Les actualités à Madagascar du Dimanche 22 Mars 2020

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Omnisport - Toute la machine sportive à l'arrêt

L'annonce de la suspension de tous les rassemblements  publics par le Président de la République a entrainé une vague d'annulations d'évènements sportifs. Il en est de même pour l'assemblée générale ordinaire de la fédération du sport automobile, prévue mercredi à Ambodifilao. Pareillement pour la deuxième manche du championnat de Moto Cross tout terrain MX qui devait se tenir ce dimanche 29 mars à Antsirabe.

 

La 16eme de journée de l'Orange Pro League de football devait se disputer ce mardi mais elle n'aura pas lieu et sera reportée à une date ultérieure qui reste encore sine die. De même, le match de rugby entre TFA et Cosfa en vue de leur participation au Top 6 Aroi a été aussi annulé au dernier moment. Des rencontres ont été annoncées sur des affiches dans la Capitale mais suite à la recommandation du Chef de l'Etat, tout a été reporté.  Avec l'arrivée du virus dans le pays, toute la machine sportive est désormais à l'arrêt. L'objectif est d'éviter tout rassemblement de foule afin que le virus ne s'étende pas.

Dimitry Caloin soutient le peuple malagasy

L'international malagasy Dimitry Caloin s'est exprimé ce dimanche dans une vidéo dans laquelle il apporte un message de soutien au peuple malagasy suite à l'annonce du Président de la République sur la présence de la pandémie COVID- 19 dans le pays. Le milieu de terrain des Barea de Madagascar appelle la population à respecter les consignes du ministère de la Santé publique.

Elias Fanomezantsoa

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Coronavirus - La peur et la débrouillardise malagasy

Il a juste suffi que le Président de la République annonce officiellement la détection des premiers cas de coronavirus à Madagascar - trois en tout - pour que du coup, les gens, paniquent et ont sorti leurs talents de débrouillardise en tous genres. Une personne toussote dans le bus. Tous les yeux sont braqués vers le « coupable », et ses voisins prennent instinctivement de la distance, avec des airs inquiets, voire effrayés, prétextant de descendre au prochain arrêt. Et c'est ce qui se produit véritablement.

 

A peine le bus s'était-il arrêté que tous les passagers se ruent vers la porte de sortie, à la grande stupéfaction du receveur et du conducteur. Ces derniers, dans ce véhicule vide, à l'exception du « tousseur », se regardent, sans savoir quoi faire. Le « malade », d'un pas nonchalant, quitte à son tour le bus, avec un regard qui se passe de mot. Celui d'un coupable qui veut s'excuser, sans pour autant vouloir le faire, puisque lui-même ne comprend pas en quoi il était fautif.

Sur les trottoirs, les marchands de citrons, d'habitude dénués de clients, et passant plus de temps à bailler qu'à vendre, ont retrouvé le sourire. Dès le matin de bonne heure, une foule interminable prend d'assaut leurs marchandises, sans perdre du temps à marchander, comme ils le font habituellement. Mais à la différence des autres spéculateurs sur les malheurs des gens, les « citronniers » sont plus honnêtes. Ils ont juste doublé les prix. Il en est de même pour les gingembres, présentés au même titre que le citron - comme étant salutaire contre le coronavirus sur les réseaux sociaux, qui se vendent mieux que des petits pains.

Mais le record sur les inventions circonstancielles dues au Covid-19 est certainement celui des marchandes de soutiens-gorge. Un article qui en temps ordinaire, met un certain temps à quitter les étals. En fait, inspirées par la similitude entre la forme de cet accessoire nourricier et de celle des vrais masques de protection que les gens s'arrachent dans les pharmacies depuis des jours, elles se sont mises à éventrer les soutifs. Puis, avec les deux contreforts, elles confectionnent de véritables masques aseptiques tout neufs. Il leur suffit d'y attacher un cordon élastique en guise d'attaches. Et le tour est joué, d'autant plus que les gens, au lieu d'endurer les longues queues chez l'apothicaire, peuvent se procurer de cette précieuse accessoire à tous coins de rue.

Et dire que ce n'est que le début du phénomène. Tout autant de l'éventuelle évolution de la maladie dans le pays, que de la psychose qu'elle a engendrée. Et comme l'arrivée d'un malheur est bonne pour certains spéculateurs, avides de profits malsains, une inflation injustifiée et injustifiable a explosé, aux dépens des gens lambda.

