Les actualités à Madagascar du Dimanche 18 Juin 2017

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Hvm–Présidentielle 2018 - L’abus des prérogatives de puissance publique se profile à l’horizon

« Le parti blanc et bleu est un parti fort », ce fut en ces termes que le ministre auprès de la Présidence chargé de l’Agriculture et de l’Elevage, Rivo Rakotovao a décrit le parti présidentiel dans un discours à l’occasion du congrès régional du « Hery Vaovao ho an’i Madagasikara» à Toliara, depuis la fin de la semaine.

A entendre le président national du Hvm, le fait d’avoir rempli la salle du gymnase de Toliara suffit à affirmer la « force » du parti au pouvoir. « Quel autre parti malgache est capable de faire comme nous ? », a scandé ce membre du Gouvernement, comme une provocation aux adversaires de la formation politique. Pourtant, d’aucuns n’ignorent qu’à chaque rassemblement du Hvm, les rumeurs sur lesquelles le transport de personnes depuis les autres régions moyennant des modiques « indemnités » est devenue une pratique courante chez les politiciens en cravate bleue. En outre, le chef de file du Hvm a encouragé ses compagnons de lutte à multiplier les actions sociales en vue de la prochaine échéance électorale de 2018. « Notre raison d’être est de faire élire notre candidat pour 2018. Ainsi, je vous encourage à ne pas lésiner sur les actions sociales », a martelé Rivo Rakotovao. Une déclaration qui semble inciter sans détour à une forme d’abus des prérogatives de puissance publique qui se profile d’ores et déjà à l’horizon. D’ailleurs, selon les informations, le Conseil des ministres se tiendra à Toliara cette semaine. Un amalgame entre les affaires de parti et celles du Gouvernement. Pour sa part, le sénateur et ancien Premier ministre Kolo Roger a rappelé que le Hvm a raflé les élections sénatoriales, ainsi que la majorité des voix lors des élections communales qui se sont tenues à Toliara. L’on ne peut pourtant s’empêcher de rappeler les nombreuses contestations à l’encontre des candidats du parti présidentiel lors de ces communales. 

S.R.

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Soavimasoandro - Un mort et deux blessés dans un accident de 4x4

Un véhicule 4x4 qui a transporté 7 personnes a violemment embouti un poids-lourd en stationnement, faisant ainsi 1 mort sur le coup et deux blessés. Ce drame est survenu vers la fin de l’après-midi du samedi sur un tronçon de la voie à Laniera et qui débouche à Soavimasoandro. La victime tuée est un jeune homme de 23 ans, qui a occupé la place du mort dans le 4x4. L’angle qu’il a occupé a rencontré le mastodonte. Le choc a déformé sa cage thoracique si bien que le malheureux a recraché des matières provenant même de son poumon, qui a souffert le plus des terribles secousses. De son côté, le conducteur a eu l’épaule qui déboitait tandis qu’une jeune femme a eu une lésion au front.

Des témoins rapportent que le 4x4 a roulé à très vive allure sur cette voie où la circulation est souvent fluide, sinon rare. Cependant, le conducteur, à un moment donné, aurait perdu le contrôle de son véhicule. « La voiture a percuté le camion telle une bombe ! Par la suite, elle était partie en tonneaux. C’était spectaculaire et l’on peine à croire qu’il y avait encore des survivants ! », explique l’un des secouristes. Puisque le coin est assez isolé, il n’y avait que des rares riverains ou autres automobilistes qui étaient passés sur le même axe. Cependant, ils se sont donné la main pour secourir les victimes, du moins dans un premier temps. L’évacuation des victimes en ville a également posé un énorme problème. L’insuffisance, sinon l’inaccessibilité des Tananariviens au service des ambulances (type Samu), et encore moins à la solution héliportée dans pareille circonstance, a fait retarder considérablement les secours si bien que les victimes n’ont pu miser que sur la bonne volonté et le bon vouloir  des autres automobilistes.  

Preuve que le heurt a été très violent, il a rendu le véhicule dans un amas de tôles duquel il a fallu désincarcérer ses occupants. Le chauffeur en question aurait déclaré que ses passagers seraient des amis à lui et avec lesquels il venait de nouer connaissance. La virée un peu trop arrosée de l’équipée s’est ainsi subitement transformée en un vrai cauchemar. « Oui, les occupants de la voiture avaient un relent d’alcool », poursuit le témoin. Cet accident a encore une fois montré le laxisme et la gabegie qui minent la circulation dans la Capitale. A part le fait que la plupart des usagers sont complètement ignares en matière de Code de la route, gageons que l’Etat semble ne se soucier guère à équiper convenablement ces voies périphériques de Tanà de balisages ou autres panneaux de signalisation, qui sont comme des oiseaux rares. La minimisation par l’Etat malagasy de ce problème de panneaux fait qu’il n’aide pas les conducteurs à connaître ce qu’il doit faire ou ce qu’il ne faut pas faire.

Franck Roland

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Nouveaux billets de banque - Ceux de 2 000, 5 000, 10 000 et 20 000 ariary sortiront en juillet

En vertu de décret n° 2017- 400, du ministère des Finances et du budget, la Banque centrale de Madagascar procèdera à l’émission d’une nouvelle gamme de billets de banque de 100 ariary, 200 ariary, 500 ariary, 1 000 ariary, 2 000 ariary, 5 000 ariary, 10 000 ariary et de 20 000 ariary.

