Les actualités Malgaches du Lundi 25 Décembre 2017

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Fête de Noël - La Capitale vit sous les eaux et ordures

A deux jours de la fête de la Nativité, les ordures s’éparpillent partout dans la Capitale. La montée des eaux et l’insalubrité sont des phénomènes inséparables des Tananariviens en cette période festive, notamment dans les bas-quartiers tels qu’Andavamamba Ankezika, Ankorondrano Andrefana.

Concernant ce dernier, le bac à ordures est déjà trop plein depuis des jours et occupe le trottoir. « Avec les fêtes de Noël et de fin d’année qui approchent, ainsi que la saison de beaucoup des fruits, on craint le pire si la Cua et le Samva ne prennent pas leurs responsabilités », avance une mère de famille habitant à Ankorondrano.D’un autre côté, presque tous les quartiers de la Capitale vivent sous les eaux. Pourtant, le mois de décembre n’est que le début de l’été et des fortes pluies. Et lors des averses orageuses, les canaux d’évacuation d’eaux usées sont bouchés. Les eaux de pluie vont stagner et les habitants sont condamnés à vivre avec l’odeur nauséabonde qui s’en dégage. Ce phénomène est devenu régulier dans les quartiers comme Andravoahangy, Besarety, Andavamamba Anjezika, Ampefiloha. L’eau ne se retire jamais. Pourtant, il y a quelques semaines, l’institution en charge de l’assainissement dans la Capitale, à savoir le Service autonome de maintenance de la ville d’Antananarivo (Samva) a obtenu des financements pour mener à bien ses travaux. Le ministère de tutelle a donné un financement additionnel de 1,2 milliard d’ariary, tandis que la Banque mondiale a accordé un financement de plus de 600 millions d’ariary.  Actuellement, le Samva est encore en train de régler ses problèmes internes. La manifestation des employés préoccupe tant les dirigeants au sein de cette institution, au point qu’ils ont porté l’affaire devant le Tribunal et laissé de côté tous les travaux d’assainissement. Avec la fête de Noël et le Nouvel an qui approchent, ainsi que les bazars de Noël existant un peu partout, Antananarivo pourrait devenir la Capitale des ordures…Recueillis par Anatra R.

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Evasion à la prison d’Ikongo - La situation se normalise

Dix jours après l’éclatement des troubles liés à l’évasion de 107 prisonniers de la prison, la situation se normalise progressivement à Ikongo. D’autant plus que 150 éléments des forces de l’ordre composés de policiers, de gendarmes et de militaires sont sur place pour surveiller la ville et assurer le maintien de l’ordre.

Dans un récent message adressé à la population locale mais aussi au reste des habitants du pays, le ministre de la Défense nationale, le général Beni Xavier Rasolofonirina, a rassuré que ces forces de l’ordre sont là pour éviter tout risque de débordement. Il a aussi soulevé le côté négatif de la vindicte populaire car Madagascar est un Etat de droit, a-t-il rajouté. Enfin, il a adressé sa reconnaissance envers le fokonolona pour son aide dans la recherche des dépouilles des 9 membres des forces qui s’étaient noyés à la suite d’un accident, samedi dernier.L’heure est donc à l’apaisement à Ikongo. Pas plus tard que jeudi, une délégation du comité de réconciliation nationale de Fianarantsoa et les membres de l’autorité locale dont l’Ampanjaka s’étaient réunis à Antakeboka. Le but a été d’apaiser les esprits et la réconciliation. La population civile a demandé la somme de 800 000 ariary  à titre de  dommages et intérêts après l’homicide auquel furent incriminées les dix personnes ayant été à la source de l’escalade dans la région.Le procureur a invité les civils à déclarer  leur requête  par lettre. Mais la réaction du chef de la région Vatovavy Fitovinany ne s’était pas fait attendre. Il a fourni les 800 000ariary au fokonolona. De plus, il a également offert un zébu en vue de la réconciliation ou le « nofon-kena mitam-pihavanana ». Par ailleurs, la machine administrative, au sein de l’administration pénitentiaire locale, reste vacante après l’évacuation des trois magistrats à Ikongo. Selon une source proche de la justice, ces derniers  cr aignaient pour leur vie. « Ils ont reçu une menace de mort. Leur départ va donc suspendre  temporairement les affaires judiciaires à Ikongo. Il faudra donc que tout soit rentré dans l’ordre pour qu’ils puissent rejoindre leurs fonctions », a affirmé cette source judiciaire.Franck Roland