Tout au moins, il faut voir le côté positif de cette conjoncture malencontreuse : le confinement des gens chez eux leur a rappelé les conditions de vie initiales des humains. Et cela, en leur apprenant à revivre une existence normale où tous les membres de la famille, restés à la maison, ont davantage le temps de se voir et se parler, comme au bon vieux temps, sans chercher à s'esquiver mutuellement. Et ça, c'est bien !

Rivo Steph

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Pandémie du COVID-19 - Premier malagasy décédé en France

Le ministre de la Santé français parle du premier  décès d'un soignant, certes !  Mais pour l’opinion locale, c’est encore plus dramatique et  notamment  émouvant  car Jean-Jacques Razafindranazy, est le premier malagasy  âgé d'une soixantaine d'années établi à l’étranger,  à être emporté par la pandémie de coronavirus. Le compatriote était médecin urgentiste à l'hôpital de Compiègne en Hexagone. « Ce serait le premier décès d'un soignant lié au COVID-19.  Hier soir, j'ai appris le décès d'un médecin. C'est à ma connaissance le seul, je ne peux pas en dire plus. Je tiens à m'associer à la douleur et à la peine des soignants. Ils payent un très lourd tribut », a déclaré le ministre Olivier Véran sur une chaîne privée. 

 

Jean-Jacques Razafindranazy   est mort au cours de cette semaine du coronavirus après son hospitalisation  à Lille. Selon les informations, il était malade depuis 3 semaines. Il a été hospitalisé dans un premier temps à Compiègne puis son état s'est dégradé. Il a donc été transféré au CHU de Lille où il est décédé. 

Ses proches  ont compris  que le destin du malheureux semble être tracé. A preuve, ils ont été reconnaissants envers le personnel soignant de Lille pour ses ultimes tentatives et efforts pour sauver le chef de famille. Pour son entourage, la tristesse est telle qu’un de ses enfants s’est exprimé en ces termes  sur les réseaux sociaux, samedi dernier.

« Mon père ce héros, médecin aux urgences de Compiègne est parti trop vite à cause du coronavirus ». Aux yeux de sa famille, le médecin urgentiste voua une passion sans bornes pour son métier qu’il n’a pas pris sa retraite.Ce sens du sacrifice doublé d’un professionnalisme chez Jean-Jacques, les siens, eux semblent n’être pas prêts d’oublier.

Notons toutefois que la victime était toujours en pleine forme. Et qu’il venait  juste de passer ses vacances dans son pays natal. « Mais le COVID-19 était plus fort. Et surtout à cause d'une garde de trop », se lamente-t-on encore du côté de son entourage. Sa famille  reconnaît que la maladie est extrêmement grave et qu’elle  ne doit pas être prise à la légère. Croyante, la famille du médecin urgentiste remet  son destin entre les mains du Créateur en choisissant un verset des Psaumes 23:4 « Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ta houlette et ton bâton me rassurent » pour la paix en son âme.  

A propos, le décès de ce compatriote montre que la situation est grave en France où l’on dénombre 100 décès par jour à cause du coronavirus. En Hexagone, Mulhouse est la plus touchée où l’Armée française a dû récemment installer un hôpital militaire ambulant pour pallier le problème d’insuffisance de soins aux malades du COVID-19 car les hôpitaux sont complètement débordés.  Et   l'hôpital de Compiègne a fait partie des premiers hôpitaux à prendre en charge les patients atteints du coronavirus dans le cluster de l'Oise. 

Recueillis par F.R.

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Accès à l’énergie - 71,43 % des industriels toujours en souffrance

De l’énergie pour faire tourner une entreprise. L’Alliance pour l’industrialisation de Madagascar, en collaboration avec le Cercle de réflexion des économistes, a publié, jeudi dernier, le rapport du baromètre sur l’industrialisation. Cette quatrième édition laisse montrer la persistance des difficultés structurelles, notamment la faiblesse du pouvoir d’achat des malagasy et les problèmes énergétiques. D’après le rapport, l’industrie et les services à Madagascar consomment annuellement environ 608 370 MWh d’électricité.

Avec l’état actuel des infrastructures de la compagnie nationale d’électricité JIRAMA, la génération d’électricité nécessite amplement de l’énergie fossile, de l’ordre de 0,289 litre de gasoil pour la production de 1 KWh d’électricité. Ainsi, le coût de l’énergie est cher dans notre pays. Il se trouve aussi que divers problèmes surgissent fréquemment dans le secteur, entre autres les coupures de courant. 71,43 % des industriels interrogés considèrent ainsi que les problèmes constituent une contrainte majeure pour leurs activités. « Je me plains surtout du délestage. Ce dernier stoppe toutes mes activités car j’utilise des ordinateurs et machines au sein de mon établissement », témoigne un entrepreneur. A noter que dans le rapport « Doing Business » 2020 de la Banque mondiale, notre pays se trouve au 183ème rang sur 190 pays en matière d’accès à l’énergie.