 Les périodes d’émission des ces nouveaux billets ont été fixées dans le courant du mois prochain pour les billets de 2 000, 5 000, 10 000 et 20 000 ariary, et en septembre pour ceux de 100, 200, 500, et 1 000 ariary.  Quant aux dates définitives de leur mise en circulation, elles seront annoncées par la Banque centrale. En attendant, les anciens billets conserveront leurs cours légaux jusqu’à la date fixée ultérieurement par un décret. Concernant les caractéristiques de ces nouveaux billets de banque, celui de 100 ariary aura des dimensions de 114 x 60 mm et comportera au recto la cathédrale d’Ambozontany Fianarantsoa. Le billet de 200 ariary mesurera 119 x 63 mm, et présentera la chute d’eau des montagnes d’Ambre. Celui de 500 ariary, de 124 x 66 mm, comportera le site d’Ambohimanga, et celui de 1 000 ariary, de 129 x 69 mm, le Pont Kamoro. Pour les plus gros billets, celui de 2 000 ariary, de 134 x 72 mm, le recto comprendra un « bandro », un lémurien typique du lac Alaotra, celui de 5 000 ariary, de 139 x 75 mm, la cascade du Parc de Ranomafana, celui de 10 000 ariary, de 144 x 78mm, le port d’Ehoala, Taolagnaro, et celui de 20 000 ariary, de 149 x 81 mm, l’usine Sheritt Ambatovy.  Les autres caractéristiques communes de tous ces nouveaux billets sont entre autres les figures géométriques en relief au recto, destinées aux malvoyants, et les volutes avec deux oiseaux au recto, et le papillon comète et volute, au verso. Il va de soi qu’ils comporteront chacun des têtes de zébu en filigrane. 

Rivo S. 

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Investissement à Madagascar - Beaucoup de conférences, peu de résultats

La semaine dernière, plus précisément les 14 et 15 juin, une Conférence des investisseurs pour Madagascar s’est déroulée à Pretoria, en Afrique du Sud. Après Paris, le Gouvernement malgache en partenariat avec le Gouvernement sud-africain ont organisé cette nouvelle conférence pour trouver des fonds afin d’améliorer les différents secteurs-clés de l’économie malgache, notamment le domaine de l’agriculture, celui des ressources minières ou encore le tourisme.

En décembre 2016, après la Conférence des bailleurs et des investisseurs (Cbi) au siège de l’Unesco à Paris, Madagascar a soi-disant bénéficié d’un fonds de plus de 10 milliards de dollars, mais le décaissement de ce fonds tarde encore à venir. La faute à un Etat malagasy qui n’arrive pas à mettre de l’ordre dans sa gestion. En attendant, la hausse de prix des produits de première nécessité (Ppn) et celle du carburant accablent de plus en plus les consommateurs. Le secteur primaire, considéré comme le secteur-clé de l’économie malgache, demeure encore aujourd’hui un secteur informel alors que plus de  80 % des Malgaches sont des agriculteurs et des éleveurs. Lors de cette conférence, le Président malagasy a limité les besoins financiers du pays entre 10 à 20 milliards de dollars après estimation et a privilégié le partenariat public-privé comme un des facteurs-clés du développement. Le Gouvernement prévoit des résultats positifs pour sortir le pays de cette impasse. Toutefois, ces résultats ne devraient pas être de simples solutions éphémères. Ils doivent plutôt apporter une pérénité dans l’équilibre de l’économie malgache qui subit des instabilités tantôt sur la valeur monétaire que sur les emplois et les revenus. D’un autre côté, il faut rappeler qu’un plan national pour le développement a été lancé en 2015, nécessitant un financement de plus de 5,4 milliards de dollars. 2 ans après, rien n’est encore tout à fait concrétisé alors que la somme sollicitée a déjà été atteinte et de nombreux pays souhaitent investir à Madagascar. Des nombreux échanges sont effectivement faits, mais ils n’ont abouti à aucune action concrète pour le réel développement économique du pays. Ainsi, pour y remédier, des actions devront être faites pour atteindre les objectifs fixés avant 2019.

Rova R.

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Ministère de la Santé publique - De grosses magouilles sous forme de dépenses injustifiées

Le ministère de la Santé publique (Minsan) est un des départements qui ont besoin d’un électrochoc. Gangrenée par trop de magouilles, son administration est parmi les moins performantes et efficientes alors que le régime ambitionne de faire du sort des plus démunis et des plus vulnérables une de ses priorités absolues.

