Les actualités Malgaches du Dimanche 16 Juin 2019

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Ressources naturelles - Destruction rapide de la réserve d’Ankarafantsika

Ce n’est plus une menace mais une réalité ! Ces cinq dernières années, la superficie du parc national d’Ankarafantsika mais aussi de la zone de protection diminuent à vue d’œil. La culture sur brûlis et la carbonisation demeurent jusqu’à aujourd’hui les principales causes de cette destruction massive des zones forestières de cette région du pays. En plus, avec une migration accrue des populations venant du Sud du pays, les destructeurs de la réserve sont de plus en plus nombreux.Il est midi passé ! Aucun nuage à l’horizon  mais un ciel complètement bleu et un soleil  brillant  de mille feux dans le Fokontany d’Ambongamaranitra, Commune d’Andranofasika, sur le chemin de la célèbre destination de vacances, Mahajanga. Namindrantsoa et sa petite famille sont dans la cour de leur petite case faite de bois et de foin. Sa femme est en train de préparer le manioc avec son long couteau tranchant tandis que Namindrantsoa se repose. Cela fera bientôt trois ans qu’il a quitté sa patrie, Ambovombe, pour venir dans le côté Ouest du pays. « Je suis parti pour trouver de quoi vivre. De là où je viens, il n’y a pas d’eau. Aucune culture ne peut s’y développer. Nous mourrions de faim. Puis, quelqu’un de mon entourage m’a dit, qu’ici, à Ambato Boeny, il y a du travail. Donc j’ai quitté mon village pour venir ici. La culture du manioc et du maïs y est en effet plus simple. La terre est plus productrice » explique Namindrantsoa, chef de famille et cultivateur de manioc. Et son cas n’est pas isolé.