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Baisse de prix du carburant - « Faisable mais… »

Le bras de fer entre l’Etat et les compagnies pétrolières alimente les conversations dans les foyers et les salons. Il s’agit de la « demande » de l’Etat à l’endroit des entités opératrices de réduire leur marge bénéficiaire afin de baisser les prix du carburant à la pompe. Une belle initiative en somme, bien que cela semble difficile à réaliser pour diverses raisons. Entre autres, la dépréciation quasi quotidienne de la monnaie locale, le prix mondial du baril ainsi que l’augmentation en 2018 de la taxe unique sur les produits pétroliers (Tupp).

Bien que le « numéro un » du ministère des Finances et du Budget ait expliqué que cette modification n’engendrera pas une hausse du prix à la pompe, plus d’un reste sceptique. « L’Etat cherche par tous les moyens à augmenter les recettes fiscales. Et comme la Tupp s’avère la plus rentable et la plus facile à recouvrer, c’est l’unique voie rapide menant vers le renflouement des caisses publiques », avance un observateur économique. L’Etat compte ainsi réaliser une pierre deux coups, à savoir gagner plus d’argent tout en maintenant le prix à la pompe. Bref, les autorités, selon les dires de notre interlocuteur, veulent avoir le beurre et l’argent du beurre. Et ce, au détriment des compagnies pétrolières et de leurs démembrements.« N’empêche, je suis certain que ces derniers ne sont pas contre cette idée, mais tout dépendra des négociations et des arguments de chaque camp ».La source de ce bras de fer vient d’une étude effectuée par un cabinet d’étude international. La conclusion de ce dernier pointe de doigt les compagnies pétrolières taxées de « gourmandes » en prenant une marge bénéficiaire énorme. L’ajustement de quelques éléments de la structure de prix pourrait, selon les analystes de l’Etat, réduire à 17 % le prix à la pompe. « La réduction du prix à la pompe me paraît faisable mais certainement pas aussi conséquente », temporise l’observateur économique. Une thèse épousée également par un ancien cadre supérieur de la défunte Solima et qui a vécu les premières heures de sa privatisation. « Je n’ai pas sous mes yeux le contenu de l’étude effectuée par ce cabinet international. Mais il faut savoir que Madagascar a ses spécificités par rapport aux autres pays africains. Je ne suis pas en mesure de savoir si cela a été pris en compte », avance ce retraité de l’ancienne compagnie nationale pétrolière. Il a cité l’application à Madagascar du système de péréquation, c’est-à-dire l’uniformisation des prix sur tout le territoire, et ce malgré la difficulté pour accéder par voie routière à certaines zones. Le volume consommé par Madagascar est également faible comparé à la consommation des autres pays, selon ses dires. 1 million de m3 au maximum serait partagé par les quatre compagnies pétrolières dans la Grande île contre trois fois plus pour d’autres Nations africaines.Pour lui, ces paramètres qui plaident en faveur des compagnies pétrolières opérant à Madagascar doivent être pris en considération. Il croit dur comme fer que c’est l’Etat qui sortira vainqueur de ce bras de fer, populisme oblige.« Pour parer à leur manque à gagner, il est fort probable et c’est d’ailleurs dans la logique des choses que Jovenna, Galana, Total et Shell allègent leurs charges et réduisent leurs investissements pour les années à venir », analyse notre interlocuteur en guise de conclusion.Propos recueillis par Marinà R.

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Kidnapping - L’adolescent malagasy libéré

La semaine dernière a été marquée par une série d’enlèvements. Le premier s’est déroulé mercredi dans la soirée et a visé une victime d’origine indo-pakistanaise, responsable au sein d’une société de distribution. Celle-ci a été kidnappée à l’entrée de son domicile à Ankorondrano. Deux jours après, soit vendredi, c’est un adolescent malagasy qui a été enlevé du côté d’Andranobevava en fin d’après-midi. Ces victimes ont en commun la nationalité française.