A preuve, les récentes invectives de la conférence épiscopale des évêques de Madagascar qui ont  vertement fustigé, entre autres, le secteur de la santé publique. L’incident survenu à Toliara la semaine dernière est un énième fait traduisant les pratiques irresponsables qui règnent au sein de ce département ministériel. Un document qui rend compte du procès-verbal établi le  16 mars dernier à l’issue de la restitution de l’audit des programmes financés par la Global alliance for vaccines and immunization (Gavi) est hautement révélateur à ce propos.IncohérencesCe sont des initiatives destinées à renforcer le système de santé (Rss) et de vaccination conformément au Plan de développement du secteur santé (Pdss) en référence au Plan national de développement (Pnd) dont le régime Rajaonarimampianina n’a de cesse de se vanter. Ladite restitution à laquelle les représentants des partenaires dont la Banque mondiale, l’Union européenne, la Coopération française, outre l’Organisation mondiale de la santé (Oms) et ses partenaires habituels, a eu lieu à Befelatanana du 28 février au 16 mars. De son côté, la partie gouvernementale est conduite par le directeur de cabinet du ministre Mamy Lalatiana Andriamanarivo. Il en découle alors un bilan consternant. Seulement 1 % des activités est suffisamment justifié si le total des taux des dépenses injustifiées et inéligibles dépasse les 70 %. Beaucoup d’irrégularités et d’incohérences ainsi que de défaillances dans la tenue de la comptabilité, du contrôle et de l’archivage des pièces justificatives ont aussi été soulevées.« Ami du ministre »De même, les résultats de l’audit pour l’appui au Rss présentent des éléments accusateurs à l’encontre des hauts responsables ministériels. Par exemple, près de 31 % des audits sont invalidés et des pièces falsifiées ont été utilisées. Partant, 25 % des montants des activités sont suffisamment justifiés alors que 71 % des montants des factures sont insuffisamment justifiés, et ce, sans citer les autres détails encore plus ahurissants. L’un des moments de la plus grande surprise, en parcourant rapidement le procès-verbal, est venu à la lecture du passage indiquant l’existence du double paiement des factures des 50 motos pour un même fournisseur clairement dit « ami du ministre ». La plupart desdites motos sont non livrées aux centres de santé de base bénéficiaires et non achetées carrément. L’énumération des recommandations termine le procès-verbal.GaspillageQue Dieu nous pardonne si des pauvres sont morts parce que ces structures sanitaires peinent à fonctionner correctement ! Des évaluateurs internationaux ont déjà souligné que le taux d’exécution budgétaire du Minsan a depuis des années oscillé autour de 30 à 40 %. En d’autres mots, les 60 à 70 % des appuis budgétaires provenant de l’extérieur, qu’il s’agisse de dons ou de prêts, sont comme de l’argent jeté par la fenêtre.Le Minsan a fait beaucoup parler de lui ces temps-ci. Tant d’incidents majeurs qui dénotent la mauvaise gouvernance en son sein ont tendance à se répéter. Le gaspillage à travers la multiplication des voyages internationaux, inutiles pour la plupart (cf. La Vérité du 27 mai), est monnaie courante. Il sied de souligner que l’effectivité de la Couverture en santé universelle (Csu) profitera à l’ensemble de la population malgache.Enrichissement illiciteLes partenaires sont prêts à l’appuyer. Mais la récurrence des magouilles qui grippent la gestion financière du Minsan peut les inviter à faire machine arrière. En effet, les bailleurs sont en bon droit d’exiger le remboursement intégral des dépenses injustifiées et inéligibles avant de décider l’attribution de prochaines aides. Laisser taire les magouilles revient donc à dire légitimer l’enrichissement illicite d’une minorité aux dépens de tous les Malgaches. Par ailleurs, les marchés publics pour le compte de ce département figurent parmi les cibles des agissements de la plus célèbre femme malgache Claudine Razaimamonjy dans le viseur du Bureau indépendant anti-corruption (Bianco). Cet aspect doit aussi interpeller l’Inspection générale d’Etat, un service réputé pour la rigueur de ses investigations. Ce sont des concours financiers venant de l’extérieur au nom du peuple malgache qu’il s’agit.La rédaction

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Fête des pères - Que des cadeaux coûteux

Contrairement à la fête des mères, celle des pères n’a pas été célébrée en grande pompe. La plupart des gens n’y accordent même pas d’importance, contrairement à d’autres festivités. Au niveau des marchés, la diversification des articles de cadeau ne se constate pas. Néanmoins, il existe certaines personnes qui ont l’habitude d’offrir des effets vestimentaires aux papas, et beaucoup ont opté pour la préparation d’un plat spécial.

« Il nous a juste demandé de lui préparer un bon plat spécial à son goût, de telle sorte qu’il sait le coût des cadeaux qui lui conviennent  réellement », explique Faly, un jeune garçon de 19 ans. Par ailleurs, en tenant compte du pouvoir d’achat, les Malgaches ne peuvent pas se permettre de dépenser autant d’argent à toutes les fêtes qui se succèdent dont celle des mères, de Pentecôte, des pères et prochainement la fête de l’indépendance. De ce fait, il est préférable de vivre dans la simplicité et les pères en ont l’habitude. Cependant, il existe ceux qui, voulant équilibrer l’affection à l’endroit du père et de la mère en matière de cadeaux, ont essayé de lui trouver quelques bricoles. « Même avec 5 000 ariary, le même budget consacré à la fête des mères, il m’a été impossible de trouver un cadeau qui soit au goût de mon père alors que le budget a été défini à ce montant », explique Sandra, une jeune lycéenne.  Questionnés sur ce sujet, les commerçants opérant à Analakely ont tenu à préciser que cette situation résulte du faible pouvoir d’achat des clients. « A quoi bon d’étaler divers articles alors que le désintéressement des acheteurs subsiste », ont-ils fait savoir. Un week-end chargé pour les Tananariviens Dans un environnement festif. Outre la fête des papas, les stands d’Analakely ont réuni également des milliers de citadins et de villageois et ont suscité de nombreux intérêts. Ainsi, les Malgaches notamment les Tananariviens en ont profité pleinement. A cette occasion, diverses activités se sont passées dont les animations des artistes, la vente-exposition et tant d’autres encore, bref des activités adaptées à toutes les catégories de personnes. Malgré les embouteillages, les points positifs du grand événement culturel « Carnaval de Madagascar » de chaque mois de juin ont ravivé le cœur des Malgaches, las de la routine quotidienne, pour laisser place aux divertissements et aux petits tours d’animation. Kanto R.