Effectivement, ces dernières années, la migration de la population du Sud a pratiquement explosée. D’après les explications des experts, ils sont des « réfugiés du climat » : des personnes forcées de quitter leur habitat initial en raison de conditions climatiques défavorables pour leur épanouissement. « Avant, il y avait bien des migrants mais ces dix dernières années, leur nombre a beaucoup augmenté. Certains membres de leur famille migrent dans la région. Au bout de trois à six mois, ils se rendent compte que les récoltes sont assez bonnes donc ils font venir les autres. Et, chaque semaine, des grandes voitures TATA en provenance de leur région transportent ces migrants ici. Ce qui fait qu’actuellement, plus des trois quart de la population de notre Fokontany sont composées de nos amis du Sud, soit près de 3 168 sur les 4 526 habitants recensés dernièrement » explique Monnal Rakotondrabe, président du Fokontany d’Ambongamaranitra. Et Jaotera, le directeur du parc national d’Ankarafantsika a également renforcé cette version du président du Fokontany. Pourtant, ces « réfugiés du climat » ne se rendent pas compte à quel point leurs activités impactent considérablement sur l’actuelle destruction précipitée d’Ankarafantsika et de ses environs.A Madirozato, Fokontany d’Ambongamaranitra, les arbres se comptent par dizaine. « Regardez, toute cette partie que vous voyez actuellement, en 2013 était encore recouverte de forêts. Et voyez où nous en sommes aujourd’hui. Au fil des années, nous avons assisté à la coupe continuelle des arbres du parc et de ses alentours mais aussi à leur carbonisation pour en faire du charbon ou pour y cultiver du manioc et du maïs » précise Jacqueline Razaiharimanana, chef de volet recherches et de conservation au sein du parc d’Ankarafantsika. Le problème est que le nombre de personnes exploitantes ne cesse d’augmenter. « En plus, ces personnes ne se limitent pas à un seul endroit. Comme elles brûlent la terre avant de la cultiver, au bout d’un certain délai, cette terre finit par perdre sa fertilité, ce qui fait qu’elles s’attaquent toujours aux forêts, d’où la diminution des surfaces forestières », ajoute le directeur du parc.Mode de production Pour avoir une bonne production, selon eux, ces réfugiés du climat utilisent alors la traditionnelle méthode de la culture sur brûlis. « Les exploitants du parc ne choisissent pas un endroit par hasard. En effet, ils se sont rendu compte que la terre est plus fertile à l’intérieur de la réserve. Ils se regroupent donc par groupe de 20 à 30 personnes pour couper et brûler les forêts. Ensuite, quand la période de pluie arrive, ils plantent leurs semences. Avec cette méthode, ils obtiennent de bons produits sauf que cela nuit beaucoup au parc vu qu’ils finissent même par exploiter le noyau dur de la forêt. Sans intervention, toute la zone forestière va disparaitre », se désole le directeur du parc d’Ankarafantsika. Pourtant, pour la majorité des plaines de la région, soit 90%, Ankarafantsika constitue leur réservoir d’eau. De ce fait, s’il venait à disparaitre c’est toute l’économie de la région qui en subira les conséquences. Toutefois, pour Namindrantsoa, il collabore avec un des propriétaires des terrains pour pouvoir y cultiver et ensuite partager les récoltes. En tout cas, les impacts environnementaux sont déjà palpables. Il a toujours été dit que la culture sur brûlis et la coupe abusive des arbres ont de grandes répercussions sur notre environnement. Le principal impact étant le changement climatique. Toutefois, sans les arbres pour la retenir, la terre est facilement emportée par les eaux de ruissellement, origine de l’ensablement de certaines zones. « A chaque période de pluie, notre région doit faire face à des déluges. Tout le monde dit que les pluies sont devenues trop fortes mais ce n’est pas le fond du problème, c’est l’ensablement. L’eau a du mal à circuler d’où la grande montée du niveau des eaux. Du côté d’Ambondromamy, vous pourrez voir en passant que des maisons mais aussi des cultures se font petit à petit engloutir par le sable », notifie le directeur du parc. D’après les chiffres présentés par Madagascar national parks (MNP) gestionnaire du parc d’Ankarafantsika, en 2018, plus de 1456 hectares de la zone protégée ont été brûlés. Des interventionsLe gestionnaire de parc en collaboration avec les maires des Communes affectées ont déjà tiré la sonnette d’alarme face à tout ce qui se passe. « C’est pourquoi, en 2018, la préfecture de Mahajanga a sorti une réquisition stipulant que toutes les cultures illicites à l’intérieur du parc devront être détruites. Ainsi, avec l’appui des Forces de l’ordre, nous avons pu mettre fin à leurs activités. Cette destruction de culture s’est étendue jusqu’au début de l’année, aux mois de janvier et février, avec le défrichement de 67 hectares » indique Jaotera, directeur du parc. Toutefois, indisciplinés, ces « migrants » ne veulent rien savoir. Ils continuent ainsi leur exploitation illicite. « Le problème aujourd’hui est que nous n’arrivons plus à les contrôler. Notre autorité est insignifiante à leurs yeux. Et il en va même de notre vie. Ils nous menacent, tellement ils sont de plus en plus nombreux » s’inquiète Alan Thierry Ngilitera, maire d’Ankanofasika. D’après le représentant du MNP sur les lieux, un de leurs employés a même été tué, tout récemment. De ce fait, la population locale mais surtout les autorités commencent à prendre garde. Dossier réalisé par Rova Randria

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Circoncision de masse - La Polyclinique d’Ilafy mise sur la qualité

Depuis 2006, la Polyclinique d’Ilafy organise, tout le mois de juin, une circoncision de masse dans la Commune d’Ankadikely-Ilafy, son lieu d’implantation. Samedi dernier, 47 enfants issus de 18 Fokontany d’Ilafy ont été circoncis. Agés d’un à cinq ans, ces petits garçons ont également reçu des friandises et des jouets, outre la prise en charge gratuite. L’opération a été réalisée par une vingtaine de personnels médicaux dont 6 chirurgiens. D’après le docteur Georges Rakotoarison, directeur médical de la Polyclinique d’Ilafy, cet établissement se concentre surtout sur la qualité de la chirurgie. « Bon nombre de parents ne sont pas convaincus par la circoncision collective puisqu’ils ont peur de la qualité de l’opération et sont très exigeants par rapport à l’hygiène et la santé de leurs progénitures. Mais pour nous, notre priorité est la qualité. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, le nombre des enfants opérés est limité », avance-t-il. Depuis ces dizaines d’années de partenariat avec ladite Commune, l’établissement hospitalier n’a jamais reçu aucune plainte venant des parents à propos d’une complication médicale ou d’une mauvaise prise en charge des enfants.

