par le Président de la République, pour partie, sur présentation  des groupements les plus représentatifs issus des forces économiques, sociales et culturelles, et pour partie en raison de leurs compétences particulières ». Une nouvelle composition déclarée conforme à la Constitution par la HCC mais qui, du coup, remet aussi en question celle de l’actuelle Chambre haute.

Parlement croupionMais il faut savoir également que, depuis la Décision n°05- HCC/D3 du 13 février 2019 concernant la loi n°2019-001 déléguant le pouvoir de légiférer au Président de la République, le Senat a été mis, de facto, totalement en dehors de la procédure législative. Dans tous les cas, le fait est qu’aucune des Ordonnances qui ont été soumises au contrôle de constitutionnalité de la HCC ne sont passées par la case Anosikely, comme le seraient les lois (projets ou propositions) lorsque l’Assemblée nationale était en place. Il en est ainsi, pour ne prendre qu’un exemple significatif, de la Décision n°09-HCC/D3 du 25 mai 2019 où la HCC a déclaré  que « l’Ordonnance n° 2019-005  portant loi de finances rectificative pour 2019 est déclarée conforme à la Constitution et peut faire l’objet de promulgation », sans faire allusion à une quelconque soumission au Sénat. D’aucuns argueront sans doute que, outre sa fonction législative, la Chambre haute a une autre mission, celle stipulée par l’article 83 de la Constitution qui dispose que «  Le Sénat est consulté par le Gouvernement pour donner son avis sur les questions économiques, sociales et d'organisation des Collectivités territoriales décentralisées ». Néanmoins, beaucoup ne manqueront pas de signaler que, jusqu’ici, le Sénat s’est contenté d’être le parlement croupion de la Chambre basse, sinon de l’Exécutif. L’adoption du très controversé Code de la communication médiatisée (encore en vigueur actuellement) en est la preuve.Au final, non seulement budgétivore mais d’aucune utilité,  le Sénat mérite-t-il encore d’être maintenu, tout au moins dans sa forme actuelle ?La Rédaction