Les actualités à Madagascar du Dimanche 09 Avril 2017

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La Vérité39 partages

Corruption et détournement de deniers publics - Le carton rouge pour Mahafaly Olivier

Le départ de Mahafaly Solonandrasana Olivier est-il dans les tuyaux dans les prochains jours ? Et si le remaniement ministériel annoncé comme imminent se muait finalement en un changement de Gouvernement ? Le Premier ministre (Pm) et non moins ministre de l’Intérieur, est dans une position extrêmement délicate ce lundi matin depuis que le nom de son département de l’Intérieur et de la Décentralisation est apparu dans l’affaire « Claudine Razaimamonjy », une affaire de corruption et de détournement de deniers publics.

Sollicité par la presse vendredi dernier, en marge d’un évènement à Anosy, Mahafaly Solonandrasana Olivier avait refusé de se mouiller. « Je ne répondrai pas à cette question, sinon on me reprochera de m’immiscer dans les affaires de la Justice. Laissons la Justice faire son travail », avait-il répliqué. Le chef du Gouvernement faisait cette déclaration au moment où Claudine Razaimamonjy, une proche du régime Rajaonarimampianina, était entendue par les juges anti-corruption dans le cadre de deux affaires particulièrement explosives. Dans l’un de ces deux dossiers, traité par la branche territoriale Antananarivo du Bureau indépendant anti-corruption (Bianco), « des responsables auprès du ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation » sont suspectés d’être de mèche dans le détournement de subventions exceptionnelles d’un montant de près de 350 millions d’ariary en 2014 et en 2015 à la Commune rurale d’Ialanindro, dans le District de Fianarantsoa II, indique une source avisée. Certes, pour l’heure, le chef du Gouvernement n’est pas inculpé dans cette affaire qui défraye la chronique. Il bénéficie par ailleurs de la présomption d’innocence au même titre que les autres justiciables de son pays. Sans être lui-même visé par des enquêtes, Mahafaly Solonandrasana Olivier, en tant que ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, est le supérieur hiérarchique des personnes impliquées dans ce dossier, ce qui pour de nombreux observateurs le rendrait aussi responsable… Par contre, son nom a été cité par deux maires, celui de Port-Bergé et celui d’Ambohimahamasina en particulier, dans des affaires de détournement de deniers publics. D’après l’édile de cette dernière Commune, le Pm lui a donné l’ordre de virer une subvention exceptionnelle destinée à la réhabilitation d’un local municipal vers le compte d’un particulier qui n’a rien à voir avec les travaux. En août 2016, au micro de la Rfi, le chef du Gouvernement s’était engagé à apporter les preuves de sa bonne foi sous huitaine. Huit mois après, l’opinion est toujours en train d’attendre. Tout ceci pour dire que Mahafaly Solonandrasana Olivier est aujourd’hui dans une position plus qu’inconfortable. Auditionnée par la Chaîne pénale anti-corruption, Claudine Razaimamonjy a été placée sous mandat de dépôt, pour des faits de corruption et de détournement de deniers publics. Souffrant d’hypertension artérielle, la propriétaire de l’AC d’Ivato était aux dernières nouvelles toujours dans sa chambre d’hôpital. Des têtes de hauts responsables au niveau notamment du ministère de l’Intérieur devront également tomber dans le cadre de cette affaire. Dans un pays démocratique, le chef de ce département aurait rendu son tablier. A défaut d’une démission et d’une Justice compétente pour juger le chef du Gouvernement, la charge de régler ce cas devrait revenir au Chef de l’Etat, estiment de nombreux observateurs, pour qui, le Pm mériterait un carton rouge pour l’ensemble de son œuvre... Recueillis par Aiky Rakotobe

Madagascar Tribune25 partages

L’appel de la dernière chance de Marc Ravalomanana

L’ancien président de la République Marc Ravalomanana, actuellement président national du parti Tiako i Madagasikara (TIM) a rencontré la délégation de la SADC de passage à Madagascar. A la suite de quoi l’ancien président a fait une déclaration écrite dans laquelle il veut interpeller le président Hery Rajaonarimampianina ainsi que la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) sur les lois électorales. En somme, Marc Ravalomanana porte le blâme sur l’Assemblée Nationale qui selon lui ne représente plus le peuple malgache, et ce à partir de l’adoption dernièrement des lois électorales. « Les circonstances de fait publiquement connues et indiscutables privent les textes déclarés, adoptés par l’Assemblée Nationale, de l’autorité nécessaire pour être investie de la sacralité de la loi », écrit ainsi Marc Ravalomanana. Prenant appui sur l’article 71 alinéa 3 de la Constitution selon lequel « le député exerce son mandat suivant sa conscience et dans le respect des règles d’éthiques ». Il pointe du doigt une violation de la Constitution. Marc Ravalomanana diplomate dans sa lettre, a donc lancé un appel au président de la République « qui a la mission d’assurer le bon fonctionnement des institutions de la République, pour lui éviter le risque de la forfaiture », et aux membres et président de la HCC « dont la mission est de veiller au respect de la Constitution pour un bon fonctionnement régulier des institutions de l’Etat ». Pour l’heure, l’on sait que l’enjeu du côté du TIM concerne la possibilité pour Marc Ravalomanana de présenter sa candidature. Ce qui ne serait pas possible si ces lois électorales sont par le Sénat comme il l’a été au niveau de l’Assemblée Nationale. A côté de la bataille menée par les députés du TIM au côté du MAPAR et du MMM contre les lois électorales, Marc Ravalomanana est donc finalement sorti de son mutisme pour lancer un appel de la dernière chance en faveur de sa candidature au mois de novembre prochain.

Orange Madagascar21 partages

Gazkar, le jeu de course 100% malgache disponible dans sa version finale

La start-up malgache Lomay, et Orange Madagascar, ont annoncé le lancement de la version finale complète du jeu Gazkar le samedi 8 avril 2017, au Kianjan’ny Kanto Mahamasina, à l’occasion d’une journée de découverte « Gazkar Event ». Le jeu est proposé au grand public en téléchargement gratuit sur Play Store.

Au programme du « Gazkar Event », diverses animations, des jeux, des ventes de consommables, mais aussi un Gazkar Tournament. Il s’agit d’un grand tournois Gazkar qui a fait concourir 64 joueurs sur place. Orange Madagascar dote les vainqueurs de trophées, de smartphones et de Goodies. Tout au long de l'événement, deux super car et deux voitures Karenjy étaient exposées sur place. Des voitures qui sont présentes dans le jeu.

Jeu de course en 3D totalement inédit, Gazkar est le produit phare de la start-up Lomay. Gazkar propose aux gamers de redécouvrir Antananarivo dans un univers virtuel reproduit avec le plus grand soin, dans une ambiance typiquement malagasy.

Le jeu a la particularité de proposer les différentes rues et quartiers d’Antananarivo en guise de circuit. Les emblématiques Renault 4L et Citroën 2CV de la capitale, mais aussi les superbes Ferrari ou Porsche peuvent ainsi rouler sur des circuits réalistes dessinés sur les rues, entre autres, d’Anosy, de Mahamasina, d’Analakely, d’Ankorondrano ou encore de By-pass.

Dans cette version finale, les joueurs ont la possibilité d’acheter, d’équiper et de modifier les voitures en fonction de leur goût avec Orange Money.

Imaginé en 2014, puis développé en 2015, le jeu est disponible sur les smartphones tournant au minimum sous Android 2.3.

Créé début 2015 par Matthieu Rabehaja et Tsilavina Razafinirina, Lomay est une start-up 100% malgache qui fait de l’innovation sa marque de fabrique. La start-up est spécialisée dans le développement des applications web et des applications mobiles (Android et iOS). Elle modélise également des objets en 3D, qu’elle se propose par la suite d’animer. Lomay crée également des jeux de divertissement, des advergame mais aussi des serious game pour tout type de plateforme.

Soutien énergique aux start-up locales

Depuis 2013, Orange Madagascar s’est lancée dans la démocratisation de l’usage de l’internet sur mobile en mettant à la disposition des malgaches des smartphones performants et abordables.

En soutenant la start-up Lomay pour le développement de Gazkar, l’objectif d’Orange Madagascar n’est pas seulement d’accélérer le projet, mais aussi et surtout d’accélérer la mise à disposition des services auprès des clients d’Orange. Orange assume ainsi pleinement son statut d’entreprise responsable.

Le soutien d’Orange Madagascar se manifeste par des apports techniques et financiers, nécessaires au lancement du jeu dans les meilleures conditions.

La Vérité10 partages

Jean-Omer Beriziky - « Tout est opaque avec le régime actuel »

Au cours d’une interview exclusive, l’ancien Premier ministre Jean-Omer Beriziky n’est pas allé par quatre chemins pour rendre compte de la situation actuelle à Madagascar, dénoncer les incohérences du régime et aussi avancer quelques solutions.  Il a ouvertement reproché le manque flagrant de transparence du régime actuel quant à la gestion des affaires publiques. Il émet des doutes sur la prochaine élection présidentielle à laquelle il se dit prêt à participer. Interview.

 

La Vérité (+) : Où la situation sociopolitique actuellement un peu préoccupante à Madagascar pourrait-elle nous conduire à votre avis ?

