Les actualités Malgaches du Dimanche 06 Août 2017

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Madonline12 partages

Le café de plus en plus cher et de plus en plus rare

Depuis des décennies le café malgache s’exporte très bien. Une partie de la population malgache est, en outre, grande consommatrice de café. Sauf qu’au fil des ans, le contexte a radicalement changé. En matière de production, la Grande Ile est désormais loin derrière les pays d’Amérique latine qui fournissent en des centaines de milliers de tonnes de café par an le marché mondial, pour ne citer que le Mexique avec ces 400 000 tonnes de production.

Madagascar a produit en 2016 moins de 10 000 tonnes de café. Ce qui est insignifiant par rapport à la production mondiale. Dans le classement international, la Grande Ile fait partie ainsi des « petits producteurs ». Un simple incident suffisait pour faire baisser la production et les recettes dans le pays, au cours des dernières années.

Les plantations de Madagascar, notamment sur la partie Sud-est du pays, datent en effet de la période coloniale d’avant 1960. Le vieillissement des plants a conduit à une baisse de la qualité de la production. Sauf que, compte tenu de l’intérêt croissant des autres produits de rente, la majorité des cultivateurs ont opté pour d’autres cultures comme le girofle et la vanille.

C’est ainsi qu’en 2009, Madagascar n’a produit qu’un peu moins de 2000 tonnes de café. Le faible rendement par hectare, toujours en raison du vieillissement des plants, y est aussi pour quelque chose. En 2015, le pays a exporté un peu plus de 3000 tonnes de café, contre 10 000 tonnes, dix ans auparavant.

Les acteurs de la filière sont toutefois conscients de la nouvelle opportunité engendrée par la hausse du prix du café alors que la production mondiale ne suit pas le rythme de la consommation. Les planteurs doivent ainsi être sensibilisés, même si c’est une mission difficile puisque les retombées du renouvellement de la plantation ne se feront sentir que dans quelques années.

La conséquence, au niveau national, de cette situation a été la hausse vertigineuse du prix du café. Une augmentation de plus de 100% a été constatée au cours des derniers mois. Le prix du kilo du café, dans la capitale, est passé de 5 000 Ariary à près de 20 000 Ariary sur certains marchés. Quelques grossistes sont à court de stock, et les détaillants en profitent. Toutefois, tant que la filière n’est pas restructurée, en amont, il ne faudrait pas s’attendre à un changement à bref délai.

La Vérité7 partages

Gabegie

Après le départ « volontaire » du ministre des Finances et du Budget, François Gervais Rakotoarimanana, la voie est… libre. Allons-y pour le gaspillage ! Vive la gabegie !Les investissements « hors-circuit », pour ne pas dire « parallèles », désormais pédales libres, vont affluer. La Chine, principal objet de discorde avec l’ancien grand argentier, aurait la marge de manœuvre tant voulue. Et d’autres viendront ! En contrepartie, ils auront les mains libres sur les richesses naturelles du pays. A cinq mois d’entamer la ligne droite, l’année 2018, les « préparatifs » vont bon train. Ce ne sont pas les projets « bidons » qui manquent. A chaque début ou fin des travaux, ce sera l’occasion d’organiser en grande pompe des cérémonies où « tout le monde » est convié.