Transition énergétique

Face au délestage et au coût de l’énergie élevé, certaines entreprises se sont déjà orientées vers l’utilisation d’énergie solaire. D’autres optent pour le groupe électrogène. Selon le rapport, 83,15 % des travailleurs et industriels trouvent que la transition énergétique est nécessaire. « Nous avons installé un panneau solaire vers la fin de l’année dernière afin d’éviter les ruptures d’approvisionnement. Il faut dire que c’est un grand investissement puisqu’il nous a coûté environ 4 millions d’ariary. Cependant, le panneau solaire peut alimenter beaucoup de matériels », évoque une dame travaillant dans le domaine de l’hôtellerie. Pour rappel, le Gouvernement s’oriente également vers la transition énergétique afin de diminuer de moitié le coût de l’électricité.

 Solange Heriniaina

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Carburant - La panique de la surconsommation vite dissipée

Les stocks sont amplement suffisants pour tout Madagascar. L’annonce de l’entrée du coronavirus dans le pays a un tant soit peu créé la panique auprès de la population, plus particulièrement dans la Capitale. De ce fait, bon nombre de consommateurs ont fait la queue auprès des différentes stations- services de la ville, durant la matinée du samedi, de peur d’une pénurie. Toutefois, à la fin de la journée, chaque automobiliste et motocycliste ont été servis à leurs besoins. Et la longue file d’attente s’est vite dissipée.

Effectivement, tous les acteurs de la filière hydrocarbures ont déjà pris les devants pour éviter toute pénurie ou autre, et ce, dans tout Madagascar. Ainsi, l’Office malgache des hydrocarbures a tenu à rassurer les consommateurs durant le week-end dernier que : « depuis le mois de décembre 2019, grâce à la mise en œuvre d'un plan bien établi pour obtenir un approvisionnement continu, Madagascar dispose désormais d'un stock suffisant en matière de carburant. Toutes les mesures ont été mises en place, de l’importation à la distribution, pour que les stocks de carburants du pays puissent répondre aux besoins de la population malagasy, même dans ce genre de situation. Ainsi, rien que pour ce mois de mars, nous avons déjà été approvisionnés deux fois. Le premier bateau est arrivé le 13 mars dernier. Et le déchargement du dernier arrivage de vendredi passé est déjà en cours à Toamasina. Et le bateau est déjà reparti pour récupérer la prochaine livraison pour le mois d’avril ».

Ce dernier chargement contient ainsi 16 millions de litres de super carburant, 2,6 millions de litres de pétrole lampant et 52 millions de litres de gasoil. En outre, les dépôts d’Alarobia et de Soanierana sont pleins actuellement, suffisants pour les 20 prochains jours. Les quantités acheminées journalièrement depuis Toamasina se poursuivent sans encombre. Elles sont même supérieures aux besoins d'Antanarivo et ses environs. Du côté des compagnies pétrolières en effet, pour Galana par exemple, toutes les dispositions nécessaires pour éviter d’éventuelles ruptures de stock suite aux communications sur le coronavirus. Ainsi,  toutes ses stations sont et seront régulièrement approvisionnées sur l’ensemble du pays.

En tout cas, l'arrivée  du prochain navire d’importation est déjà programmée. Des dispositions sont prévues pour permettre la réception des navires pétroliers tout en respectant rigoureusement les consignes de 14 jours émises par les autorités sanitaires pour éviter la propagation du COVID-19.

Rova Randria

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Risque de propagation du COVID-19 - L'Etat poussé à l'intransigeance !

72 heures après l'annonce du Président de la République sur les premiers cas confirmés du coronavirus, bon nombre de citoyens ne semblent pas encore être conscients du danger représenté par cette pandémie. Samedi, par exemple, les Tananariviens se sont rués vers les marchés pour faire des provisions de produits de première nécessité (PPN). Tous les lieux de commerce se sont retrouvés, du coup, complètement envahis. Pire, certains citoyens considèrent même que l'épidémie « ne frappe que les riches », c'est-à-dire ceux qui reviennent de voyage à l'étranger.