Jean-Omer Beriziky (=) : Le contexte actuel au pays nous invite à méditer. C’est même une situation très inquiétante. Beaucoup de cas préoccupants se sont produits. Ils semblent traduire la déliquescence du pouvoir de l’Etat qui fait preuve d’excès de façon inopportune lorsque le moment de recourir à la force se présente. C’est trop rigide. Par exemple, la répression est violente en cas de manifestation de telle sorte que les Forces de l’ordre ne sont plus ce qu’elles sont normalement et ce qu’elles devraient être. Ce sont des forces de répression.

J’ai déjà dit qu’elles ne peuvent pas protéger la population comme il se doit tant qu’il existe trop de distance entre elles. Pourquoi ? Il n’y a pas de synergie alors que nous avons besoin de Forces de l’ordre de proximité. Ce dont nous avons besoin est qu’elles comprennent la souffrance des habitants. Elles sont tout près de la population. Elles entrent en communication avec les communautés à la base et engagent des échanges avec elles. Il doit y avoir des consensus et des partages non seulement entre les dirigeants ou élus et les gens mais également au sein de la société et de la famille. Nous devons militer en premier en faveur de cette proximité pour mieux combattre l’insécurité en pleine recrudescence partout sur l’île.

La corruption aussi est là en même temps. C’est un fléau et c’est terrible lorsque l’Etat qui doit jouer le fer de lance de la lutte se permet de nuire à la mission des organes institués à cet effet à l’instar du Bureau indépendant anti-corruption (Bianco). Par là, je fais référence à l’affaire Claudine Razaimamonjy qui est sur toutes les lèvres ces temps-ci. L’Etat semble s’employer à empêcher le Bianco à accomplir sa mission. Dans quelle mesure pouvons-nous alors éradiquer la corruption dans ce cas ?

 

+ : C’est justement pour la première fois qu’une conseillère spéciale d’un Président de la République en exercice a créé tant de polémiques si l’on regarde les annales politico-administratives de Madagascar…

= : On ne doit jamais sacrifier la nation pour la cause d’une seule personne, qu’elle soit conseiller ou conseillère spéciale du Président de la République. Je le dis en toute sincérité et en toute conviction. La patrie est sacrée. Elle est trop importante. On ne doit pas le négliger. Curieusement, cette fois-ci, tout le monde se lève pour protéger la dame. Un ministre a même donné une conférence de presse à 22 heures 30. Pour quelle raison et pour quelle urgence a-t-on besoin d’une conférence de presse à telle heure ? On a donné une dimension telle à cette affaire que toute la nation reste mobilisée sur une personne. Et pour cause, l’opinion est divisée.

Le ministre a osé déclarer en pleine conférence de presse que l’affaire pourrait déclencher une vindicte populaire. Mon Dieu ! De quel droit un ministre de la Justice tient de tels propos ? Il a agi comme s’il invitait les gens à y aller. Des groupes ont effectivement débarqué. Le ministre doit se mettre devant le miroir en ce moment. Ne va-t-il pas se sentir responsable de sa déclaration quelque part si jamais la situation dégénère ? On ne doit jamais exhiber les vindictes populaires en cas de problème. Il faut chercher la solution la plus idoine possible.

 

+ : Quelle solution avez-vous alors à avancer pour y remédier ?

= : Il y a eu des occasions où j’en ai parlé. Les gens recourent à cette pratique car ils ne se sentent pas en sécurité. La vindicte populaire est une sorte d’autodéfense. Il convient de prendre en considération cet aspect. Mais cette autodéfense dérive. Elle se laisse aller hors de tout contrôle ou de toute autorité. Les gens amenés à tuer des individus sont sous l’effet de la peur. On doit examiner la situation avec les responsables au sein de la société, les associations, les Raiamandreny… Il faut une table ronde.

Cela requiert des échanges et consentements mutuels. Toutes les forces vives doivent y être associées, surtout en ce qui concerne les contrées lointaines dans la brousse où les gens se sentent abandonnés à leur propre sort. Il y a des spécialistes. Nous avons des sociologues chez nous. Il en est de même des organisations de la société civile. On doit se concerter ensemble dans le but de dégager des solutions communes. Il ne faut pas laisser la situation comme ça.

C’est le problème du régime en place. Tout est opaque. Il cache à la population les vraies réalités. Les citoyens sont mis à l’écart des décisions prises par l’Etat. Toutes les grandes décisions sont méconnues comme s’il n’y avait pas de dirigeants chez nous. Il y a lieu de voir ça ensemble en toute humilité et avec bonne foi. Les dérives qui existent au pays m’attristent. Les vindictes populaires sont inadmissibles dans un Etat de droit. Mais il est de bon ton de les analyser en profondeur pour, justement, avancer des solutions idoines.

L’Etat doit prendre des mesures et faire connaître les résultats des enquêtes. Je prends l’exemple d’Antsakabary à Bealanana. Comment peut-on imaginer, imaginer seulement, que dans une République, dans un Etat de droit, supposé être gouverné par des gens et personnes responsables, qu’on a déployé des policiers pour procéder à une expédition punitive. Cela fait penser à une période déjà passée, la période coloniale. C’est une manière de faire des colons.

Des policiers formés pour protéger la population sont devenus des bourreaux. Les gens regardent la Police nationale comme une force répressive à ce moment-là. Le ministre de la Sécurité publique est démis de ses fonctions. C’est normal, à mon avis. Mais c’est insuffisant. Où en est l’enquête, l’investigation ? Personne ne le savait. On n’en connaît pas les tenants et aboutissants. Qui étaient les responsables ? Quelles sont les sanctions encourues par ces responsables ? Motus et bouche cousue. Le dossier semble être classé sans suite.

Je prends également l’exemple du fratricide à Andapa. C’est lamentable. Le cas donne des frissons. Les Forces de l’ordre ont eu déjà l’incendiaire entre leurs mains. Mais comment se fait-il qu’elles l’ont encore livré à son frère ? Ont-elles reçu des formations dans ce sens ? La suite de l’histoire a débouché sur l’égorgement du fautif par son propre frère. La scène s’est passée en plein public et sous les yeux des éléments des Forces de l’ordre. 

 

La Vérité (+) : Vous avez dit que toutes les grandes décisions de l’Etat sont inconnues. Nous sommes actuellement à la veille d’une période électorale alors que, vue du côté du grand public, la situation est floue ?

Jean-Omer Beriziky (=) : Absolument et j’interpelle la communauté internationale à ce propos. Est-ce que nous allons vers les élections ou non? On ne sait pas ce qui se passera demain si l’actuel charivari continue. L’Etat ne cherche jamais les moyens de calmer les esprits. La sérénité de la population et la stabilité sont deux conditions sine qua non d’une élection. Pourtant, l’Etat n’œuvre pas dans ce sens.

Chaque fois que j’ai l’occasion de discuter avec les représentants de la communauté internationale, l’Union européenne en particulier, je leur rappelle qu’ils ont financé les scrutins chez nous. En effet, ils ont intérêt à faire en sorte que les élections à Madagascar soient crédibles et transparentes pour que l’argent des contribuables européens ne soit pas comme de l’argent jeté par la fenêtre. Ceci requiert la désignation des membres de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).

Il est primordial de restructurer cet organe. Mon souhait le plus profond est que, pour garantir sa totale indépendance, les représentants de la société civile et du secteur privé gèrent ses activités. Personne ne doit être nommée par les institutions étatiques. La réalité est que les membres de la Ceni sont tous désignés par des institutions. Il est alors normal qu’ils soient redevables vis-à-vis de celles-ci. Cela signifie qu’ils sont redevables vis-à-vis du régime en place.

 

+ : Justement, l’Observatoire de la vie publique (Sefafi) venait d’émettre des observations sur les baisses constantes du nombre d’inscrits depuis 2006 ?

= : Oui et ce n’est pas normal car le nombre d’habitants ne cesse de croître. Il y a une contradiction. Beaucoup de citoyens sont privés de leur droit en n’étant pas inscrits sur la liste électorale. Celle-ci comporte plus souvent des anomalies flagrantes. On ne savait si c’est voulu ou non. Les noms des gens sont erronés et, de ce fait, les concernés ont toutes les peines du monde à accomplir leur devoir de citoyen le moment venu. Le bureau de vote ne correspond pas non plus à leur nom. Tout cela existe, hormis les doublons…

Les manières de faire campagne chez nous aussi méritent réflexion. Des fois, elles prennent l’allure des fêtes grandioses dans lesquelles énormément de fonds sont investis. 

Il en est de même du financement des partis politiques. D’où viennent les fonds ? Leurs origines sont inconnues. Par quel moyen le parti au pouvoir a-t-il la possibilité d’utiliser des fonds considérables ? Quelle est la provenance de l’argent ? Est-ce qu’ils ont puisé dans les caisses de l’Etat, c’est-à-dire de l’argent provenant des contribuables malagasy ?

Il sied également de connaître ce qu’il en est des ressources allouées à l’organisation des élections au ministère de l’Intérieur. Où est cet argent ? Quels sont exactement les montants engagés? Où vont-ils ? Y a-t-il un mécanisme de contrôle des mouvements de ces ressources publiques ? Il est important de mettre la lumière sur tous ces questionnements à mon avis. Il est rare chez nous que les ressources mobilisées parviennent à leur destination finale. Tout cela mérite une révision de fond en comble pour la crédibilité du processus électoral.