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Carnaval de Madagascar - Franc succès… le public se réjouit

Malgré l’absence des autorités pendant le carnaval, les trois jours de fête ont amplement suffi à la population tananarivienne de s’amuser et de déstresser un peu de son quotidien. L’objectif est d’ailleurs de réunir tous les Malgaches durant une grande fête où toutes les régions puissent montrer leur savoir-faire, leur culture, leur tradition ainsi que leur look et leur musique traditionnelle. L’Avenue de l’indépendance était remplie de monde, curieux de ce que la 3e édition réservait.

Le  rideau est donc tombé sur cet événement mémorable hier. Liesse et réjouissances étaient au rendez-vous durant les journées de manifestation, nous a-t-on avancé à titre de bilan. Effectivement, les organisateurs ont fait un effort sur le plan organisationnel ou encore sur le planning des activités notamment sur le spectacle, cependant, comme il s’agissait d’une réjouissance en plein air, il y avait forcément quelques insatisfactions. En effet, l’assistance se plaignait de la qualité de la sonorisation, mais surtout  du comportement de certains gens qui se sont bousculés sur le devant de la scène gênant les autres qui n’arrivaient même plus à voir ce qui se passait sur la scène principale. DiversitéUn zumba en plein soleil qui n’a pas découragé les participants, divers jeux auxquels le public était le participant, sans parler les spectacles gratuits avec les grosses pointures, on peut dire que tout le monde a eu sa part du gâteau. Durant la clôture d’hier, la grande parade a encore une fois mis en évidence la diversité culturelle à travers les costumes et déguisements. Le message est sans aucun doute passé : nul besoin d’attendre les étrangers pour partir à la découverte des différentes ressources dont regorge le pays, les locaux peuvent bien constituer des consommateurs potentiels susceptibles de contribuer  à la redynamisation de l’économie de chaque région, à travers le tourisme. Les régions ont même été récompensées par l’Ortana à travers le mini-concours « Carnaval stand – culture tradition ». Ainsi, à la première place revenait à la Région Atsinanana, suivie de la Région Androy à la deuxième place et enfin Melaky à la troisième place. Elles ont été jugées par leur façon de montrer artistiquement au grand public leur culture. A part la foire des régions, les spectacles ont aussi réjoui le public. Des grands noms du showbiz étaient sous les feux des projecteurs notamment Tambour Gasy, Team Safelika ou encore Samoela qui a conclu en beauté le festival.  Bref, une journée rythmée et colorée qui n’est que le commencement, diverses manifestations se tiendront dans la Capitale dans le cadre de la fête nationale malgache. Tahiana Andrianiaina

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Illogiques

 Jusqu’où ce régime, mal aimé ou maudit,  pourrait-il errer ? Engagé dans une direction qui n’aboutit à… rien, directe vers l’impasse, le pouvoir en place peine, très difficilement, à trouver le chemin de la réussite et végète dans la boue du bide. Illogique dans le concept de gouvernance, le régime Hvm s’entiche à imposer des mesures  inappropriées qui, à terme, ne font que rallumer le feu de la contestation et attiser le sentiment de rejet auprès de la population.