D’ailleurs, Rasoanindriana, une grand-mère de six garçons, en témoigne. Cette femme attend toujours la tenue de cette opération pour circoncire ses petits-enfants. Pour elle, il vaut mieux attendre cette circoncision de masse, plutôt que de consulter d’autres médecins, notamment des tradipraticiens, une pratique courante dans sa localité. Outre un engagement citoyen, cette circoncision collective a pour objectif d’aider les parents en difficulté. D’ailleurs, le coût d’une opération, utilisant la haute technologie, varie actuellement aux alentours de 30 000 à 100 000 ariary. En cas de complication, les petits garçons circoncis peuvent consulter la Polyclinique pour un traitement gratuit.Anatra R.

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IRMAR en pole position ?

Nouvelle majorité ! Comme prévu et qu’il fallait s’y attendre, la CENI publiait ce samedi 15 juin sur son site officiel les résultats officiels provisoires des législatives du 27 mai 2019. « Isika Rehetra Miaraka amin’i Andry Rajoelina » (IRMAR), l’ex-IRD, avec 84 sièges remporterait le scrutin. Sauf revirement de la situation opéré du côté de la Haute Cour constitutionnelle (HCC), l’instance finale de décision officielle, une nouvelle majorité portant le dossard de la couleur Orange s’emparerait de l’Assemblée nationale. L’IRMAR, la nouvelle et légitime appellation de la plate-forme présidentielle dominerait, le conditionnel est de rigueur, jusqu’à la confirmation officielle, la nouvelle configuration politique au Palais de Tsimbazaza. Largement en tête selon les résultats affichés par la CENI, le groupement de partis faisant le « même chemin » avec Rajoelina vers la voie du redressement de la Nation survolerait les débats au sein de l’Assemblée nationale. C’est un bon augure pour le jeune Président dans la mesure où le démarrage officiel de l’ensemble du programme d’Etat contenu dans l’IEM qui dépendra du Parlement aura  « feu vert » des élus du peuple. Une majorité confortable et stable au sein du Parlement, via l’Assemblée nationale, épousant les valeurs et principes de l’IEM sera d’une utilité absolue pour le régime en place. Une coudée franche plus qu’utile ! Apparemment, la CENI n’a pas cédé d’un iota aux gestes d’intimidation ou de pression de la part des futurs perdants. Avec 16 sièges provisoires, le parti TIM de l’ancien Président perd tous les espoirs de pouvoir maîtriser le rythme à l’Assemblée nationale.

Les indépendants, toutes sensibilités confondues, réalisaient des résultats de 46 %, mieux que la formation en décadence de Ravalo. N’empêche que ces derniers s’inquièteraient de leur sort à Tsimbazaza à moins qu’ils se rallient à la cause de l’IRMAR. Les commissaires nationaux, sûrs du sérieux de leurs travaux, écartèrent du revers de la main toutes allégations de remettre en cause les résultats provisoires, fruits de leur labeur, en leur possession. Certains observateurs et pas des moindres se méfient du comportement égaré de certains acteurs politiques de la place. La tentative ou la volonté délibérée de créer des troubles dans un pays en pleine évolution relève surtout du goût prononcé de ces « pêcheurs en eau trouble ». Dans tous les cas de figure, il est totalement sans fondement voire inutile de fomenter des troubles à l’approche de la proclamation officielle et définitive des résultats. Toutes manœuvres de déstabilisation, ayant pour seul objectif d’impressionner ou d’intimider la CENI encore moins la HCC, buteront à une fin de non-recevoir. Les commissaires électoraux d’Alarobia ainsi que les hauts conseillers d’Ambohidahy, imperturbables, non-influençables et surtout impavides, agissent uniquement selon la conviction de leur âme et conscience. Nous avions déjà eu l’occasion d’attirer l’attention des candidats députés que pour l’intérêt supérieur de la Nation et en vertu du respect du choix de la majorité, il faut nécessairement savoir perdre. En tout cas, en pareille circonstance, il y a toujours des gagnants et des… perdants ! L’IRMAR, en pole position sauf contre toute attente, obtiendra la majorité absolue à l’Assemblée nationale. Une éventualité probable entrant dans le cadre d’un atout majeur que le pouvoir dirigé par le Président Rajoelina Andry Nirina ne sous-estimera point.