Le contexte fait redouter. Si les gens ne font pas confiance en cette élection présidentielle et si jamais elle sera entachée de fraudes car le vote sera tripoté, je vous dis que de nouveaux troubles éclateront et que nous irons à une nouvelle crise. 

 

+ : Mais vous avez déjà annoncé votre décision de prendre part à la course ?

= : Oui, en effet. Vous, les média, en avez déjà parlé également. A mes yeux, la gestion des affaires nationales est un devoir sacré. C’est une grande et précieuse responsabilité inscrite dans l’histoire nationale. Elle fait aussi partie intégrante de la trajectoire individuelle. Je serai effectivement candidat pour apporter ma part de brique au sauvetage de ce pays en vertu du bien commun et de l’intérêt supérieur de la nation. J’y tiens beaucoup.

 

+ : Y compris la confection de la liste des trafiquants des bois de rose ?

= : Il s’agit d’une liste déjà publiée. Elle a suscité tant de questions. J’ai déjà dit aux responsables de la communication du parti Undd qu’elle devrait être publiée de nouveau. Ce n’est pas une liste exhaustive. Elle ne fait que rendre compte de noms des personnes impliquées dans le trafic ou des présumés dont le cas était entre les mains du Tribunal mais n’était pas suivi de sanction. La liste n’était pas celle de Beriziky. Elle a émané du comité de pilotage « bois de rose » créé au sein de la Primature en son temps. L’Etat à travers le ministère de l’Environnement et des Forêts, la Banque mondiale, l’Alliance Voahary Gasy, la société civile… en faisaient partie. J’ai signé la liste établie par ledit comité en ma qualité de ministre de l’Environnement et des Forêts par intérim à l’époque. Monsieur Emmanuel Rakotovahiny était la personne qui s’en occupait réellement à mon absence car j’étais aussi Premier ministre.

Propos recueillis par Manou Razafy

Madagascar Tribune9 partages

Crainte d’un désintérêt des citoyens

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a tenu un cadre de concertation multi-acteurs à la fin de la semaine dernière. Un cadre de concertation sous le thème des « Enjeux de l’arrêtage définitif de la liste électorale et l’environnement juridique qui entoure ce chantier ». Il va sans dire donc qu’il s’agissait de discuter des lois électorales récemment votées au niveau de l’Assemblée Nationale. Qui, indéniablement, auront des impacts sur le travail de la CENI dans l’organisation et la tenue des élections. Suite aux évènements et péripéties entourant le vote des lois électorales, le président de la CENI, Hery Rakotomanana, a par ailleurs manifesté sa crainte de voir un désintérêt des citoyens vis-à-vis des élections.

Mais également le fait que cela aboutisse à de nouveaux troubles sociopolitiques à terme. “Nous pouvons constater les nombreuses difficultés relatives à l’organisation des élections. La majorité de l’électorat tend même à se désintéresser de tout ce qui a trait aux élections. D’autre part, les débats alimentés de polémiques peuvent entrainer vers des troubles, ce qui serait à coup sur très dommageable pour notre pays », soulignait alors Hery Rakotomanana. Face à ce risque, le président de la CENI a assuré que sa commission mettrait tout en œuvre pour assurer et garantir la transparence des élections.

Six millions de dollars

Les lois électorales, si votées en l’état par le Sénat, entrainera également d’autres changements dans l’organisation de la CENI. Sujet évoqué par deux fois durant la semaine dernière par la CENI notamment lors de la visite d’une délégation de la SADC à Madagascar et lors du cadre de concertation. Les dispositions de la loi organique relatives aux élections et référendums prévoient par exemple que le nombre d’électeur par bureau de vote ne peut dépasser les sept-cents. Pour la CENI, il s’agira finalement de créer 6 000 bureaux de vote en plus de ceux qui sont déjà en place, souligne Hery Rakotomanana. Outre cela, le délai très court entre les deux tours des élections nécessite la mobilisation de moyens conséquents dans la collecte et le traitement des résultats. Tout cela entrainera des coûts supplémentaires, à raison de près de 6 millions de dollars. Ceci en plus des quelques 41 milliards d’Ariary déjà prévus par la loi de finances pour le premier tour des élections.

Madagascar Tribune9 partages

Pourquoi les parlements africains sont-ils inefficaces ?

Surfacturation de l’entretien de 200 véhicules des parlementaires sénégalais ; détournement d’environ 1,965 milliards d’Ariary à Madagascar ; sénat budgétivore et inutile au Sénégal, etc. Ces dysfonctionnements mettent à mal les parlements africains, tribunes d’expression des peuples. Mais face aux différentes crises que traversent l’Afrique et face à ces dysfonctionnements préjudiciables aux citoyens, doit-on pointer du doigt les seuls parlements ?

Absentéisme

Sur 217 députés que compte le parlement tunisien, seuls trois ont pris part à toutes les sessions selon le rapport d’octobre 2016 de l’ONG Al-Bawsala qui veille sur la transparence politique, les travaux législatif et exécutif. Malheureusement, l’assiduité et l’absentéisme des députés sont encouragés par l’ambigüité et la contradiction des textes, d’une part, et le manque de dévouement des députés eux-mêmes d’autre part. Au Burkina Faso, par exemple, la présence des élus aux plénières est obligatoire selon le règlement intérieur, mais les mêmes textes autorisent les votes par délégation, ce qui incite à l’absentéisme des élus et rend difficile de sanctionner les absents.

Improductivité

La productivité des députés est un autre problème puisqu’une fois élus, ils prennent leurs postes pour acquis et pensent qu’ils ne doivent rendre compte à personne. Ils ne proposent rien ou presque, et même quand des propositions de lois sont faites par l’Exécutif, ils ne prennent pas la peine de les étudier. C’est le cas du code pastoral au Tchad en 2014. Ce problème de productivité s’explique aussi par le cumul de fonctions. Au Burkina Faso, par exemple, l’incompatibilité du mandat parlementaire avec d’autres fonctions ne touche que les fonctions publiques ou parapubliques. Or, beaucoup de députés sont des hommes d’affaires ou des chefs d’entreprises toujours occupés. Ce cumul empêche les élus de se concentrer sur leurs missions parlementaires ce qui compromet leur productivité.

Incompétence

Autre problème, les députés ne s’investissent pas dans les débats qui précèdent les votes par manque de motivation ou de compétences. Quand c’est pour le peuple qu’il faut agir, peu de députés sont prêts à le faire parce qu’ils sont soit des hommes d’affaires qui agissent pour leurs compte ou de simples vautours qui visent les avantages qu’offre le poste. Il y a aussi la question des compétences. En Côte d’Ivoire, les articles 70 et 71 du code électoral qui définissent l’éligibilité des candidats à la députation ne parlent aucunement du niveau d’instruction des futurs députés. Ceci laisse libre champ aux personnes peu compétentes d’accéder à des responsabilités sans les qualifications requises.

Opportunisme

Les récentes sénatoriales en Côte d’Ivoire montrent qu’en Afrique, les représentants des citoyens sont beaucoup plus des pions parrainés par des hauts cadres politiques ou du monde des affaires qui souhaitent contrôler la scène politique. Sur soixante six sièges, la coalition menée par le pouvoir en a remporté cinquante. En sus, 33 autres sénateurs seront nommés directement par le président Ouattara, ce qui lui donne une mainmise absolue sur l’institution. Pour ce genre de représentants, l’intérêt du peuple devrait passer après celui du parrain. La minorité opposante est considérée comme ennemi, donc toutes ses propositions seront annihilées quelle que soit leur pertinence. C’est le cas en RDC où Aubin Minaku, président de l’Assemblée Nationale, cadre de la majorité présidentielle, bloque toutes les initiatives de l’opposition laissant seulement celles de son groupe parlementaire.

En septembre 2016, au Mali cette fois, quatre députés du RPM du président IBK ont rejoint l’ADP Maliba, qui a lui aussi quitté la majorité présidentielle. S’ils déplorent la politique de IBK qui ne répond plus à leurs aspirations, le fait qu’ils aient rallié le parti de Aliou Diallo, principal soutien financier de la campagne de IBK, laisse entrevoir des zones d’ombres. Ces députés visent de nombreux avantages que peut offrir le parti de l’homme d’affaires qui, à son tour, orchestre ces défections pour affaiblir le camp d’IBK. Ces députés renforcent ainsi ses prétentions présidentielles. Plusieurs Assemblées Nationales souffrent de cette transhumance parlementaire. Si les pays comme le Maroc, ont entamé un combat contre cette pratique, la majorité des pays africains n’y arrivent pas. Les textes prévoient généralement la destitution du député transhumant mais l’ambigüité des textes empêche leur application.

Corruption

L’autre problème majeur est la corruption. En juillet 2017, les députés de la RD Congo ont reçu chacun environ 31.000 dollars en guise de primes de départ à la fin de leur mandat. Mais presque une année après, ils continuent à légiférer en toute quiétude et refusent en plus de rembourser la somme perçue. Comme en RDC, beaucoup de parlements sont confrontés à ce genre de détournement de fonds mais dans l’ensemble, les députés cherchent par tous les moyens à récupérer leur argent dépensé lors des campagnes puisque les campagnes sont financées de leurs poches ou grâces à des parrains. Il faut reconnaître que les règlements intérieurs ne suffisent pas et la justice est confrontée à l’immunité parlementaire. Les commissions de contrôle financier présentes dans les tous les parlements, souffrent de laxisme et favoritisme laissant libre cour aux comportements vicieux.