D’Antananarivo au quai d’Orsay, c’est la levée de bouclier face à cette recrudescence d’enlèvements, et ce, à la veille des fêtes de fin d’année.  Hier, le collectif des français d’origine indienne à Madagascar (Cfoim) a annoncé la libération de l’adolescent malagasy. Une libération survenue dans la soirée du 24 décembre. Aucune autre information n’a été divulguée à part que le jeune de 13 ans est retourné auprès de sa famille, sain et sauf, après avoir ainsi passé deux jours de captivité. 5 individus lourdement armés ont accompli ce méfait. Mais jusqu’à l’heure où nous mettons sous presse, personne n’est en mesure d’avancer si ces brigands ont été repérés ou non. Silence complet donc du côté de la Police nationale et de la Gendarmerie. Ces entités aiguillent les journalistes vers la toute nouvelle cellule créée afin de combattre le kidnapping. Mais cette cellule brille également par son silence et selon une source interne, elle est encore en pleine investigation. D’autant plus que l’Indo-pakistanais  se trouve encore entre les mains des ravisseurs. Du moins jusqu’à hier. Espérons qu’il retrouve d’ici peu la liberté et que ses kidnappeurs ainsi que ceux du jeune malagasy, soient mis à jamais dans l’ombre et leurs commanditaires démasqués. Nous en reparlerons….F.R.

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La Voix d'Or - Ny Avo et Samuella, les vainqueurs de l'édition 2017

C'était une grande finale magique et exceptionnelle ! Emotion, stress, envie de gagner, patience et adrénaline étaient au menu… Les ingrédients étaient tous réunis pour que ce bouquet final soit mémorable. Samedi dernier, les 10 candidats finalistes du concours de chant et à la fois de téléréalité « La Voix d'Or » se sont tous donnés à fond, espérant repartir à la fin du jeu avec le fameux trophée « Micro d'or ».

Ils n'avaient plus droit à l'erreur et on peut dire que leurs efforts ont été sentis dans leurs prestations. Ils se sont affichés comme des « vrais stars » de la musique, sans trac sur scène mais beaucoup de musique et de mélodies. Puisque la finale a été organisée juste avant Noël, les candidats ont commencé à unir leurs voix sur une chanson rendant gloire à Dieu, juste avant que les membres du jury, c'est-à-dire Anyah, le coach Fidy et Steph Rambi chantent eux aussi un medley.Trois étapesDès le début de leur apparition sur la planche, les candidats ont été évalués comme il se doit, que ce soit sur leurs prestations scéniques, leur voix ou encore sur leur tenue et même leur façon d'animer l'assistance. Trois étapes ont été nécessaires pour départager les finalistes. La première consistait à chanter avec une star. Les 10 jeunes chanteurs ont donc chacun interprété une chanson notamment avec Deenyz, Shyn, Samoela ou encore Stéphanie. Ces derniers ont pris du plaisir à s'amuser avec ces jeunes car malgré leur jeune âge, ils ont fait preuve de professionnalisme sur scène. Sans fausse note, beaucoup d'entre eux ont reçu une tonne d'applaudissement de la part du public. Ce dernier qui n'avait plus ses mots à dire puisqu'il n'a plus eu le droit de vote pour cette grande finale, la décision entière dépendait des membres du jury. A la fin de cette étape, 4 candidats ont dû quitter l'aventure. Les 6 autres sont passés à la prochaine étape consistant à refaire leur plus grand show d'auparavant, c'est-à-dire reprendre la meilleure chanson qui a marqué chaque candidat. C'était une escale très importante puisque les deux « finalistes » dans ce bouquet final dépendaient entièrement de ce show. Dignes« Franchement, ils étaient tous exceptionnels, d'où la difficulté de faire un choix mais il fallait le faire. Je félicite tous les finalistes car ils ont fait beaucoup d'efforts pour arriver à cette étape de la compétition », confie coach Fidy. Finalement, le choix des membres du jury se tournait vers les deux jeunes talentueuses filles, Ny Avo et Samuella, toutes méritantes d'arriver à cette phase finale. Elles l'ont déjà prouvé depuis le début de ce concours. C'était donc « All of me » de John Legend, la chanson finale, qu'elles ont interprétée pour les départager définitivement. En duo, elles ont chanté à leur façon en y ajoutant leurs propres sauces à ce célèbre morceau. Selon l'explication des observateurs, notamment sur les réseaux sociaux, Ny Avo a véritablement dominé toutes les parties mais pas à cette phase. Selon eux, c'est Samuella qui a su se surpasser. Mais l'avis du jury était simple : elles étaient égales à elles-mêmes, le choix est difficile. Après quelques temps de dures réflexions, Anyah, coach Fidy et Steph Rambi ont finalement décidé à proclamer le résultat. « Elles méritent de remporter la finale, elles la remportent ! » Joie, pleurs et applaudissements ont surgi dans toute la salle. Décidément, Ny Avo et Samuella sont les vainqueurs de cette édition 2017 de « La Voix d'Or ». Elles remportent chacun un trophée « Micro d'or » et bien sûr le voyage pour Disney Land Paris. Elles prendront donc le vol ensemble et partiront pour l'aventure conjointement. Par ailleurs, les autres candidats qui ont été éliminés ont également reçu des lots de consolation de la part des sponsors. Rendez-vous en 2018 pour une toute nouvelle édition !Tahiana Andrianiaina