Rajaonarimampianina et sa clique dégringolent, de par ces contre-performances répétées et les récidives âneries, au plus bas étage de l’impopularité. Jamais un régime politique n’a connu un désastre pareil. Même sous l’époque intenable de la dictature rouge des années 80, le pays n’a vécu une telle catastrophe. Dans ce contexte de précarité chronique de la Finance publique, le Gouvernement trouve encore les moyens de « gratifier », en sus de ce qu’ils  perçoivent, gracieusement démesurés, les élus au Parlement. Entre autres, la révision à la hausse du fonds local de développement géré par le ou les députés eux-mêmes, l’augmentation en nombre des assistants parlementaires, la dotation indirecte des véhicules tout-terrain, flambant neufs, sans oublier les… mallettes, autant d’avantages et de privilèges indus au profit des élus dont la prestation frise le  ridicule. En effet, le taux de présence effective des parlementaires, en session ordinaire comme c’est le cas présentement, s’effrite au fil des jours. L’autre fois, quinze (15) députés, seulement, à peu près le quart des effectifs au complet, adoptent un projet de loi dont l’importance sur le plan national n’est plus à démontrer. Par ailleurs, la Loi de finances  rectificative (Lfr) a été votée à Tsimbazaza, « les yeux bandés ». Ces députés ou sénateurs qui, pour la plupart, ne sont qu’une « caisse de résonnance » de l’Exécutif, ne méritent nullement de n’importe quelle marque d’hommage ou de reconnaissance. Certains Corps des agents de l’Etat, voire les fonctionnaires en général, qui quémandent des reconsidérations de leurs conditions, salaires et avantages divers, tout juste un petit réajustement, n’obtiennent en retour que des refus systématiques. Des fins de non-recevoir qui, au final, finissent par exacerber les frondeurs, les amenant à durcir les mouvements, mais malheureusement pénalisent le bon fonctionnement de l’appareil administratif. Les douaniers tout comme les greffiers, par exemple, ne comptent guère faire une concession à leurs revendications. Eventuellement, ils consentiraient à baisser la tension, suite aux négociations sollicitées par les autorités compétentes. Cependant, ils ne jugeraient, pas du tout, utile d’abandonner la cause.  La possibilité de reprendre le travail ne signifie, aucunement, lâcher du lest. Ce n’est que partie remise. En attendant que le pouvoir central traduise en acte les engagements pris, on regagne le chemin du travail. D’autant plus que paralyser des secteurs d’activité publics comme la douane ou le palais de Justice sanctionnerait, de trop, les contribuables. Les dossiers des affaires pendantes au Tribunal risquent fort de s’entasser tandis qu’à la douane, les manques à gagner s’élèveraient à des milliards d’ariary. Des gaps, difficiles à rattraper, par les temps qui courent. La solution radicale repose sur la volonté réelle du régime de se corriger de ses propres errements. Les dirigeants de ce pays devraient se remettre,  profondément, en cause et recadrer dans l’axe les pratiques obsolètes et surtout illogiques.Ndrianaivo

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Andry Rajoelina nie tout accord avec le HVM

Le président de la République Hery Rajaonarimampianina avait soutenu l’existence d’un accord politique la semaine dernière lors de son émission hebdomadaire sur la chaine YouTube #Fotoambita ou le Rendez-vous du président. Déclaration que Andry Rajoelina, ancien président de la transition et chef du Mapar, a tout simplement réfutée, dans une émission spéciale sur sa chaine de télévision privée Viva TV. Il a nié toute existence d’un accord politique conclu entre lui et le président de la République.

« Aucun accord de quelque nature que ce soit n’a été conclu avec le régime actuel. D’ailleurs, lors de la formation du gouvernement, le premier ministre et moi-même ne connaissions que les noms des membres issus du Mapar et du Tim. Nous avons découvert avec tout le monde les ministres issus du HVM ». Ainsi donc, le premier ministre Christian Ntsay n’aurait même pas connu les membres du parti présidentiel qui allaient composer son gouvernement. Une déclaration confirmant les propos de la députée Hanitra Razafimanantsoa sur le Parvis de l’hôtel de ville la semaine dernière selon laquelle le président de la République a choisi et nommé les membres du gouvernement. Ceci alors que la décision de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) dispose que c’est le premier ministre qui propose les membres du gouvernement.

« Passons aux élections »

L’ancien président de la Transition affirme que son parti souhaite au plus vite la réalisation de l’article 8 de la décision de la HCC selon laquelle des élections anticipées doivent être organisées durant la saison sèche. « La mise en place d’un gouvernement de consensus n’était qu’une étape et non le but. Maintenant, les responsables doivent s’atteler à la préparation des élections et sortir la date selon les dispositions de l’article 8 de la décision de la HCC », déclare-t-il.

Face aux nombreuses contestations du gouvernement Ntsay Christian, l’on envisage pourtant difficilement des élections apaisées, crédibles et transparentes. D’autant que le gouvernement en place actuellement représente la première garantie de ces élections. Le chef du Mapar de lancer que la composition du gouvernement devrait donc être revue en conséquence, « Remplacer ces quelques ministres très contestés, je pense ne tuera pas le président de la République ou son régime. D’ailleurs, si le Mapar avait voulu prendre des places stratégiques, le gouvernement n’aurait pas encore été mis en place actuellement. Chacun devrait mettre ses ambitions de côté pour que le pays avance », avait-t-il déclaré, comme pour signifier que le régime actuel devrait en faire de même.

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Première réunion de travail entre la CENI et le nouveau gouvernement

La Commission électorale Nationale indépendante (CENI) a eu une rencontre samedi dernier avec le Chef du gouvernement et le ministre de l’intérieur afin de discuter des modalités d’organisation des prochaines élections. Selon Fano Rakotondrazaka de la CENI, « il s’agissait de prendre les assurances sur des questions d’ordre logistique et financière, afin de mieux fixer le calendrier électoral comme le veut la décision de la HCC  ». Un calendrier électoral qui devrait être défini ensemble par la CENI et le nouveau gouvernement.

Cette première rencontre avec l’Exécutif n’a pourtant pas eu l’effet escompté. Du côté du gouvernement, les divergences d’opinions entre le Mapar et le HVM sur la date des élections ne sont pas des moindres. Le parti présidentiel ayant déjà déclaré à plusieurs reprises que les élections devraient se dérouler au mois de novembre, quid de la décision de la Haute Cour Constitutionnelle sur l’organisation d’élections anticipées.