Passivité des autres parties prenantes

Les citoyens ont leur part de responsabilité quand il s’agit de la compétence et du caractère véreux des hommes qu’ils choisissent pour les représenter. Les électeurs africains ont tendance à élire les candidats qui appartiennent à leurs clans ou groupes ethniques sans s’intéresser à leurs programmes politiques. Et puisque beaucoup d’électeurs demeurent moins instruits ou ignorent simplement l’importance des législatives dans la vie de leurs États, ils ne savent pas qui, parmi les candidats, incarne au mieux leurs aspirations. Quant aux citoyens les plus avertis, ils se demandent à quoi sert de voter si les résultats sont connus d’avance. Les candidats à la députation profitent de cette ignorance et/ou résignation pour manipuler les électeurs.

Les médias et la société civile quant à eux ont une responsabilité importante. Investis d’une mission d’éveilleurs de conscience, ils se laissent entrainer dans le jeu politique et se mettent aux services des politiciens. Ils manipulent l’information et livrent aux citoyens de fausses promesses et mensonges qui permettent aux politiciens de se positionner comme des saints sauveurs aux yeux de la population.

En somme, les dysfonctionnements dans les parlements africains sont nombreux et s’ils sont liés à la personnalité des élus, il faut aussi admettre que les règles du jeux qui gouvernent la vie politique expliquent en grande partie la crise de confiance qui oppose le parlementaire africain à son électorat.Narcisse Oredje, blogueur tchadien.Article publié en collaboration avec Libre Afrique.

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Football - Coupe de la Confédération - La Cnaps Sport évite le pire

Reversée en 16e de finale de la Coupe de la Confédération de la Caf, après son élimination au 2e tour de la ligue des champions, la Cnaps Sport a évité de justesse le pire samedi sur son terrain de Vontovorona. Là où elle a accueilli pour le compte du match-aller la formation angolaise de Recreativo Deportivo. La confrontation entre les deux équipes s’est soldée sur un score de parité d’un but. Le public venu assister à la rencontre a été à deux doigts de rentrer la tête basse dans la mesure où, à la fin du temps réglementaire, le score board indiquait un but d’avance en faveur de l’équipe visiteuse.

Ce n’est que dans le temps additionnel que Njiva, l’attaquant international malagasy, a réussi à marquer le but égalisateur permettant aux spectateurs locaux ainsi qu’au camp de la Cnaps Sport de pousser un ouf de soulagement. Une seconde défaite successive en un mois des champions de Madagascar aurait donné un coup de massue sur la tête des amoureux de la balle ronde malagasy, revigorés pourtant par le beau succès à domicile de leur équipe nationale face au Sao Tomé-et-Principe. Samedi, l’équipe angolaise qui est loin toutefois d’être un foudre de guerre a ouvert la marque à la 67e minute. C’est l’œuvre de Julsy Boukama Kaya qui, à la suite d’une attaque pas très dangereuse de son équipe, se trouvait comme par hasard seul devant le portier malagasy, Jolce. Malgré une prestation irréprochable auparavant, celui-ci a dû s’avouer vaincu face à ce «  un contre un » et encaisse du coup son premier but dans un match international. Jolce a en effet disputé samedi sa toute première rencontre continentale et ce du « forfait volontaire » de Leda qui apparemment ne s’est pas encore remis des critiques acerbes sans fondement  à son endroit lancées par des spectateurs à l’issue du match contre le Coton Sports du Cameroun. Après cette ouverture de la marque, une douche froide pour les Malagasy, la Cnaps Sport se ruait à l’attaque. Mais comme les innombrables tentatives durant la première période, elles sont rendues vaines soit par le gardien de but angolais, soit par les finitions qui laissent à désirer. La Cnaps Sport a eu en effet au moins cinq fois l’occasion d’ouvrir le score et de l’alourdir mais le réalisme lui a fait cruellement défaut. Il a fallu le raid solitaire perpétré par Njiva dans le temps additionnel pour que l’abnégation soit enfin couronnée de succès. Après avoir passé en revue trois défenseurs angolais, l’homme du match du côté de la Cnaps Sport, adressait un tir dont il a le secret pour marquer le but égalisateur.Un résultat nul qui compromet la chance, sans pour autant l’annihiler, de la Cnaps Sport de passer à l’étape suivante. L’absence de quatre titulaires et la pression permanente du public, tels sont entre autres les arguments valables expliquant la prestation en demi-teinte de l’équipe malagasy samedi. Une situation qui ne sera plus de mise à la seconde confrontation à tenir dans quelques jours en Angola, ce qui pourrait ainsi changer la donne. Croisons les doigts.Rata

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Premier prime “G5” - 19 candidats à la prochaine étape

Le premier prime de l’émission de télé-réalité « G5 » s’est tenu samedi dernier au studio Arena à Ivandry.  21 garçons issus des différentes régions de la Grande île, telles qu’Antananarivo, Fianarantsoa, Fénérive Est, Toamasina, Mahajanga, ont participé à cette première étape.

Le show a été entamé par une pièce chorégraphique jouée par les 21 candidats, suivie de la présentation de chacun d’entre eux. La compétition a débuté avec la prestation de Tojo. S’enchaînent ensuite les autres concourants qui ont démontré une séduisante couleur vocale et une grande présence scénique. La plupart des candidats ont choisi d’interpréter les œuvres des grands artistes qui ont connu un succès international, tels que Westlife, Mike Brant, Rock Voisine, ou encore Justin Bieber et Whitney Houston. D’autres ont prêté avec assurance les chansons des artistes locaux tels que Salomon, Shyn… Deux candidats ont quitté l’aventure lors de ce premier prime, à l’instar de Tokiniaina et Tsito. Outre le trac, les membres du jury sont convaincus que l’émotion a démoli la prestation des candidats lors de ce show. Ils ont du mal à cacher leurs émotions, ce qui ne leur a pas permis de changer de voix. Cette première étape a réuni un public ravi et frémi d’aise en voyant le niveau auquel la compétition se jouait. Le jury est composé d’icônes de la musique malagasy, en l’occurrence Anyah, Izit, Tovo J’Hay. Chaque semaine, 2 candidats quittent l’aventure, jusqu’à ce qu’il n’en restera plus que 5. Ces derniers composeront le groupe de « Boys band » G5. Et c’est à partir de là que commencent les choses sérieuses, notamment un tournage des clips en Europe, la production d’un album, ainsi que les tournées nationales et internationales. Le groupe sera parrainé par la chaîne Viva jusqu’à ce qu’il soit capable de voler de ses propres ailes.  Anatra R.

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Salon du chocolat et de la gourmandise - Un évènement à rééditer

Une première dans le pays. Le Salon du chocolat et de la gourmandise qui s’est tenu samedi dernier à l’hôtel Carlton, Anosy, a été courronné de succès. Organisé par l’association caritative « Wednesday Morning Group », cet évènement  a drainé de nombreux visiteurs dès les premières heures de son ouverture. Ladite association se consacre à des activités dédiées aux populations défavorisées. Ce salon permettra d’aider les populations environnantes de l’axe Ankorondrano.

Le chocolat dans tous ses états a été présenté au public. La créativité a aussi été au rendez-vous, notamment avec le coffret poker en chocolat, le coq en chocolat, le savon végétal en chocolat, l’huile de massage au chocolat, le chocolat à tartiner… Foie gras, confiture, miel, sirop, pâte de fruit, pain d’épice… ainsi que les gâteaux et friandises ont également attiré les visiteurs du salon. Misa Ravelojaona, visiteuse, confie : « Personnellement, je suis satisfaite surtout de la possibilité de découvrir le processus de fabrication de chocolat, des produits de qualité qui ont été proposés durant ce salon, ainsi que des dégustations gratuites. La fabrication et la transformation du chocolat se professionnalisent ».  Julien Ramambason, visiteur également, déclare : « Je pense qu’une journée ne suffit pas pour découvrir et apprécier les merveilles du chocolat, surtout que la Grande île est reconnue pour la haute qualité de son cacao. J’estime que le Salon du chocolat devra être organisé périodiquement ».

La garderie pré-scolaire « Kids Academy » avait proposé un atelier de pâtisserie gratuit pour les enfants qui étaient venus au salon. Cette manifestation a permis aux exposants de montrer leur savoir-faire et le résultat de leur recherche dans les domaines de l’agroalimentaire et de la fabrication artisanale de produits alimentaires. Un des stands qui attirait le plus grand nombre de visiteurs était « Candera Formation » qui proposait des ateliers, conseils et formations mensuels en pâtisserie, des techniques en matière de chocolat et en éléments décoratifs, des gateaux individuels en vitrine,… Même les enfants étaient invités à participer à des ateliers durant les vacances. Des partenaires, des acteurs économiques comme Bni Madagascar, Dhl avaient également participé aux expositions à l’hôtel Carlton, Anosy pour soutenir l’évènement.D.H.R.

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Meurtre aux 67ha - Justice populaire évitée

Deux suspects ont été arrêtés. Tel a été l’issue d’un tumulte prenant l’allure d’une tentative de vindicte populaire survenue vers la fin de la matinée d’hier dans le secteur du Commissariat de police, situé dans le quartier des 67ha sud.