 

Une attitude qui entre pourtant en contradiction avec les consignes destinées à réduire la propagation du virus comme le respect de la distance d'un mètre. Si l'on se réfère à l'expérience d'autres pays déjà frappés par le virus, les mesures déjà prises jusqu'à maintenant telles que la fermeture des écoles et des églises, ainsi que l'interdiction des rassemblements seront vaines si les gens ne limitent pas leur circulation dans les lieux publics comme les marchés. La prolifération du fameux virus et sa capacité de contamination s'effectue avec une telle rapidité que l'insouciance de certains malagasy fait presque hérisser les poils.

Discipline à renforcer

Face à cette réaction, plus ou moins laxiste, le renforcement de la discipline par l'Etat est fortement attendu. En effet, le dénominateur commun chez les autres pays comme la Chine qui a réussi à vaincre le virus, ou la Russie qui compte encore zéro décès jusqu'à présent, constitue l'application d'une discipline stricte. Le Kremlin qui est allé jusqu'à brandir la menace d'une peine d'emprisonnement à toute personne qui tente de se soustraire à la mise en quarantaine.

Loin d'encourager les dirigeants à l'abus de pouvoir ni au totalitarisme, les mesures disciplinaires doivent néanmoins être renforcées pour encourager la population à suivre les consignes de santé et permettre d'endiguer le plus rapidement possible la propagation du virus. Une fermeté qui est inséparable avec les campagnes d'information et de sensibilisation déjà menées jusqu'ici. L'on espère en tout cas que la décision du Président de la République de décréter l'Etat d'urgence sanitaire ira dans ce sens et ce avant qu'un décès ne soit déclaré. L'heure est grave !

La Rédaction 

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Coronavirus à Madagascar - 12 cas avérés - Etat d'urgence déclaré - Confinement pour Antananarivo et...

Afin de restreindre les déplacements et contrer la propagation du coronavirus, le Président de la République de Madagascar a ordonné hier un confinement général du pays. La mesure démarre dès ce lundi 23 mars matin.

 

Les Malagasy s'apprêtent à leur tour à vivre confinés. Le Président Andry Rajoelina a annoncé, hier tard dans la nuit, un confinement du pays, après avoir enregistré une hausse du nombre de malades du nouveau coronavirus. 3 cas avaient été enregistrés vendredi dernier lors de la dernière adresse à la Nation du locataire d'Iavoloha. Le pays compte désormais 12 cas identifiés. Les 9 nouveaux cas sont des passagers en provenance de la France, arrivés au pays la semaine dernière, dont 7 ressortissants malagasy et deux étrangers, qui sont pris en charge au niveau des hôpitaux. Aucun décès dû au nouveau coronavirus n'a été enregistré, a indiqué le Chef de l'Etat. Martelant la nécessité pour tous de se fier uniquement aux informations officielles, il appelle à cesser la diffusion de fausses nouvelles. Il rassure sur la transparence de l'Etat dans la gestion de la pandémie.

Le confinement sera en vigueur à partir de ce jour et jusqu'au 5 avril, a indiqué le Chef de l'Etat lors d'une allocution télévisée hier. « A partir de demain (ce jour, ndlr), chacun doit rester chez soi », a indiqué le Président. De nombreuses mesures doivent être prises pour accompagner cette décision. Tous les transports en commun dans la Capitale ainsi que les transports qui relient Antananarivo aux Provinces sont suspendus. Seuls les transports de marchandises à travers toute l'île sont autorisés. En outre, des barrières sanitaires seront mises en place aux sorties d'Antananarivo et des autres grandes villes de Madagascar pour permettre le suivi de l'état de santé des personnes qui se déplacent dans les régions en voiture particulière, a poursuivi Andry

Rajoelina.

Le Président a indiqué que les commerces à savoir les supermarchés, les grossistes et les épiceries resteront ouverts. Les marchés de fokontany sont également autorisés à ouvrir leurs portes, mais uniquement de 6h et 12h. Le Chef de l'Etat précise toutefois, qu'une seule personne par famille est autorisée à aller faire les courses. Le Président a affirmé que les secteurs vitaux, tels que les pharmacies, les stations d'essence, les banques, mais

également la compagnie de distribution d'eau et d'électricité, la voirie, les sociétés de télécommunication, les médias, continueront à travailler. Les secteurs de la santé, la justice et les forces de l'ordre resteront ouverts aux contribuables.