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Nativité - Andry Rajoelina passe Noël chez le Père Pedro

La fête de la nativité a été choisie par la famille de l’ancien Président de la Transition Andry Rajoelina pour réapparaître en public depuis son retour au pays. La famille de l’ex-locataire d’Ambohitsorohitra a assisté à la veillée à l’Ekar d’Ambatobe, dimanche dernier. Hier, pour le jour de Noël, accompagné de son épouse et de ses trois enfants, Andry Rajoelina a passé à la journée du côté d’Andralanitra. La petite famille a en effet de nouveau choisi d’assister à la messe de Noël au centre « Akamasoa » du Père Pedro.

Ce n’est pas la première fois que l’ex-président de la Transition Andry Rajoelina se rend à Andralanitra pour rendre visite au prêtre à l’occasion de Noël. La famille y avait déjà passé Noël l’an dernier. Durant ses années aux rênes du pays, l’ex-homme fort du pays avait également choisi à quelques reprises de passer la fête de la nativité auprès des enfants du centre « Akamasoa ».L.A.

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Consommation - Le circuit des légumes

Manger cinq fruits et légumes par jour ! La population de la Capitale est un grand consommateur de fruits et de légumes. Contrairement, aux grandes villes de l’Europe ou encore des Etats-Unis, les légumes consommés dans la ville d’Antananarivo sont tous des produits « bio » qui ne subissent pas de grands traitements industriels mais ce sont de petits agriculteurs des environs qui assurent la production. De la production aux étalages, les légumes passent alors par de nombreux circuits avant d’atterrir dans nos assiettes. Et ce circuit des légumes n’est pas de tout repos.