Selon l’information reçue, des badauds, composés de plus d’une centaine de personnes, ont réclamé la tête d’un homme qui était placé en garde à vue dans ce Commissariat. Il a été pointé du doigt d’avoir poignardé à mort son voisin de palier, un jeune homme de 17 ans. La colère des manifestants semblait décupler lorsqu’un bruit a circulé que le suspect en question serait un élément des Forces de l’ordre. Une rumeur démentie par l’adjoint du commissaire central hier.  Quant à l’origine du drame, elle aurait pris racine dans une querelle de voisinage liée à l’utilisation en commun de cordes pour faire sécher du linge entre deux habitants. Notre source d’ajouter encore que ce n’est pas la première fois que les deux hommes se sont disputés ainsi.  Ce week-end là, leur hostilité aurait dépassé les bornes car l’un d’eux était allé chez lui pour chercher un couteau dans le but d’utiliser cet objet pour agresser son adversaire. En le voyant se comporter dangereusement ainsi, le jeune homme dont on ignore s’il a un lien de sang avec le chef de famille qui a eu mailles à partir avec son voisin violent, a pris l’initiative de s’interposer entre les protagonistes. Ce qui lui a valu d’être poignardé à la place du père de famille cible. Selon un proche du malheureux jeune homme, la lame effilée du couteau a transpercé un point situé non loin du cœur. Les secours l’ont transporté d’urgence vers l’hôpital. Malheureusement, la victime a rendu l’âme avant même que les médecins aient pu la sauver, son hémorragie étant trop grave.  Devant cette agression barbare, les proches de l’adolescent ont alarmé les riverains tandis que l’agresseur s’est retranché chez lui. Des membres du « fokonolona » ont voulu alors le faire sortir à tout prix de sa maison. Des policiers, alertés à temps, ont vite fait de débarquer sur place et embarquer le suspect. Les riverains n’ont pas décoléré et ils étaient venus en masse devant le Commissariat où le concerné a été placé en garde à vue. Les Forces de l’ordre ont dû expliquer aux  manifestants rassemblés devant le Commissariat que la loi doit être appliquée envers le suspect. Les émeutiers n’ont pas voulu entendre de cette oreille et c’était dans cette atmosphère tendue, électrique et propice à un dérapage que certains d’entre eux ont provoqué la Police. Résultat, trois personnes ont été interpellées et sont placées en garde à vue au Commissariat central de Tsaralalàna tout comme l’auteur de l’agression mortelle.

Franck Roland

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Génération actuelle - Des enfants nés avec le numérique

La génération actuelle, notamment dans le milieu urbain, est celle des selfies et des réseaux sociaux et est considérée comme amoureuse du smartphone. Une nouvelle génération qui a conçu, à elle seule, ses propres normes.  Des normes ? Plutôt des habitudes qui sont devenues conventionnelles. Et ceux qui ne suivent pas cette convention datent de « l’âge de pierre ». Avec les nouvelles technologies, l’adage « tout est possible » a pris son sens. Et elles ont apporté un changement de comportement auprès des individus surtout les « digital natives ». En plus, les smartphones, l’Internet et les réseaux sociaux sont devenus à la portée de tout le monde.

Smartphone, le nouvel ami de tous Avoir un téléphone portable est devenu un besoin primordial. La plupart des gens n’arrivent plus à vivre sans lui. Ces dernières années, les constructeurs ont apporté de nouvelles innovations. Ces nouvelles innovations, attrayantes au début, vont causer des chamboulements massifs. Le premier chamboulement est « l’explosion de la famille ». Une explosion dans le sens où le foyer est devenu un hôtel : les gens ne font plus qu’y dormir et manger. Une explosion dans le sens où chacun est capté par son petit écran et cela l’empêche de voir ce qui l’entoure. Et le slogan familial est devenu : « chacun pour soi ». Le deuxième bouleversement est l’excès de dépenses parce qu’un smartphone coûte cher. Et ces « enfants du XXIe siècle » arrivent à faire dépenser des sommes folles à leurs parents pour arriver à leurs fins. « Ma fille m’a fait dépenser bien plus de 500 000 ariary pour l’achat de son dernier téléphone », témoigne un père de famille. Et pour eux, le prix en vaut la peine parce qu’avec ce smartphone, ils pourront tout faire : des selfies délirantes jusqu’aux discussions instantanées sur « Messenger ». Le dernier chamboulement est ce besoin d’immortaliser chaque moment avec son smartphone. Un besoin emprisonnant qui empêche la personne de savourer le moment présent et de le vivre. Réseaux sociaux, la voie menant vers la mondialisation Avec un smartphone, « tout est possible ». Avec les réseaux sociaux aussi. Le premier but des réseaux sociaux est de rapprocher ceux qui sont éloignés. C’est véridique mais en même temps, ils éloignent ceux qui sont proches. « Mon fils me parle moins depuis qu’il a son nouveau téléphone. Il reste figé sur son écran... Il ne me dit même plus bonjour le matin ! », confie une mère. Les réseaux sociaux absorbent les adeptes dans leur bulle qui les détache de la réalité. Et quand ils sont bien dissociés, ces adeptes commencent à tout inventer. Inventer un nouveau monde, une nouvelle vie, une nouvelle personnalité et même un nouveau visage. Mentir devient facile, vu que personne ne peut le vérifier. Et le film « Selfie # Salle fille » d’Anjara Rasoanaivo reflète toutes les inventions qui peuvent se faire sur les réseaux sociaux. Ce film raconte l’histoire d’une lycénne qui fait croire à tout le monde qu’elle était enceinte juste pour se venger du garçon qui a joué avec ses sentiments. Pour bien frapper sa cible, elle use des réseaux sociaux. Une fiction proche de la réalité. Cette nouvelle génération se croit intouchable dans sa bulle. Pourtant, la vérité finit toujours par se savoir. D’un autre côté aussi, les réseaux sociaux sont des plateformes d’exhibition. Une exhibition des possessions, des émotions et même de la personne. Ces « jeunes » finissent par ne plus avoir de vie privée. Avec leurs « selfies », cette manie de se prendre en photo à chaque activité qu’ils font et de s’en presser à la publier sur « Facebook » ou sur « Instagram ». Sur les réseaux sociaux, « être en couple » ou « célibataire » est devenu si simple pour un adolescent de 15 ans. Les jeunes deviennent ainsi un livre ouvert pour tout le monde et des proies faciles pour les prédateurs. Rova R.

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Fête de Pâques - Pas de budget spécial !

Les acheteurs se font rares dans les marchés d’Antananarivo à l’approche de la fête de Pâques. Le faible pouvoir d’achat en est la véritable raison. On se demande ainsi, où vont passer toutes ces marchandises étalées sur toutes les rues de la Capitale ?

Les Tananariviens sont nombreux à venir au marché mais ne sont là que pour demander le prix ou faire du lèche-vitrine comme on dit. « Nous nous posons la question quand est-ce qu’ils vont passer à l’achat », dixit un marchand au sein du pavillon d’Analakely. Le maigre salaire ne répond plus à tous les besoins. Entre autres, le budget alloué pour une telle fête n’est plus d’ordre pour les ménages malagasy en ces temps-ci.  Le prix des produits de première nécessité (Ppn) est en hausse, à savoir celui du riz qui a dépassé la barre de 2 000 ariary le kilo. Toutefois, la fête de Pâques ne demande pas de nouveaux habits ou encore des jouets, pas comme celle de la Nativité, mais au moins des œufs de Pâques. 

Selon Voahirana, une mère de famille employée dans une petite société d’imprimerie, le week-end pascal va être comme tous les autres week-ends. « Outre le dimanche, notre dépense journalière ne dépasse jamais de 5 000 ariary, un budget attribué à 4 personnes dont deux sont des enfants ». « Je me tourne la cervelle, actuellement : où devrai- je trouver de l’argent pour que ma famille mange à sa faim pour cette fête de Pâques », continue-t-elle. C’est une fête chrétienne, mais avant tout une fête « commerciale » comme tant d’autres. Les Malagasy ont tendance actuellement à oublier le fait qu’il s’agit de la résurrection du Christ.

Kanto R.

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Autisme, l’ignoré !

Pour les profanes, l’autisme se définit comme « un trouble du développement neurologique caractérisé par une altération des interactions sociales (repli pathologique sur soi), de la communication (langage) et du comportement » (Larousse, 2015). Donc, c’est une maladie comme une autre ! Elle peut se traduire, en allant plus loin, par un rejet des réalités qui poussent les personnes atteintes à refuser tout contact extérieur et surtout d’écouter quiconque. Une maladie qui se traite comme d’autres !