Couvre-feu

Madagascar, qui a déjà fermé ses frontières maritimes, terrestres et aériennes, sera à partir de ce jour sous le coup d'un couvre-feu de 20 h à 5 h du matin. Une organisation interne sera prise par chaque entreprise privée pour permettre son fonctionnement, mais conformément à l'organisation édictée par les ministères. Ces mesures s'appliquent à Antananarivo et Toamasina. Pour les autres grandes villes, des mesures seront prises par rapport à l'évolution de la situation des personnes atteintes de la pandémie. La mise en œuvre de ces mesures sera effectuée communément par les gouverneurs, les préfets et les maires, ainsi que les Forces de l'ordre.

Le Président de la République rassure que des mesures seront prises pour maîtriser l'inflation et l'approvisionnement des commerces. Dans de nombreux fokontany des deux grandes villes, les Tsena Mora seront approvisionnés en produits de première nécessité, dès ce jour. Tous les responsables effectueront dès ce jour des descentes pour prévenir contre tout abus. En ces temps difficiles, le Président affirme qu'il tiendra un rendez-vous quotidien avec les Malagasy à 20 heures. Lui de conclure son message en appelant une nouvelle fois au respect des mesures édictées et à la solidarité des Malagasy pour prévenir la propagation de la maladie dans le pays.

Etat de nécessité sanitaire

Ces mesures viennent après que Madagascar a décrété l'état de nécessité sanitaire d'une durée de quinze jours à partir de samedi dernier. La décision a été entérinée en Conseil des ministres spécial qui s'est tenu au Palais d'Ambohitsorohitra le même jour. Le décret numéro 2020-359 du 21 mars 2020 est adopté dans ce sens. La nouvelle disposition ainsi prise comprend les applications strictes des mesures de confinement et de distanciation sociale, jugées déterminantes pour enrayer la propagation du COVID-19. Le contexte ainsi créé s'assimile à une situation d'exception.

L'état d'urgence sanitaire est destiné à faire face aux catastrophes sanitaires, notamment d'épidémie, mettant en péril la santé de la population. Le dispositif en soi, inédit car n'étant pas clairement prévu par la Constitution, est déclaré par décret en Conseil des ministres par rapport à la situation sanitaire liée à l'éventuelle progression du virus sur l'étendue du territoire. Aussi, l'état de nécessité sanitaire s'applique-t-elle dans toute l'île.

Par ce dispositif, les autorités obligent tous les passagers, sans exception, arrivés à Madagascar depuis quatorze jours à faire subir le test de dépistage de COVID-19. Des équipes multidisciplinaires incluant des médecins, paramédicaux, éléments des Forces de l'ordre, psychologues et assistants sociaux s'occupent de leur cas aux domiciles des concernés ou à des endroits prévus à cet effet. Ceci, afin d'identifier tout éventuel porteur sain de l'agent pathogène mais qui pourrait déjà contaminer les autres. Hier, le Président de la République a lancé un appel à l'endroit de tous les passagers ayant débarqué récemment dans la Grande île, à respecter l'engagement qu'ils ont pris de rester en confinement pendant 14 jours. Et lui de pointer du doigt le comportement irresponsable de quelques-uns d'entre ces passagers qui se hasarderaient encore à sortir de leur lieu de confinement.

Centre opérationnel COVID-19

La population en général est tenue de contribuer à la surveillance de ces « personnes ». Tout citoyen, proche ou simple connaissance ou encore tiers, est invité à signaler aux responsables tout déplacement non « conseillé » de celles-ci. Le numéro vert 911, joignable depuis n'importe quel opérateur de téléphonie, est créé à cette fin.

Partant, le Centre opérationnel COVID-19 installé au Mining Business Center à Maibahoaka Ivato sert de centre de coordination nationale de lutte contre la pandémie COVID-19  chez nous. L'appui de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et de la Banque mondiale, qui a récemment attribué 3,7 millions de dollars pour renforcer la lutte, a permis l'acquisition d'équipements et de matériels nécessaires.

Toujours dans le cadre de l'état de nécessité, le Président de la République charge le Premier ministre, en vertu des dispositions de l'article 18 de la loi 91-011 du 18 juillet 1991 relative à la situation d'exception, de prendre des dispositions sur la circulation des habitants et véhicules, le contrôle de tout système de ravitaillement et la circulation des armes.

Le Premier ministre « assure la sécurité, la paix et la stabilité sur toute l'étendue du territoire national dans le respect de l'unité nationale, et, à cette fin, il dispose de toutes les forces chargées de la Police, du maintien de l'ordre, de la sécurité intérieure et de la défense », en termes de l'alinéa 9 de l'article 65 de la Constitution. Par ailleurs, l'article 61 de la Constitution prévoit les conditions de la déclaration de l'état de nécessité.

La Rédaction