Circuit des légumesDes producteurs jusqu’aux divers marchés d’AntananarivoDéjà qu’au quotidien, on consomme des légumes en guise de crudité ou encore en guise de « laoka », que seraient les fêtes de fin d’année sans les bons petits plats préparés avec les légumes de saison ? Sauf qu’avant de finir dans nos casseroles, ces denrées ont connu un long périple à travers les kilomètres qui séparent le site de production et la ville des mille. Effectivement, les légumes qu’on retrouve sur les étals des différents marchés de la Capitale proviennent de divers lieux. Et il est toujours bon de connaître d’où proviennent vraiment le contenu de nos assiettes. Puisque par la suite, on se rend compte que la plupart des légumes qu’on consomme sont produits, juste aux alentours de la Région Analamanga.Sur les traces de la pomme de terreIngrédient indispensable pour préparer la fameuse entrée lors des fêtes, que nous appelons communément hors d’oeuvre,  la pomme de terre est cultivée à 165 kilomètres d’Antananarivo, à Antsirabe, dans la Région de Vakinankaratra. Plusieurs variétés y sont plantées, à ne citer que les pommes de terre spontas, qui sont excellentes pour faire des frites. En ces périodes de fête, un producteur ou un collecteur charge chaque jour, plusieurs centaines de kilos de ce légume. Cette production sera par la suite acheminée vers le marché d’Anosibe, pour ensuite être distribuée à travers l’ensemble de la ville des mille.Le parcours des carottesIl faut dire que la Région de Vakinankaratra est une région où les carottes sont produites à profusion. Eh oui, les plantations de carottes y sont nombreuses ; qui plus est, les productions se comptent en tonnes, tellement le sol y est fertile. On reconnaît bien là, la particularité de cette région : une région où les agriculteurs trouvent leur bonheur. D’ailleurs, tous les jours, les collecteurs empruntent la route nationale 7 pour acheminer le produit concerné vers Antananarivo, un exercice pour le moins difficile puisque la plupart de ces  carottes sont produites dans des zones reculées d’Antsirabe, comme à Ambano, etc. Ce qui fait qu’avant de se lancer sur la fameuse Rn7, les producteurs ou encore les collecteurs doivent effectuer un trajet à travers les routes secondaires et sinueuses de la dite région.L’itinéraire des haricots verts Comment pourrait-on parler d’haricots verts sans parler des Communes environnantes d’Antananarivo, comme Ambohijanaka. En effet, une bonne partie des haricots verts que les Tananariviens retrouvent dans les marchés de la Capitale sont fournis par les agriculteurs issus de ces  dernières. Et on consent tous à dire que ce n’est pas si loin que ça. Toutefois, les collecteurs doivent charger, non pas les camions, mais les voitures bâchées, à des heures plus que matinales. Et ce, afin d’espérer atteindre le marché d’Anosibe avant l’aube. Alors, quand vous achetez des haricots verts, pensez aussi au dur labeur des personnes qui ont contribué à la distribution de ces derniers.Cap vers les producteurs de tomates Tous les cordons bleus le savent : les tomates permettent de rehausser le goût des recettes culinaires. Par ailleurs, la plupart des tomates qu’on retrouve à Antananarivo, en cette saison, sont produites à Imerintsiatosika. Or, à cause de leur moyen financier limité, les producteurs ont pris pour habitude d’acheminer les caisses de tomates vers la Capitale, par le biais des taxis-brousse. Ce qui n’est pas le cas des collecteurs : ils ont en leur possession des véhicules qui acheminent directement le produit jusqu’aux grossistes d’Anosibe. En route pour trouver des oignons C’est à Antanetibe, à quelques dizaines de kilomètres de Mahitsy, que les collecteurs vont chercher la majorité des oignons que l’on retrouve auprès des marchés de la ville d’Antananarivo, en ce moment. La distance entre la Capitale et ce lieu n’est pas si loin que ça.  Cependant, les collecteurs rencontrent des problèmes au niveau de l’acheminement, un fait dû à l’état délabré de la route entre Antanetibe et Mahitsy. Propos recueillis par Marinà R.

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Sacré don !

Et voilà, la fièvre est passée ! La température baisse, du moins, pour un temps. Il y aura encore les frous-frous de la Saint-Sylvestre et les incontournables agapes familiales. Comme d’habitude, en pareille circonstance, les églises ont été envahies. Les prédicateurs n’ont pas tari d’éloges et les choristes de louanges à l’endroit de leur messie, celui qui a fait don de sa personne pour sauver le monde.