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Résultats provisoires des législatives - Les « Orange » largement en tête

Une confirmation. Les résultats provisoires des élections législatives du 27 mai proclamées par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), samedi dernier, confortent les tendances. Le Président de la République Andry Rajoelina obtient, provisoirement, la majorité absolue à l’Assemblée nationale, en attendant les résultats définitifs que va publier la Haute Cour constitutionnelle dans moins de deux semaines. Les voix obtenues par chacun des candidats à la députation dans les 119 Districts de la Grande île, énumérées par les commissaires électoraux durant près de cinq heures, créditent en effet la coalition présidentielle « Isika rehetra miaraka amin’ny Prezida Andry Rajoelina » de près de 84 sièges au Palais de Tsimbazaza, à l’heure actuelle, sur les 151 qui sont à pourvoir. Les candidats sous la bannière indépendante arrivent en seconde position avec 46 sièges glanés, devançant largement le parti « Tiako i Madagasikara » de l’ancien Président Marc Ravalomanana qui obtient temporairement 16 sièges. Le MATITA, le MDM, le MTS, le RPSD et le GJMP se répartissent les cinq sièges restants. 

En tout cas, sauf énorme mais très improbable chamboulement, le Président de la République Andry Rajoelina aurait donc les coudées franches pour mener à bien les réformes qu’il souhaite mettre en œuvre dans le cadre de la réalisation de ces 13 « velirano » envers la population malagasy. Le Chef de l’Etat pourra également nommer un Premier ministre issu de sa majorité de députés Orange, laquelle proposera le nom de ce chef du Gouvernement. Comme on dit, la balle est désormais dans le camp de la Haute Cour constitutionnelle. Cette juridiction dispose de quinze jours à compter de la proclamation de la CENI, pour rendre son verdict sur les requêtes déposées en son sein, et proclamer par la même occasion les résultats officiels définitifs des élections législatives. Notons que durant la proclamation de samedi dernier, la CENI a émis de forts soupçons de fraudes électorales dans les Circonscriptions d’Ambositra et de Tsihombe. L’organe électoral d’Alarobia a également touché mot par rapport à des irrégularités et des anomalies dans les procès-verbaux issus de nombreux bureaux de vote, où les suffrages exprimés sont supérieurs au nombre de votants, des votants plus nombreux que les inscrits dans la liste électorale, des bureaux de vote où les votes blancs sont égaux ou supérieurs aux suffrages exprimés.La Rédaction

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Paysage politique malagasy - Disparition des grands partis d’antan

A l’issue des résultats provisoires publiés par la CENI samedi dernier, force est d’admettre que les grands partis politiques d’antan ne seront pas représentés à la prochaine législature. La plupart de ceux qui faisaient la pluie et le beau temps dans le paysage politique malagasy depuis l’indépendance en 1960, ou même avant pour d’autres, ont perdu à jamais leur aura auprès des électeurs. Oubliés par la population, ces partis politiques entrent dans le placard de l’histoire de la République malagasy et risquent d’y rester longtemps. La faute incombe entièrement à leurs fondateurs et dirigeants qui, d’un côté,  n’ont pas su inculquer à la base l’idéologie du parti et de l’autre par leurs propres fautes en changeant de costume vestimentaire à chaque régime. Les simples membres fatigués par les grands écarts de leur leader ont préféré déchirer leur carte d’adhésion et assisté impuissamment à l’enterrement de leur parti. «  Ci-gît », tel pourrait être l’écriteau à mettre sur le placard où se trouvaient les dossiers des partis politiques existants à Madagascar au  ministère l’Intérieur. Et ma foi, ils sont plusieurs à être réduits en silence. A commencer par les trois grands partis créés peu avant ou au lendemain de la déclaration de l’indépendance de Madagascar en 1960.