Quant à la CENI, la question d’ordre financier préoccupe plus. Si la loi de finances 2018 prévoit 40 milliards d’Ariary pour les élections, cette somme n’aurait pas été revue dans la loi de finances rectificative alors que les textes de la nouvelle loi électorale ont fait augmenter le nombre des bureaux de vote. La CENI craint ainsi que le budget ne soit pas suffisante.

Tenue des élections pour cette année

Pourtant lors d’une rencontre avec les partis politique ce week-end également, la CENI persiste et signe pour la tenue des élections présidentielles cette année. « C’est ce qu’indique la Haute cour constitutionnelle (HCC) dans sa décision rendue publique le 25 mai dernier », explique Fano Rakotondrazaka, « La CENI adopte le respect de la loi, de la Constitution, comme méthode de travail », poursuit-il.

Des voix se sont élevés pour contester la tenue des élections cette année lors de cette rencontre avec les partis politiques. « Madagascar connaît des problèmes plus grave que les élections qui sont à l’origine des récurrentes crises que le pays traverse », explique un politicien. « Ces problèmes reposent notamment sur la gestion. Il en faudra plus qu’un changement pour éviter que les crises ne se répètent », confirme Pety Rakotoniaina du parti Tambatra. Ce dernier affirme que 90% des partis politiques ayant participé à la rencontre organisée par la CENI seraient contre la tenue des élections cette année. Reste à savoir si les partis politiques présents à cette rencontre jouent une place prépondérante dans la vie politique du pays.

Le Premier ministre, Christian Ntsay pour sa part, a déjà fait savoir à plusieurs reprises que son staff va se focaliser sur les élections. Lors de sa prise de pouvoir à Mahazoarivo, il a déclaré que les premières décisions de son gouvernement vont aller dans ce sens. Le conseil de gouvernement de cette semaine est alors considérée comme décisif en la matière.

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Andry Rajoelina peine à convaincre les sociétés pétrolières

Les négociations entre Andry Rajoelina et les sociétés pétrolières ont repris hier au Palais d’Etat d’Iavoloha. Elles se poursuivent ce jour et pourraient ne se terminer que demain. C’est dire que les discussions sont rudes et malgré les documents en sa possession et les arguments développés par le président, il n’a pas encore réussi à convaincre les dirigeants des compagnies pétrolières importatrices de carburants à accepter ses propositions en faveur de la population. Vendredi dernier, lors d’une rencontre avec la presse en marge du Salon du Tourisme, Andry Rajoelina a déjà insisté sur la nécessité de baisser la marge prise par les sociétés pétrolières.

Il est évident que les compagnies pétrolières évoluant dans le pays ne vont pas céder facilement ou se laisser débouter pour cause de réduction des bénéfices ; elles ne vont certainement pas fermer boutique. Le nœud gordien semble reposer sur des prix consensuels, gagnant-gagnant pourrait-on dire. Toujours est-il que la population toute entière est impatiente de vivre cette baisse des prix des produits pétroliers, si nombreux sont les usagers des stations-service qui se lassent et se résignent. Le directeur général de la Jirama en tout cas a promis que les tarifs de l’eau et de l’électricité ne connaîtront pas de hausse jusqu’à la fin de l’année ; c’est déjà çà non ?

Une réduction de 700 ariary ?

Lita Rabetsara, de l’Association de défense des consommateurs souhaite et espère vivement que les prix à la pompe soient amputés de 700 Ariary. Ce défenseur des droits des consommateurs a participé aux précédents rencontres et discussions avec les pétroliers et le gouvernement et il laisse entendre que certaines des parties en présence à ce moment là, soutiennent cette réduction. En d’autres termes, on peut toujours rêver d’un prix du litre d’essence revenir à 3 500 Ariary. Ce prix n’est pas loin de celui pratiqué fin 2008 début 2009 qui était de l’ordre 3000 Ariary.

Le commun des usagers des stations-service est sceptique car une baisse qui se présume à 100 ou 200 Ariary est insignifiante, au minimum une réduction de 300 Ariary est le bienvenu ; et pourvu que ce prix n’augmente pas au moins deux ans durant.

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Le parti Otrikafo et FMI Malagasy interpellent sur les fréquents déplacements du président

Un pan de l’actualité politique de ces derniers temps est dominé par les suites du scrutin législatif et les déplacements, et les interventions médiatisées du président de la République (PRM), aussi bien en Afrique qu’en Europe. Si la majorité des dirigeants politiques se contentent d’observer, Arlette Ramaroson continue sur les radios son combat pour la souveraineté intégrale et effective sur les îles malagasy (îles éparses). Elia Rabevahiny, secrétaire général du parti Otrikafo –ce parti dirigé en son temps par feu Andrianjaka Rajaonah, et Jean-Jacques Ratsietison leader du Fahefa-Mividy ho an’ny Malagasy ou FMI Malagasy réagissent dans les médias par rapport à la politique du régime Rajoelina.