Pour les croyants, la réjouissance en vaut la chandelle. Le père noël fit le nécessaire. Seulement, dans certains quartiers de la Capitale, il a été tout simplement absent ! Les enfants des rues, des bas-quartiers ou des coins isolés et reculés des contrées lointaines l’attendirent vainement. Peut-être que les dons ou cadeaux ne suffisaient pas à satisfaire tout le monde. Seuls les « méritants » ont été gâtés. Espérons que l’an prochain en 2018, année faste politiquement parlant, les choses iraient bien. Propagande oblige !En cette période pré-électorale, un autre type de don s’affirme : le don d’ubiquité. En effet, à l’approche de la fatidique échéance de 2018 et par la magie de la prestidigitation, certains du régime se voient doter du… ciel d’un don spécial : l’ubiquité. Par définition, ce terme signifie « la faculté d’être à des endroits différents au même moment » (Larousse). Autrement dit, avoir une propriété, l’omniprésence, d’un dieu. Avec l’allure où les choses se présentent, on n’est plus loin aussi de l’omnipotence, le pouvoir universel, pour en finir avec l’omniscience, c’est-à-dire l’art de savoir et le savoir-faire universel. Et le tour est joué. En fait, le locataire d’Iavoloha, le « super-homme » du régime, parcourt monts et vallées, à peu près au même moment. Il a un pouvoir très étendu. Rien n’échappe à son imposant et puissant sceptre. Et, enfin, à l’entendre discourir, l’homme maîtrise tout et tout le monde n’est qu’un canard… sauvage. Bref, l’homme fort du pays, le dieu du Hvm, s’assoit sur le trône divin autour duquel s’agenouillent les fidèles flagorneurs.Pour en revenir à ce sacré don, l’ubiquité. En quatre ans de règne, Hery Rajaonarimampianina réalise un exploit particulier, notamment parcourir toute l’île et bien au-delà, et ce, presque au même moment. Un jour, il était à Mahajanga, mais, tout d’un coup, sans transition, on le voyait à Tokyo (Japon). Et ensuite par magie, à Antalaha ou à Bekopaka. Un vendredi, il inaugurait la gare routière Maki d’Andohatapenaka et immédiatement après, on le voyait dans une localité du grand Sud. Attention ! Il parait qu’il n’est pas le seul à être « doté » de ce don, la première Dame aussi ! Madame vit à la fois à Paris et à Tanà. Le couple présidentiel donne l’apparence de disposer d’une capacité de mobilité insoupçonnable. Seulement voilà,  l’insolite « don » coûte cher. Et la question se pose : aux frais de qui ? Le Premier ministre français Edouard Philippe dut se soumettre aux exigences de la transparence devant les contribuables en raison du coût exorbitant, 325 000 euros, de son déplacement de Tokyo à Paris. Et il l’a assumé. Les contribuables malagasy pourraient-ils avoir le droit de savoir le détail des coûts de ces « mouvements » incessants et intempestifs, en particulier, ceux du couple locataire d’Iavoloha ? Combien nous coûte, donc, ce sacré don ?Ndrianaivo

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Situation socio-politique - Les coups de gueule de l'année

2017, une année noire aussi bien pour les citoyens que pour le régime du « Hery Vaovao ho an'i Madagasikara ». Les dirigeants ont littéralement croulé sous les critiques. Des leaders religieux du Ffkm (Conseil œcuménique de Madagascar), en passant par les évêques catholiques,  l'observatoire de la vie publique, les politiciens de l'opposition, et récemment le Parlement européen, les tirs à boulets rouges à l'encontre des tenants du pouvoir se sont succédé. Des critiques qui risquent encore d'être plus acerbes en 2018 où la tension pré - électorale  atteint son summum !