Par les temps qui courent, à l’échelle mondiale et vu les dégradations avancées des conditions sociales et économiques dans les pays à problèmes du Sud, l’autisme a tendance à se propager. On chiffre actuellement un autiste sur 150 habitants. C’est gravement énorme ! Raison pour laquelle, l’Organisation des Nations unies (Onu) a décrété une Journée mondiale sur l’autisme chaque année le 2 avril, et cela, pour sensibiliser les communautés locales, les sociétés civiles, les parents et particulièrement les pouvoirs politiques sur le danger que représente chez l’homme cette maladie… ignorée et qui attaque, souvent, dès le jeune âge. Une maladie qui requiert des traitements et soins spécifiques ou appropriés exigeant, en amont et en aval, des dispositions particulières vis-à-vis de la société et une politique bien définie venant de l’Etat. A Madagascar, la maladie liée au trouble du développement neurologique telle qu’elle est définie chez l’autisme existe bel et bien. Elle touche, en grande partie, les enfants. Seulement, la maladie est totalement ignorée ou oubliée. L’Etat, de par le ministère de la Santé publique, ne fait pas grand cas de l’autisme à Madagascar. En tant que maladie, l’autisme ne figure pas dans les actions officielles bénéficiant l’attention des responsables ni la priorité de l’Etat. En amont, il n’existe pas une structure de formation académique relative à la maladie. Ainsi, en aval, le pays ne dispose aucun médecin spécialisé en la matière. Certes, on mise, en ce moment, à l’installation d’un centre spécialisé. Dès lors que la maladie se manifeste, notamment chez les tout-petits, les parents éprouvent les difficultés inimaginables. On bute à tous les coups aux mauvais diagnostics et donc aux traitements inappropriés et… coûteux. D’où la panique générale ! Les parents déplorent, surtout, l’absence du souci des responsables étatiques sur cette maladie dont les impacts affectent, sérieusement, sur le développement de l’homme, en particulier, et du pays en général. Au sein de la communauté, les enfants autistes sont mal compris et dans les écoles, indésirables ! Et on laisse, iniquement, les parents se débrouiller seuls, à leurs propres comptes, devant la gravité de la situation. Aucune prise en charge du ministère de tutelle n’est prévue jusqu’à présent. Les enfants autistes de la Grande île seraient-ils les oubliés de la République ? Il n’appartient nullement aux parents, les contribuables, de réfléchir sur la mise en place des structures de formation des praticiens aptes à traiter de façon adéquate la maladie. C’est un devoir ou une attribution tacite qui relève de la compétence intrinsèque de l’Etat. A moins qu’il démissionne de la charge qui, en fait, lui est normalement confiée. L’Etat n’a aucune échappatoire crédible, aucun motif pour se défiler, il doit obligatoirement s’y mettre ou s’y démettre. Les ratages et les manquements du régime dont les effets pervers nuisent au pays perdurent. Jusqu’où pourrait-on encore endurer ce régime ?

Ndrianaivo

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Pourquoi les parlements africains sont-ils inefficaces ?

Surfacturation de l’entretien de 200 véhicules des parlementaires sénégalais ; détournement d’environ 1,965 milliards d’Ariary à Madagascar ; sénat budgétivore et inutile au Sénégal, etc. Ces dysfonctionnements mettent à mal les parlements africains, tribunes d’expression des peuples. Mais face aux différentes crises que traversent l’Afrique et face à ces dysfonctionnements préjudiciables aux citoyens, doit-on pointer du doigt les seuls parlements ?

Absentéisme

Sur 217 députés que compte le parlement tunisien, seuls trois ont pris part à toutes les sessions selon le rapport d’octobre 2016 de l’ONG Al-Bawsala qui veille sur la transparence politique, les travaux législatif et exécutif. Malheureusement, l’assiduité et l’absentéisme des députés sont encouragés par l’ambigüité et la contradiction des textes, d’une part, et le manque de dévouement des députés eux-mêmes d’autre part. Au Burkina Faso, par exemple, la présence des élus aux plénières est obligatoire selon le règlement intérieur, mais les mêmes textes autorisent les votes par délégation, ce qui incite à l’absentéisme des élus et rend difficile de sanctionner les absents.

Improductivité

La productivité des députés est un autre problème puisqu’une fois élus, ils prennent leurs postes pour acquis et pensent qu’ils ne doivent rendre compte à personne. Ils ne proposent rien ou presque, et même quand des propositions de lois sont faites par l’Exécutif, ils ne prennent pas la peine de les étudier. C’est le cas du code pastoral au Tchad en 2014. Ce problème de productivité s’explique aussi par le cumul de fonctions. Au Burkina Faso, par exemple, l’incompatibilité du mandat parlementaire avec d’autres fonctions ne touche que les fonctions publiques ou parapubliques. Or, beaucoup de députés sont des hommes d’affaires ou des chefs d’entreprises toujours occupés. Ce cumul empêche les élus de se concentrer sur leurs missions parlementaires ce qui compromet leur productivité.

Incompétence

Autre problème, les députés ne s’investissent pas dans les débats qui précèdent les votes par manque de motivation ou de compétences. Quand c’est pour le peuple qu’il faut agir, peu de députés sont prêts à le faire parce qu’ils sont soit des hommes d’affaires qui agissent pour leurs compte ou de simples vautours qui visent les avantages qu’offre le poste. Il y a aussi la question des compétences. En Côte d’Ivoire, les articles 70 et 71 du code électoral qui définissent l’éligibilité des candidats à la députation ne parlent aucunement du niveau d’instruction des futurs députés. Ceci laisse libre champ aux personnes peu compétentes d’accéder à des responsabilités sans les qualifications requises.

Opportunisme

Les récentes sénatoriales en Côte d’Ivoire montrent qu’en Afrique, les représentants des citoyens sont beaucoup plus des pions parrainés par des hauts cadres politiques ou du monde des affaires qui souhaitent contrôler la scène politique. Sur soixante six sièges, la coalition menée par le pouvoir en a remporté cinquante. En sus, 33 autres sénateurs seront nommés directement par le président Ouattara, ce qui lui donne une mainmise absolue sur l’institution. Pour ce genre de représentants, l’intérêt du peuple devrait passer après celui du parrain. La minorité opposante est considérée comme ennemi, donc toutes ses propositions seront annihilées quelle que soit leur pertinence. C’est le cas en RDC où Aubin Minaku, président de l’Assemblée Nationale, cadre de la majorité présidentielle, bloque toutes les initiatives de l’opposition laissant seulement celles de son groupe parlementaire.

En septembre 2016, au Mali cette fois, quatre députés du RPM du président IBK ont rejoint l’ADP Maliba, qui a lui aussi quitté la majorité présidentielle. S’ils déplorent la politique de IBK qui ne répond plus à leurs aspirations, le fait qu’ils aient rallié le parti de Aliou Diallo, principal soutien financier de la campagne de IBK, laisse entrevoir des zones d’ombres. Ces députés visent de nombreux avantages que peut offrir le parti de l’homme d’affaires qui, à son tour, orchestre ces défections pour affaiblir le camp d’IBK. Ces députés renforcent ainsi ses prétentions présidentielles. Plusieurs Assemblées Nationales souffrent de cette transhumance parlementaire. Si les pays comme le Maroc, ont entamé un combat contre cette pratique, la majorité des pays africains n’y arrivent pas. Les textes prévoient généralement la destitution du député transhumant mais l’ambigüité des textes empêche leur application.

Corruption

L’autre problème majeur est la corruption. En juillet 2017, les députés de la RD Congo ont reçu chacun environ 31.000 dollars en guise de primes de départ à la fin de leur mandat. Mais presque une année après, ils continuent à légiférer en toute quiétude et refusent en plus de rembourser la somme perçue. Comme en RDC, beaucoup de parlements sont confrontés à ce genre de détournement de fonds mais dans l’ensemble, les députés cherchent par tous les moyens à récupérer leur argent dépensé lors des campagnes puisque les campagnes sont financées de leurs poches ou grâces à des parrains. Il faut reconnaître que les règlements intérieurs ne suffisent pas et la justice est confrontée à l’immunité parlementaire. Les commissions de contrôle financier présentes dans les tous les parlements, souffrent de laxisme et favoritisme laissant libre cour aux comportements vicieux.

Passivité des autres parties prenantes

Les citoyens ont leur part de responsabilité quand il s’agit de la compétence et du caractère véreux des hommes qu’ils choisissent pour les représenter. Les électeurs africains ont tendance à élire les candidats qui appartiennent à leurs clans ou groupes ethniques sans s’intéresser à leurs programmes politiques. Et puisque beaucoup d’électeurs demeurent moins instruits ou ignorent simplement l’importance des législatives dans la vie de leurs États, ils ne savent pas qui, parmi les candidats, incarne au mieux leurs aspirations. Quant aux citoyens les plus avertis, ils se demandent à quoi sert de voter si les résultats sont connus d’avance. Les candidats à la députation profitent de cette ignorance et/ou résignation pour manipuler les électeurs.

Les médias et la société civile quant à eux ont une responsabilité importante. Investis d’une mission d’éveilleurs de conscience, ils se laissent entrainer dans le jeu politique et se mettent aux services des politiciens. Ils manipulent l’information et livrent aux citoyens de fausses promesses et mensonges qui permettent aux politiciens de se positionner comme des saints sauveurs aux yeux de la population.

En somme, les dysfonctionnements dans les parlements africains sont nombreux et s’ils sont liés à la personnalité des élus, il faut aussi admettre que les règles du jeux qui gouvernent la vie politique expliquent en grande partie la crise de confiance qui oppose le parlementaire africain à son électorat.Narcisse Oredje, blogueur tchadien.Article publié en collaboration avec Libre Afrique.

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Pourquoi les parlements africains sont-ils inefficaces ?