Elia Rabevahiny qui a auparavant dénoncé des tergiversations de Andry Rajoelina par rapport aux îles malagasy, interpelle les malagasy sur les dépenses générées par les déplacements présidentiels et leurs intérêts. Il fait constater que c’est la sixième sortie à l’extérieur du président ; mais qu’est-ce qu’elles ont apporté de concret pour le peuple ? A son avis, ces déplacements sont des dépenses inutiles opérées sur le dos des contribuables et qui sont loin de la politique d’austérité. Finalement déclare-t-il, l’austérité c’est le peuple qui la subit car outre les frais de transport et d’hébergement, il y a aussi les indemnités diverses. Au regard des problèmes vécus par le peuple, le président de la République aurait mieux fait de missionner un ministre à Genève pour les cent ans de l’Organisation Internationale du Travail (OIT).

A propos d’austérité, Jean Jacques Ratsietison revient à la charge et réitère que seule l’abrogation par décret du Marché Inter-bancaire des devises (MID) et l’application d’une parité fixe valorisant la monnaie nationale ariary résolvent le problème de pauvreté de la nation. Il est convaincu que tout le monde y trouve son compte, les consommateurs que les importateurs/exportateurs. A la rigueur poursuit-il, et pour montrer véritablement que le régime prône l’austérité, pourquoi ne pas réduire les gains mensuels (salaire et autres avantages et privilèges) d’un ministre qui se comptent par dizaine de millions d’ariary, au même niveau que ceux du député qui est de l’ordre de quatre (4) millions d’ariary. Après avoir réduit le budget du Sénat, pourquoi pas effectivement ?

Mais un ancien ministre et ancien député iconoclaste se demande pourquoi cette mentalité de chercher à réduire les gains des autres au lieu de revendiquer haut et fort et faire en sorte que les entités qui se sentent lésées bénéficient elles aussi des indemnités et avantages identiques aux autres. Autrement dit au lieu de tirer vers le bas pourquoi ne pas déployer tous les moyens et efforts pour accéder aux mêmes indemnités et avantages ?

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La légalisation du Toaka gasy suscite des débats

Sitôt adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale, la proposition de loi sur le « Toaka gasy », ce fameux alcool de canne, rhum artisanal malgache, fait l’objet de nombreuses critiques, favorables ou non à sa légalisation, donc à la libération de sa production et commercialisation. Pour la plupart, l’avantage que les producteurs peuvent en tirer, économiquement parlant, est mis en avant. D’autant plus que le député d’Ikongo, Jean Brunelle Razafintsiandrofa qui a proposé cette loi l’a argumenté par cette valeur ajoutée que le produit pourrait apporter à l’économie nationale.

A la lumière de cette loi, l’« Ambodivoara », l’une des appellations les plus connues de ce rhum artisanal malgache pourrait devenir une marque de fabrique constituant le renom de Madagascar, au même titre que le « Dzama », qui, à ses débuts, serait également un rhum de fabrication artisanale très répandue dans la partie nord de Madagascar. Les vestiges de ces exploitations seraient encore visibles dans la ville de Nosy Be et d’Ambanja où les petits producteurs, illicites, pullulent.

La concurrence

En tout cas, la légalisation de la production et de la commercialisation de ce rhum artisanal signifie une ouverture à la concurrence, qui sera plus rude, d’abord sur le marché local et national, entre le « Toaka gasy » et les autres boissons alcoolisées de fabrication locale qui, avec une certaine longueur d’avance, est déjà partie à la conquête du marché international. Cette concurrence peut également s’établir avec les boissons alcoolisées importées comme la Vodka et les autres produits de la même famille.

Pour certains commerçants illicites de toaka gasy, cette légalisation de la production et de la commercialisation du « Toaka gasy » ne devrait pas changer grand-chose en termes pécuniaires. « Avec ou sans cette loi, nous avons toujours eu notre clientèle, des consommateurs avertis et fidèles  », explique Johnny, un fabricant notoire du côté d’Ambohidratrimo. «  La concurrence au niveau du marché national, avec les autres produits, n’est pas forcément évidents vu que chaque produit a ses propres consommateurs », indique-t-il.

La seule différence palpable avec le passé, si le texte est voté au niveau du Sénat, est qu’ « on pourra désormais travailler librement », s’exclame Johnny. De son côté, le député de Mananjary, Charlot Mamihaja, porte-parole de la commission du Commerce et de la consommation auprès de l’Assemblée nationale affirme que le but de cette loi est d’arrêter la persécution contre les producteurs et les transitaires de Toaka gasy.

Pas aussi libre que cela

Un ancien responsable auprès du service des contributions indirectes nous explique pourtant que le « Toaka gasy » en tant que rhum de fabrication artisanale « n’a jamais été interdit ». « Dans les années 2000, nous avons délivré des autorisations de fabrication du rhum local  », rappelle ce fonctionnaire retraité. « La circulation de cette boisson était également garantie dans la mesure où les fabricants et les revendeurs respectent les normes requises par les dispositions en vigueur ». Ces dispositions indiquent entre autres que le fabricant dispose des locaux répondant aux normes sanitaires et scientifiques, une distillerie et un alcoomètre…Le fabricant doit également se soumettre au régime fiscal en vigueur.