Les invectives du SefafiEn tout, l'Observatoire de la vie publique ou Sefafi (Sehatra Fanaraha - maso ny fiainam-pirenena) a émis, au moins, 9 communiqués depuis le début de l'année 2017. Dans son premier communiqué en date du 4 février intitulé « Quelle laïcité pour Madagascar ? », le Sefafi fustige le comportement du Premier ministre Mahafaly Olivier Rasolonandrasana, au cours d'une messe à l'occasion de la visite du numéro deux du Vatican, le Cardinal Pietro Parolin. Le patron de la Primature aurai « pris l'eucharistie, a fait quelques pas et il l'a mise dans sa poche ». Une autre pique de l'observatoire, le communiqué en date du 29 juillet portant l'intitulé « Restrictions aux libertés de réunion et de manifestation, encore et toujours ». Le Sefafi reproche la mauvaise foi du Gouvernement qui, sous prétexte de la célébration du 57ème anniversaire de l'indépendance, a interdit toute manifestation à caractère politique sur la voie publique pendant le mois de juin. Et pourtant, les assises nationales du parti présidentiel Hvm à Toliara ont donné lieu, le 17 juin, à de grands rassemblements populaires, sans que l'on sache qui lui en avait donné dérogation. Deux évènements majeurs ont ainsi fait les frais de cette interdiction absurde. Il y eu la célébration du 15ème anniversaire, du parti Tiako i Madagasikara prévu le 8 juillet 2017, au stade municipal d'Antananarivo mais qui n'a jamais pu avoir lieu. La demande, d'abord accordée par le préfet d'Antananarivo, fut refusée le 3 juillet, au prétexte habituel d'un risque de trouble à l'ordre public. Saisi par le Tim, le Tribunal administratif a suspendu le 7 juillet, sur la base des arguments avancés par les parties, la décision portant interdiction de la manifestation. Mais le préfet de police, tout en formant un recours contre cette décision, a pris une nouvelle mesure interdisant toute manifestation dans tous les Districts de la Capitale, du 7 au 9 juillet. A cela s'ajoute le Mouvement pour la liberté d'expression (Mle) qui avait prévu de tenir une grande manifestation le 7 juillet, pour marquer le 1er anniversaire du Code de la communication « liberticide » mais qui fut contraint de reporter puis d'annuler l'évènement. Le Sefafi de conclure que « décidément, l'histoire se répète. Sachons cependant tirer leçon du passé pour avancer vers l'Etat de droit auquel nous déclarons aspirer ».Mais l'invective la plus marquante du Sefafi fut certainement la déclaration commune avec d'autres organisations de la Société civile telles que le Gen (Groupements des experts nationaux), le Kmf-Cnoe, le Cde, le Mamimad, le Crab et l'association Mamiko ny Taniko, du 12 septembre 2017, version française. Une déclaration qui qualifie toute perspective de révision constitutionnelle « inutile et dangereuse ». D'après toujours la même déclaration, les élections de 2018 devront se tenir en application des règles constitutionnelles aujourd'hui existantes, et toute tentative de révision devra être résolument rejetée.Les catholiques sans pitiéLa communauté catholique a été particulièrement sévère voire sans pitié vis-à-vis du régime. A l'issue de chacune de ses assemblées, la conférence des évêques de Madagascar ne manquait pas de décrire un tableau sombre de la situation socio- économique de la Grande île. Les évêques dénonçaient particulièrement la corruption et le mensonge perpétrés par les membres de la haute sphère étatique ainsi que l'augmentation de la pauvreté qui fait souffrir la population. Ces derniers ont également pointé du doigt l'expulsion de plusieurs familles de leur terrain au profit d'exploitants chinois. Pour sa part, le numéro  un de l'église catholique et non moins archevêque d'Antananarivo, Monseigneur Odon Razanakolona a aussi remis une couche en déplorant l'amour de l'argent et du pouvoir qui règne actuellement en maître au détriment de toute considération de la valeur humaine. Quand Marc Ravalomanana sort de ses gondsCinéma ou réel conflit ? Les relations entre l'ancien président Marc Ravalomanana et le régime Hvm ont été particulièrement tumultueuses durant toute l'année 2017. Dans ses excès de colère, Marc Ravalomanana et les ténors du Tim ont même décidé de franchir le Rubicon en se positionnant opposants au pouvoir au mois de mai 2017.  