Surfacturation de l’entretien de 200 véhicules des parlementaires sénégalais ; détournement d’environ 1,965 milliards d’Ariary à Madagascar ; sénat budgétivore et inutile au Sénégal, etc. Ces dysfonctionnements mettent à mal les parlements africains, tribunes d’expression des peuples. Mais face aux différentes crises que traversent l’Afrique et face à ces dysfonctionnements préjudiciables aux citoyens, doit-on pointer du doigt les seuls parlements ?

Absentéisme

Sur 217 députés que compte le parlement tunisien, seuls trois ont pris part à toutes les sessions selon le rapport d’octobre 2016 de l’ONG Al-Bawsala qui veille sur la transparence politique, les travaux législatif et exécutif. Malheureusement, l’assiduité et l’absentéisme des députés sont encouragés par l’ambigüité et la contradiction des textes, d’une part, et le manque de dévouement des députés eux-mêmes d’autre part. Au Burkina Faso, par exemple, la présence des élus aux plénières est obligatoire selon le règlement intérieur, mais les mêmes textes autorisent les votes par délégation, ce qui incite à l’absentéisme des élus et rend difficile de sanctionner les absents.

Improductivité

La productivité des députés est un autre problème puisqu’une fois élus, ils prennent leurs postes pour acquis et pensent qu’ils ne doivent rendre compte à personne. Ils ne proposent rien ou presque, et même quand des propositions de lois sont faites par l’Exécutif, ils ne prennent pas la peine de les étudier. C’est le cas du code pastoral au Tchad en 2014. Ce problème de productivité s’explique aussi par le cumul de fonctions. Au Burkina Faso, par exemple, l’incompatibilité du mandat parlementaire avec d’autres fonctions ne touche que les fonctions publiques ou parapubliques. Or, beaucoup de députés sont des hommes d’affaires ou des chefs d’entreprises toujours occupés. Ce cumul empêche les élus de se concentrer sur leurs missions parlementaires ce qui compromet leur productivité.

Incompétence

Autre problème, les députés ne s’investissent pas dans les débats qui précèdent les votes par manque de motivation ou de compétences. Quand c’est pour le peuple qu’il faut agir, peu de députés sont prêts à le faire parce qu’ils sont soit des hommes d’affaires qui agissent pour leurs compte ou de simples vautours qui visent les avantages qu’offre le poste. Il y a aussi la question des compétences. En Côte d’Ivoire, les articles 70 et 71 du code électoral qui définissent l’éligibilité des candidats à la députation ne parlent aucunement du niveau d’instruction des futurs députés. Ceci laisse libre champ aux personnes peu compétentes d’accéder à des responsabilités sans les qualifications requises.

Opportunisme

Les récentes sénatoriales en Côte d’Ivoire montrent qu’en Afrique, les représentants des citoyens sont beaucoup plus des pions parrainés par des hauts cadres politiques ou du monde des affaires qui souhaitent contrôler la scène politique. Sur soixante six sièges, la coalition menée par le pouvoir en a remporté cinquante. En sus, 33 autres sénateurs seront nommés directement par le président Ouattara, ce qui lui donne une mainmise absolue sur l’institution. Pour ce genre de représentants, l’intérêt du peuple devrait passer après celui du parrain. La minorité opposante est considérée comme ennemi, donc toutes ses propositions seront annihilées quelle que soit leur pertinence. C’est le cas en RDC où Aubin Minaku, président de l’Assemblée Nationale, cadre de la majorité présidentielle, bloque toutes les initiatives de l’opposition laissant seulement celles de son groupe parlementaire.

En septembre 2016, au Mali cette fois, quatre députés du RPM du président IBK ont rejoint l’ADP Maliba, qui a lui aussi quitté la majorité présidentielle. S’ils déplorent la politique de IBK qui ne répond plus à leurs aspirations, le fait qu’ils aient rallié le parti de Aliou Diallo, principal soutien financier de la campagne de IBK, laisse entrevoir des zones d’ombres. Ces députés visent de nombreux avantages que peut offrir le parti de l’homme d’affaires qui, à son tour, orchestre ces défections pour affaiblir le camp d’IBK. Ces députés renforcent ainsi ses prétentions présidentielles. Plusieurs Assemblées Nationales souffrent de cette transhumance parlementaire. Si les pays comme le Maroc, ont entamé un combat contre cette pratique, la majorité des pays africains n’y arrivent pas. Les textes prévoient généralement la destitution du député transhumant mais l’ambigüité des textes empêche leur application.

Corruption

L’autre problème majeur est la corruption. En juillet 2017, les députés de la RD Congo ont reçu chacun environ 31.000 dollars en guise de primes de départ à la fin de leur mandat. Mais presque une année après, ils continuent à légiférer en toute quiétude et refusent en plus de rembourser la somme perçue. Comme en RDC, beaucoup de parlements sont confrontés à ce genre de détournement de fonds mais dans l’ensemble, les députés cherchent par tous les moyens à récupérer leur argent dépensé lors des campagnes puisque les campagnes sont financées de leurs poches ou grâces à des parrains. Il faut reconnaître que les règlements intérieurs ne suffisent pas et la justice est confrontée à l’immunité parlementaire. Les commissions de contrôle financier présentes dans les tous les parlements, souffrent de laxisme et favoritisme laissant libre cour aux comportements vicieux.

Passivité des autres parties prenantes

Les citoyens ont leur part de responsabilité quand il s’agit de la compétence et du caractère véreux des hommes qu’ils choisissent pour les représenter. Les électeurs africains ont tendance à élire les candidats qui appartiennent à leurs clans ou groupes ethniques sans s’intéresser à leurs programmes politiques. Et puisque beaucoup d’électeurs demeurent moins instruits ou ignorent simplement l’importance des législatives dans la vie de leurs États, ils ne savent pas qui, parmi les candidats, incarne au mieux leurs aspirations. Quant aux citoyens les plus avertis, ils se demandent à quoi sert de voter si les résultats sont connus d’avance. Les candidats à la députation profitent de cette ignorance et/ou résignation pour manipuler les électeurs.

Les médias et la société civile quant à eux ont une responsabilité importante. Investis d’une mission d’éveilleurs de conscience, ils se laissent entrainer dans le jeu politique et se mettent aux services des politiciens. Ils manipulent l’information et livrent aux citoyens de fausses promesses et mensonges qui permettent aux politiciens de se positionner comme des saints sauveurs aux yeux de la population.

En somme, les dysfonctionnements dans les parlements africains sont nombreux et s’ils sont liés à la personnalité des élus, il faut aussi admettre que les règles du jeux qui gouvernent la vie politique expliquent en grande partie la crise de confiance qui oppose le parlementaire africain à son électorat.Narcisse Oredje, blogueur tchadien.Article publié en collaboration avec Libre Afrique.

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Punaise !

Naviguer à vue en eau trouble ! C’est le ressenti de quelques observateurs en suivant l’actualité et la manière dont le régime se démène pour maintenir la barre de l’émergence. Le moins pire a certes triomphé mais il ne donne pas l’impression d’être sûr qu’il a gagné l’assentiment autant de la communauté internationale que celle de tous ses compatriotes -quand bien même son rival l’a félicité et que les 34 autres ne se sont guère déclaré opposants. Il faut dire que l’insécurité demeure un gros problème car elle est partout en dépit des politiques et stratégies déployées par les forces de l’ordre et de l’armée. Les malfaiteurs s’ingénient jusqu’à défier toutes les tactiques et manœuvres des forces de maintien et de rétablissement de l’ordre. Et cela a de nouveau abouti à la reprise des vindictes populaires. A tout cela s’ajoute les cataclysmes et catastrophes naturels. Inondations par-ci, éboulements meurtriers par-là ; mais faits nouveaux et pire pour les habitants de douze (12) fokontany de la commune rurale de Mandritsara, l’invasion de punaises et de puces. Le maire de cette commune appelle au secours car les punaises et les puces y font des ravages qui font fuir les populations dans les champs pour y passer la nuit. Dans la capitale, les ultimatums des syndicats en tout genre font peser une menace de paralysie. Contre toutes attentes et de manière spontanée, les bidons jaunes -et non les gilets jaunes, ont paralysé la circulation à Tsiadana sur la route vers l’université d’Antananarivo. Un peu comme les réactions en son temps des habitants environnant Ampasika et 67ha qui sont descendus dans la rue pour contester les coupures durables de courant, les abonnés et usagers de l’eau ont aligné les bidons jaunes et les « baramba » dans la rue deux heures durant vendredi 5 avril dernier. Pendant ce temps, à l’université d’Ankatso, les enseignants membres du SECES section Antananarivo martèle qu’ils poursuivront leur grève qui aura duré déjà quatre semaines, tant que le président de la République et le Premier ministre ne veuillent les accueillir et prendre en compte leurs revendications avec leurs propositions de solution.

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Les policiers de Maroantsetra remplacés

Le ministère de la Sécurité publique, lors d’une conférence de presse hier, a annoncé le remplacement de tous les éléments de la police postés dans la ville de Maroantsetra. Suite aux échauffourées qui se sont produites ce week-end. L’ouverture d’une enquête interne et les possibilités de sanctions disciplinaires sont également évoquées.

De son côté, le Premier ministre, Christian Ntsay reste catégorique sur l’interdiction de la vindicte populaire. Il a par ailleurs martelé que la corruption règne auprès de l’administration publique. Cela se fait notamment ressentir auprès des forces de l’ordre et du service des domaines, indique-t-il, pour certainement lancer une pique à l’endroit du personnel du service des domaines qui menacent de bloquer l’administration ces derniers temps.