« Dépenses folles ». Les mots ont été lâchés. Un quotidien de la place se laissait exploser, l’autre fois, la rage en faisant la « une » de sa livraison les bourdes du régime. D’un passé récent, les hauts dignitaires du régime, à commencer par le Chef de l’Etat et son Premier ministre accompagnés de leur épouse respective, les membres du Gouvernement, les deux présidents du Parlement, certains des députés et sénateurs « amis » et les proches collaborateurs ont tous ralliés la cité touristique de Nosy Be. Motif : lancement officiel des travaux d’extension de l’aéroport de Fescène et l’inauguration du Centre « Vonjy », locaux destinés au traitement des enfants victimes de violence dans cette partie de l’île. Tout le monde fit le déplacement, et ce, aux frais de la princesse ! Du gaspillage ! Les dirigeants se livrent à des dépenses sans commune mesure avec les vraies réalités du pays. En dépit des maigres possibilités financières, ils se plaisent à organiser des mondanités dispendieuses. En vrai, l’évènement de Nosy Be ne devrait nécessiter le déplacement d’au plus 10 personnalités : le ministre des Travaux publics et ses proches collaborateurs (5 personnes) et la délégation dirigée par la Première dame et son entourage (5 personnes). Et le tour est joué !S’il existe une chose où ni les observateurs ni le simple citoyen n’ont jamais pu saisir les contours réside à cette tendance démesurée de nos barons à s’octroyer des occasions nécessitant des dépenses folles. Décidément, la notion d’austérité leur échappe totalement.Au départ, il a été prévu de faire venir à Nosy Be tous les responsables de l’Administration territoriale et ceux en charge de la Défense et de la Sécurité du pays pour une grande réunion, en états généraux, aux fins de débattre avec le Gouvernement cette épineuse question tournant autour de la sécurité. Evidemment, c’est le « tout Madagascar » des hauts responsables qui est concerné. Une « foule immense » à prendre en charge (déplacements, hébergements, restaurations, indemnités diverses, etc.). Le grand patron s’est, finalement, rétracté. Et tous les indésirables, en cours de route, ont dû rebrousser chemin. Certes, l’idée de réunir, autour d’une table, tous les responsables directs de la Nation pour discuter les voies et les moyens  pour éradiquer ce fléau, l’insécurité, n’est pas à remettre en cause. L’initiative tombe pile au besoin urgent du pays ! Cependant, le fait de l’organiser à l’extrême Nord du pays, avec les dépenses occasionnées,  la gabegie suscite l’incompréhension et l’indignation.Ndrianaivo

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Foire de l’économie rurale : Plaidoyer en faveur d’une banque de développement

Cette année, la Foire internationale de l’Economie rurale de Madagascar (FIER-Mada) en est à sa dix-neuvième édition. L’événement a sillonné le temps, tout en continuant à susciter un certain engouement. Du 2 au 7 août 2017, FIER-Mada réunit au stade annexe de Mahamasina quelque 400 stands présentant les divers produits du terroir et les technologies utilisées par les agriculteurs.

Plusieurs milliers de visiteurs se rendent chaque année à la foire qui réunit des acteurs du secteur primaire et des artisans issus de toutes les régions de la Grande Ile.

Dès l’ouverture de la foire, la question concernant la nécessité de promouvoir les financements du secteur agricole a été évoquée. Le président de FIER-Mada, Jacques Ramanantsoa, est catégorique : « Sans banque de développement, le milieu rural ne pourra progresser que trop lentement », a-t-il spécifié.

Les acteurs économiques du milieu rural sont persuadés que la question du financement n’a jamais été suffisamment prise en compte jusqu’à présent. « Des institutions financières offrent divers services dans le milieu rural, depuis des décennies, mais les paysans sont parfois confrontés aux difficultés de remboursement en raison des taux d’intérêt appliqués, et compte tenu du manque d’expérience et de formation dans la gestion de leur projet », affirme, Ferdinand, membre d’une association paysanne de la région Vakinankaratra.

Que ce soit pour s’équiper, ou pour se prendre en charge lors de la période de soudure, les paysans producteurs ont pourtant un besoin croissant de financement. Des initiatives innovatrices ont été mises en œuvre au fil des ans, comme les financements hypothéquant des produits de la ferme et les récoltes, mais elles n’ont pas été appliquées à des échelles importantes. Le besoin de financement est ainsi toujours croissant.

Avec une population rurale dépassant les 70% des habitants de la Grande Ile, le secteur agricole contribue à hauteur de 29% au PIB du pays. Le ministère de l’Agriculture dénote toutefois que la majorité des paysans continuent à pratiquer une agriculture de subsistance. Ce qui a favorisé la stagnation de la production dans la plupart des cas, pour ne citer que celui du riz, principale denrée alimentaire au pays. Professionnalisation, formation et financement constituent ainsi les principaux thèmes évoqués à l’occasion de la nouvelle édition de la Foire de l’économie rurale.