Une décision prise par la formation politique au lendemain du limogeage de l'ancien ministre de l'Elevage, Roland Ravatomanga. Au moment de l'annonce de la décision à son domicile à Faravohitra, l'ancien Chef d'Etat était entouré des parlementaires du Tim. « Les tenants du pouvoir ont tout fait pour nous pousser à bout et ainsi prendre une décision qui ne joue pourtant pas en leur faveur », avait alors déclaré Marc Ravalomanana. A entendre l'ancien exilé d'Afrique du Sud, le limogeage du ministre Roland Ravatomanga, a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Rappelons que le Tim a été parmi les groupes parlementaires qui ont composé la Plate_forme pour la majorité présidentielle (Pmp). Une plate - forme destinée à rivaliser avec les membres du Mapar qui furent majoritaires à l'Assemblée nationale. Il faut dire qu'entre le couple Marc Ravalomanana et le régime Rajaonarimampianina, ce ne sont pas les sujets de discorde qui manquent. A commencer par le litige qui entoure le terrain d'Andohatapenaka qui fut réquisitionné par l'Etat en vue de la construction de la nouvelle gare routière inaugurée récemment par le Président de la République en personne. Il y eut également le bras de fer entre l'ancienne et l'actuelle Première dame, Lalao Ravalomanana et Voahangy Rajaonarimampianina par rapport au terrain d'Antanimbarinandriana où a été construite une bibliothèque. Sans oublier l'épisode de l'expulsion du couple Ravalomanana dans un grand hôtel à Antsiranana, sous prétexte que le lieu aurait déjà été occupé par le numéro un d'Iavoloha. Une affaire qui a marqué la commémoration officielle du 150ème anniversaire de l'église Fjkm dans la capitale de la Diana et qui avait suscité une vive polémique chez les partisans du locataire de Faravohitra.Le Ffkm dans la lignée des évêquesDans la foulée de l'archevêque d'Antananarivo Monseigneur Marie Arsène Odon Razanakolona et la Conférence épiscopale de Madagascar, le 40è comité central du Conseil chrétien des églises à Madagascar (Ffkm) de novembre dernier n'avait pas fait dans la dentelle pour critiquer la situation dans le pays. Outre la vie de l'église, les Monseigneur Odon Marie Arsène Razanakolona (Ekar), Monseigneur Ranarivelo Samoela Jaona (Eem), Pasteur Irako Andriamahazosoa Ammi (Fjkm) et le Docteur Rakotonirina David (Flm) ont dressé un tableau sombre de la vie nationale malagasy, l'insécurité, la liberté d'information, l'économie. Les dirigeants du pays actuels en ont particulièrement pris pour leur grade.« Il y a un an, la déclaration faite durant le 39è comité central de Toamasina, il a été dit que la non application des résolutions prises lors des assises nationales pour la réconciliation nationale basée sur les 4F (Fiekenkeloka, Fibebahana, Fahamarinana, Fihavanana) du 28 au 30 avril et du 1er au 2 mai 2015, est à l'origine de la situation d'insécurité actuelle, la corruption, la propagation des produits stupéfiants, le non-respect des structures, les imperfections dans le domaine de la Justice. Ce constat reste d'actualité. La situation s'est même aggravée », avait ainsi tonné les chefs d'église. Et de poursuivre : « Les actualités du parti occupent tout l'espace sur les chaînes publiques. Les Malagasy n'ont droit qu'à une information à sens unique ».Parlant d'économie, le comité central du Ffkm de dénoncer le fait que Les Malagasy sont écartés des investissements.  Le flou entoure les accords commerciaux passés avec les investisseurs étrangers. Des accords qui lient pourtant le pays et risquent d'endetter les générations futures.  La politique d'investissement du pouvoir favorise les étrangers qui bénéficient d'aides au détriment des Malagasy. Toujours en touchant mot aux finances, les dirigeants d'église de dénoncer « l'amalgame et l'utilisation des deniers publics pour des activités de parti ». Devant ce tableau sombre, des solutions existent selon le Ffkm. « Nous demandons aux dirigeants étatiques d'écouter la voix de l'église, même si cela fait mal, et de proposer des solutions concrètes et un deadline pour leur réalisation.  Il faut mettre en place une  aumônerie spéciale pour les dirigeants et les élus, assainir les Forces de l'ordre, refondre la République », soutiennent ainsi les chefs d'église dans leur communiqué. Ces derniers qui préconisent ainsi un véritable changement des mœurs. « De nombreuses interpellations ont déjà été faites par les 38è et 39è comités centraux.  Les appels du Ffkm ont toutefois résonné dans le vide. Un changement radical des dirigeants est nécessaire. La population vit dans les tromperies et les mensonges. La majorité est livrée à elle-même », pouvait-on lire dans le communiqué.Dossier réalisé par Sandra R. et Lalaina