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Des solutions d’urgence pour résoudre les problèmes d’approvisionnement d’eau à Tanà

Quelques responsables techniques issus du ministère de l’Energie, de l’eau et des hydrocarbures et de la Jirama se sont réunis au palais de Mahazoarivo hier, sous l’initiative du Premier ministre. L’objectif est d’étudier et analyser ensemble les problèmes d’approvisionnement en eau dans le pays pour trouver des solutions adéquates.

Pour la ville d’Antananarivo, Christian Ntsay a déclaré que le gouvernement va voir des solutions d’urgences et applicables dans l’immédiat. Il est temps, dit-il, de s’investir dans la production en eau potable qui débuterait très prochainement. Il a rappelé, qu’aucun investissement n’a été réalisé depuis 15 ans, d’où le problème lié à l’insuffisance d’approvisionnement en eau dans la capitale et qui devient de plus en plus récurrent ces derniers temps.

Dans cette optique, les responsables techniques auprès du ministère de l’Énergie, de l’eau et des hydrocarbures ont proposé une étude du point d’eau de la rivière d’Ampasimbe à Antananarivo-Avaradrano. Christian Ntsay explique que l’exploitation de la rivière d’Ikopa au niveau du By Pass est aussi plus adéquat, pour solutionner dans l’immédiat le problème d’approvisionnement dans le secteur Est d’Antananarivo.Le premier ministre a également parlé de l’alternative du système de forage au niveau d’Itaosy et d’Ambohidrapeto. Ces projets seront financés par le fonds propre de l’État, et figureront dans la loi de Finances rectificative, pour que les actions du gouvernement aient un impact direct sur le quotidien de la population, soutient-il.

Depuis quelques jours, des habitants de plusieurs quartiers de la capitale comme dans le quartier de Tsiadana ou Itaosy, ont commencé à hausser le ton suite aux problèmes d’approvisionnement en eau qui ne sont pas résolus depuis plusieurs mois.

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Punaise !

Naviguer à vue en eau trouble ! C’est le ressenti de quelques observateurs en suivant l’actualité et la manière dont le régime se démène pour maintenir la barre de l’émergence. Le moins pire a certes triomphé mais il ne donne pas l’impression d’être sûr qu’il a gagné l’assentiment autant de la communauté internationale que celle de tous ses compatriotes -quand bien même son rival l’a félicité et que les 34 autres ne se sont guère déclaré opposants. Il faut dire que l’insécurité demeure un gros problème car elle est partout en dépit des politiques et stratégies déployées par les forces de l’ordre et de l’armée. Les malfaiteurs s’ingénient jusqu’à défier toutes les tactiques et manœuvres des forces de maintien et de rétablissement de l’ordre. Et cela a de nouveau abouti à la reprise des vindictes populaires. A tout cela s’ajoute les cataclysmes et catastrophes naturels. Inondations par-ci, éboulements meurtriers par-là ; mais faits nouveaux et pire pour les habitants de douze (12) fokontany de la commune rurale de Mandritsara, l’invasion de punaises et de puces. Le maire de cette commune appelle au secours car les punaises et les puces y font des ravages qui font fuir les populations dans les champs pour y passer la nuit. Dans la capitale, les ultimatums des syndicats en tout genre font peser une menace de paralysie. Contre toutes attentes et de manière spontanée, les bidons jaunes -et non les gilets jaunes, ont paralysé la circulation à Tsiadana sur la route vers l’université d’Antananarivo. Un peu comme les réactions en son temps des habitants environnant Ampasika et 67ha qui sont descendus dans la rue pour contester les coupures durables de courant, les abonnés et usagers de l’eau ont aligné les bidons jaunes et les « baramba » dans la rue deux heures durant vendredi 5 avril dernier. Pendant ce temps, à l’université d’Ankatso, les enseignants membres du SECES section Antananarivo martèle qu’ils poursuivront leur grève qui aura duré déjà quatre semaines, tant que le président de la République et le Premier ministre ne veuillent les accueillir et prendre en compte leurs revendications avec leurs propositions de solution.

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Punaise !

Naviguer à vue en eau trouble ! C’est le ressenti de quelques observateurs en suivant l’actualité et la manière dont le régime se démène pour maintenir la barre de l’émergence. Le moins pire a certes triomphé mais il ne donne pas l’impression d’être sûr qu’il a gagné l’assentiment autant de la communauté internationale que celle de tous ses compatriotes -quand bien même son rival l’a félicité et que les 34 autres ne se sont guère déclaré opposants. Il faut dire que l’insécurité demeure un gros problème car elle est partout en dépit des politiques et stratégies déployées par les forces de l’ordre et de l’armée. Les malfaiteurs s’ingénient jusqu’à défier toutes les tactiques et manœuvres des forces de maintien et de rétablissement de l’ordre. Et cela a de nouveau abouti à la reprise des vindictes populaires. A tout cela s’ajoute les cataclysmes et catastrophes naturels. Inondations par-ci, éboulements meurtriers par-là ; mais faits nouveaux et pire pour les habitants de douze (12) fokontany de la commune rurale de Mandritsara, l’invasion de punaises et de puces. Le maire de cette commune appelle au secours car les punaises et les puces y font des ravages qui font fuir les populations dans les champs pour y passer la nuit. Dans la capitale, les ultimatums des syndicats en tout genre font peser une menace de paralysie. Contre toutes attentes et de manière spontanée, les bidons jaunes -et non les gilets jaunes, ont paralysé la circulation à Tsiadana sur la route vers l’université d’Antananarivo. Un peu comme les réactions en son temps des habitants environnant Ampasika et 67ha qui sont descendus dans la rue pour contester les coupures durables de courant, les abonnés et usagers de l’eau ont aligné les bidons jaunes et les « baramba » dans la rue deux heures durant vendredi 5 avril dernier. Pendant ce temps, à l’université d’Ankatso, les enseignants membres du SECES section Antananarivo martèle qu’ils poursuivront leur grève qui aura duré déjà quatre semaines, tant que le président de la République et le Premier ministre ne veuillent les accueillir et prendre en compte leurs revendications avec leurs propositions de solution.

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Didier Ratsiraka offre sa pension de retraite pour la lutte contre le coronavirus

L’ancien président de la République, Didier Ratsiraka a offert 1 200 000 d’ariary à la brigade d’intervention spéciale qui se met en danger sur le terrain pour lutter contre la propagation du coronavirus. Il a également offert le même montant pour les Centres de santé de base I et II des trois provinces touchées par l’épidémie à savoir Antananarivo, Toamasina et Fianarantsoa. La même somme sera également attribuée à tous les hôpitaux qui prennent en charge les patients du Covid-19 (Anosiala, Befelatanana, HJRA…)

« C’est ma petite contribution pour encourager les forces de l’ordre et les professionnels médicaux qui font le nécessaire pour sauver des vies », a expliqué Didier Ratsiraka. Il a indiqué qu’on ne peut acheter les sacrifices des militaires et de ces personnels soignants. « C’est ma retraite en tant qu’ancien président de la République, pour le mois de mars », affirme-t-il.

L’Amiral retraité a également lancé un appel à la population à faire preuve de solidarité et à respecter les mesures de prévention mises en place. « Restez chez vous », a-t-il déclaré. « Il faut renforcer le confinement, notamment pendant l’hiver, parce que cette maladie risque de s’aggraver pendant la saison froide », lance l’ancien chef de l’État.

Réagissant par rapport à cette contribution de l’ancien président de la République, le chef de l’État en exercice, Andry Rajoelina l’a félicité lors de son émission télévisée de 20h sur la télévision nationale. « C’est le geste qui compte », a-t- il indiqué, avant de préciser qu’il reste en très bonne relation avec l’Amiral retraité. « Il m’appelle au moins tous les deux jours. Il me conseille ce qu’il faudra faire ou éviter par rapport à telle ou telle situation. Il a même offert un baume pour ma femme et moi qu’il conseille d’utiliser pour lutter contre les éventuelles difficultés de respiration », a-t-il indiqué.

Autrement dit, le courant passe très bien entre les deux chefs d’État. Et ce n’était pas étonnant si Didier Ratsiraka a approuvé en totalité les mesures prises par Andry Rajoelina dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus sur le sol malgache. C’est le cas notamment sur la réquisition de tous les médias. « C’est tout à fait normal, parce que nous sommes dans un état d’urgence, il faut contrôler les informations parce qu’elles sont délicates », a-t-il déclaré.

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Une infirmière malgache décédée du Covid-19 en Belgique

Soamaro Françoise, une infirmière malgache d’un centre d’accueil pour personnes âgées dépendantes, en Belgique, a succombé au Covid-19, selon Omer Beriziky, ambassadeur de Madagascar à Bruxelles, sur la page Facebook de l’ambassade, hier.

Elle aurait eu 50 ans le 22 avril prochain et était membre et trésorière de l’association des orateurs malgache (Fikambanan’ny mpikabary Malagasy) ou FIMPIMA a fait savoir cette association.

Avec Soamaro Françoise, trois malgaches installés à l’étranger ont succombé au coronavirus, médecin urgentiste Jean Jacques Razafindranazy le 21 mars à Lille et l’évangéliste, décédé à Paris le 6 avril dernier, Pasteur Vanina Ralitera.