Il s’agit du Parti social et démocrate (PSD), de l’Antokon’ny  kongresy ho an’ny fahaleovantenan’ny Madagasikara (AKFM) et le Mouvement national pour l’indépendance de Madagascar (MONIMA). Au fil  des années, ces trois partis ont perdu tour à tour la notoriété, l’union de leurs membres et l’amour de leurs électeurs pour tomber totalement dans l’oubli. Si le PSD a signé sa mort dès la chute du régime Tsiranana en 1972, les descendants du père de l’indépendance ont tenté vainement de le ressusciter.  L’AKFM, quant à lui, a connu son déclin depuis la 2e République par l’ajout sur son nom de guerre, KDRSM. Front unique pour la défense de la révolution oblige. Mais le début de la fin de l’AKFM survient après la scission en AKFM-KDRSM et AKFM Fanavaozana. Fin douloureuse également pour le MONIMA qui, par les errements politiques de son fondateur, a fini par disparaitre de la circulation et ce malgré les multiples réparations chirurgicales opérées par les fidèles parmi les fidèles. Pareillement pour le parti des prolétaires, le MFM. La 3e République était synonyme de proliférations, ou changements de nom, et naissance des partis politiques. Mais comme leurs prédécesseurs, ils ont connu eux aussi d’une existence éphémère à l’instar de l’UNDD. L’empêchement de son fondateur à la présidence de la République a sérieusement ressenti comme un coup de massue pour certains membres qui, afin d’exister politiquement, sabordaient d’autres navires. L’UNDD a connu le même sort que les partis présidentiels avant lui comme le PSD et l’AREMA. Bien que ce dernier ait sorti brièvement de sa léthargie après le retour au pouvoir de Didier Ratsiraka en 1996.  On peut inclure également le LEADER FANILO sur la liste des grands partis politiques malagasy, cependant il a rejoint celle des disparus après la mort de son fondateur, Herizo Razafimahaleo, dont l’héritage a été dilapidé en un tour par les héritiers. Tous ces partis cités ne disposent plus leur attestation de vie procurée exclusivement  par les électeurs à chaque élection, présidentielle, législative ou communale. La force d’un parti se juge en effet  aux élections. Et l’absence de leurs représentants, du moins à l’Assemblée nationale, signifie, ni plus ni moins, leur mort certaine. Politiquement s’entend évidemment…La rédaction

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Mariage forcé d’une Malagasy en Chine - Une mère et sa fille devant le Parquet

Samedi dernier, une mère de famille de 52 ans et sa fille de 34 ans ont dû à répondre de leurs actes devant le Parquet d’Anosy. La veille de cela, des limiers du Service central des enquêtes spécialisées et de la lutte contre les fraudes documentaires (SCESLFD), sis à Anosy, les ont arrêtées à Sabotsy-Namehana à la suite de la plainte des parents d’une jeune malagasy qui est partie travailler en Chine. Cette dernière réside donc dans ce pays depuis 2017 en tant que baby-sitter avec un salaire de 1,2 million d’ariary par mois. Dans cette affaire, ce sont les deux femmes sus-mentionnées qui sont ici les présumées passeuses. A propos de la plainte des parents de la victime, elle parle du calvaire total que l’émigrée devait endurer actuellement en Chine. La coupe a tellement débordé que la jeune malagasy a fini par appeler ses géniteurs au téléphone pour leur raconter ses tourments. En réalité, elle s’est sentie trahie par les passeuses par rapport à la teneur initiale du contrat. Car au lieu de travailler comme baby-sitter, ses contacts chinois et malagasy établis en Chine, l’avaient obligée à se marier avec un Chinois. Ils auraient également confisqué son passeport et sa carte d’identité.

En réalité, il s’agissait d’un coup monté, concocté par une autre femme malagasy vivant en Chine, encore l’une des filles de la mère de famille appréhendée à Sabotsy-Namehana. La mère et sa fille qui résident à Madagascar cherchent des filles à envoyer,  tandis que celle qui habite en Chine joue le rôle d’« agent matrimonial ».  Les deux passeuses supposées ont déjà un antécédent dans le même type d’affaire. En mai 2019, elles ont extorqué 2 millions d’ariary à une autre jeune candidate locale au départ, somme prévue pour - semble-t-il - constituer des dossiers. Il est donc de plus en plus clair que la Chine semble être loin d’être l’Eldorado pour les filles de la Grande île, si l’on ne se réfère qu’au cas de cette pauvre jeune femme contrainte à se marier avec un Chinois depuis ces deux longues années. Affaire à suivre.Franck Roland