Mais avec la corruption grandissante dans le pays, certains fabricants et revendeurs se contentent de collecter les produits un peu partout, faisant fi les règles en vigueur et des normes préétablies à respecter. Lors des contrôles, les forces de l’ordre constataient alors que les autorisations de fabrication, de transport et de vente de ce rhum local ne répondent finalement pas aux exigences des dispositions légales en vigueur. Mais surtout, la qualité et le taux d’alcool dans ces boissons laissent à désirer.

Avec cette loi disposant la légalisation de la production et de la commercialisation du « Toaka gasy », la teneur en alcool de ces boissons est exigée. Elle doit être inférieure à 44%. Les contrôles de toutes les étapes de fabrication sont également exigés sous peine d’une suspension d’activité allant jusqu’à 12 mois, assortie d’une amende. Il va également sans dire que les fabricants doivent se soumettre à certaines dispositions fiscales relatives à leur activité. Au final, cette légalisation, la production et la commercialisation ne devraient pas être si libres que cela puisse paraître.

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La légalisation du Toaka gasy suscite des débats

Sitôt adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale, la proposition de loi sur le « Toaka gasy », ce fameux alcool de canne, rhum artisanal malgache, fait l’objet de nombreuses critiques, favorables ou non à sa légalisation, donc à la libération de sa production et commercialisation. Pour la plupart, l’avantage que les producteurs peuvent en tirer, économiquement parlant, est mis en avant. D’autant plus que le député d’Ikongo, Jean Brunelle Razafintsiandrofa qui a proposé cette loi l’a argumenté par cette valeur ajoutée que le produit pourrait apporter à l’économie nationale.

A la lumière de cette loi, l’« Ambodivoara », l’une des appellations les plus connues de ce rhum artisanal malgache pourrait devenir une marque de fabrique constituant le renom de Madagascar, au même titre que le « Dzama », qui, à ses débuts, serait également un rhum de fabrication artisanale très répandue dans la partie nord de Madagascar. Les vestiges de ces exploitations seraient encore visibles dans la ville de Nosy Be et d’Ambanja où les petits producteurs, illicites, pullulent.

La concurrence

En tout cas, la légalisation de la production et de la commercialisation de ce rhum artisanal signifie une ouverture à la concurrence, qui sera plus rude, d’abord sur le marché local et national, entre le « Toaka gasy » et les autres boissons alcoolisées de fabrication locale qui, avec une certaine longueur d’avance, est déjà partie à la conquête du marché international. Cette concurrence peut également s’établir avec les boissons alcoolisées importées comme la Vodka et les autres produits de la même famille.

Pour certains commerçants illicites de toaka gasy, cette légalisation de la production et de la commercialisation du « Toaka gasy » ne devrait pas changer grand-chose en termes pécuniaires. « Avec ou sans cette loi, nous avons toujours eu notre clientèle, des consommateurs avertis et fidèles  », explique Johnny, un fabricant notoire du côté d’Ambohidratrimo. «  La concurrence au niveau du marché national, avec les autres produits, n’est pas forcément évidents vu que chaque produit a ses propres consommateurs », indique-t-il.

La seule différence palpable avec le passé, si le texte est voté au niveau du Sénat, est qu’ « on pourra désormais travailler librement », s’exclame Johnny. De son côté, le député de Mananjary, Charlot Mamihaja, porte-parole de la commission du Commerce et de la consommation auprès de l’Assemblée nationale affirme que le but de cette loi est d’arrêter la persécution contre les producteurs et les transitaires de Toaka gasy.

Pas aussi libre que cela

Un ancien responsable auprès du service des contributions indirectes nous explique pourtant que le « Toaka gasy » en tant que rhum de fabrication artisanale « n’a jamais été interdit ». « Dans les années 2000, nous avons délivré des autorisations de fabrication du rhum local  », rappelle ce fonctionnaire retraité. « La circulation de cette boisson était également garantie dans la mesure où les fabricants et les revendeurs respectent les normes requises par les dispositions en vigueur ». Ces dispositions indiquent entre autres que le fabricant dispose des locaux répondant aux normes sanitaires et scientifiques, une distillerie et un alcoomètre…Le fabricant doit également se soumettre au régime fiscal en vigueur.

Mais avec la corruption grandissante dans le pays, certains fabricants et revendeurs se contentent de collecter les produits un peu partout, faisant fi les règles en vigueur et des normes préétablies à respecter. Lors des contrôles, les forces de l’ordre constataient alors que les autorisations de fabrication, de transport et de vente de ce rhum local ne répondent finalement pas aux exigences des dispositions légales en vigueur. Mais surtout, la qualité et le taux d’alcool dans ces boissons laissent à désirer.

Avec cette loi disposant la légalisation de la production et de la commercialisation du « Toaka gasy », la teneur en alcool de ces boissons est exigée. Elle doit être inférieure à 44%. Les contrôles de toutes les étapes de fabrication sont également exigés sous peine d’une suspension d’activité allant jusqu’à 12 mois, assortie d’une amende. Il va également sans dire que les fabricants doivent se soumettre à certaines dispositions fiscales relatives à leur activité. Au final, cette légalisation, la production et la commercialisation ne devraient pas être si libres que cela puisse paraître.