Les actualités à Madagascar du Dimanche 05 Avril 2020

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Antaniavo : Le non-respect du confinement provoque des échauffourées

(Photo fournie)

Hier dans l’après-midi à Antanivao, du côté d’Antohomadinika, l’intervention de la police pour faire respecter les mesures de confinement mises en place par le gouvernement a créé des troubles. Des habitants du quartier sont descendus dans la rue pour manifester leur colère, après avoir constaté qu’un civil a été victime de violences physiques perpétrées par des policiers. Des pneus ont été brulés un peu partout. Heureusement, le calme est revenu en fin d’après-midi suite à la descente de hauts responsables dans la localité. À entendre les explications émanant du service de communication de la Police nationale, un marchand de pommes qui continuait encore son activité durant les heures de confinement imposées a été à l’origine de cette rixe. Il a été prie par les policiers de rentrer chez lui, mais il aurait refusé en affirmant qu’il attendait encore la monnaie que son client devait lui rendre. Ordonné de le faire, le client a répondu avoir déjà payé le marchand. C’est à ce moment qu’une altercation à eu lieu entre les policiers et le client. Ce dernier était alcoolisé et s’est montré menaçant envers ses interlocuteurs. En tant de le maîtriser, les policiers ont blessé le concerné. Des témoins affirment avoir vu qu’il est tombé à terre. Sa tête a été blessée par le trottoir. Selon toujours les informations, son état de santé n’est pas à craindre, après avoir été évacué à l’hôpital où il a reçu les soins nécessaires. Il a pu rejoindre son domicile.

T.M.

 

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Andohatapaneka – Ambohimasina : Chez ces voisins du COVID-19

D’Ambohimasina à Andohatapenaka Andranondambo, ces quartiers et villages se trouvent aux premières loges du nouveau coronavirus. Le quotidien des habitants de ces localités voisines des centres de confinement est fait de va-et-vient du personnel médical, des forces de l’ordre, des proches de confinés… depuis l’entrée de cette pandémie à Madagascar. 

A Andohatapenaka Andranoambo, quand un « étranger », un non-résident du fokontany, s’approche de la ruelle se trouvant derrière l’hôpital Manarapenitra, débouchant sur la route Digue depuis la nouvelle rocade, Hajaniaina Rakotondrabe accourt. Ce dernier est membre du comité de vigilance local. « Dès que j’ai su que les malades y étaient gardés, je n’ose plus passer par ce chemin de traverse. J’ai des responsabilités mais je suis également humain. Le coronavirus n’est en aucun cas une blague », lance-t-il. Après quelques hésitations, il décide pour la première fois depuis le début du confinement de faire quelques mètres sur ce tronçon de rue.

Le tronçon de rue devenu redouté par les habitants d’Andranoambo, avec au fond à gauche le centre hospitalier d’Andohatapenaka.

Il s’arrête à une trentaine de mètres de la clôture arrière du centre hospitalier, raconte quelques anecdotes et rebrousse chemin. Ce responsable de quartier est bien connu des riverains. Il a été parmi ceux qui ont effectué des campagnes de sensibilisation auprès des habitants après l’installation des contaminés non loin de leurs résidences. C’est également le cas de la maison de Faneva Nantenaina Mampionona, faisant partie de ces voisins du COVID-19. Depuis le portail de sa petite maison, on aperçoit les fenêtres et les murs bleus de l’hôpital. Ses enfants jouent dehors, dans la cour, avant de se confiner à midi. Le père de famille reste cependant aux aguets. « A partir de 12 h, quelques voitures passent mais les passants se font très rare. C’est le moment choisi par les petits voleurs pour prendre quelques têtes de mon élevage de canards ».

Confinement et vol. Dès lors, comme de nombreux éleveurs aux alentours, il fait des petites sorties pour compter ses volailles. « Depuis que le confinement a commencé, j’ai perdu beaucoup de bêtes. Le problème, c’est que je ne m’en rendais compte que le soir », ajoute-t-il. L’après-midi, pour ne pas voir tout son élevage dilapidé, Faneva Nantenaina Mampionona patrouille dehors, plusieurs fois durant quelques minutes. Comme beaucoup, dans le quartier d’Andranoambo, la peur de la maladie est palpable chez lui, d’autant qu’il se trouve aux premières loges. Mais le travail, le pain quotidien, doit être assuré. Son « patron » n’a pas voulu arrêter leur activité. Pour se remonter le moral, il se dit qu’il n’est pas plus exposé que ceux qui habitent loin de ce grand établissement de soin.   

Situé à une vingtaine de kilomètres de là, le complexe culturel et de loisirs de la CNaPS à Vontovorona a aussi servi de centre de confinement pour les passagers des derniers vols ayant atterri avant la fermeture de l’espace aérien malgache. Trois villages entourent, comme les murs d’un château fort, cette vaste infrastructure. Celui de « Jirama », situé un peu en contrebas, en face de la butte où se niche le centre. Celui d’Ambohimasina, un peu plus à l’Est. Et celui d’Ampivelezandrano, en bas fond, avec ses champs fruitiers et ses rizières. « Tous les confinés ont quitté les lieux jeudi dernier [2 avril]. Ils sont arrivés ici durant la nuit. Et sont repartis vers 19h », relate Hajasoa Rakotomaria, un gargotier. La rue en latérite menant vers le complexe passe devant son commerce. 

La bâtisse froide du complexe culturel et de loisirs de la CNaPS à Vontovorona, vidée de ses confinés.

Actes nocturnes. « Nous n’avons su qu’ils étaient là que le lendemain de leur arrivée. Pour leur départ, il y avait plein de minibus, certainement pour emmener les confinés. Des véhicules de l’Organisation mondiale de la santé », continue-t-il. Cependant, la panique n’a pas vraiment gagné les habitants du fokontany. Maintenant que les confinés sont partis, un certain soulagement résonne dans sa voix. Brigitte Besoafiavy, quant à elle, est sans doute la plus soulagée de tout le quartier « Jirama », sa maison n’est séparée que par une rue et une clôture du principal bâtiment où ont été gardés les mis en quarantaine. « Nous les voyions regarder longuement par la fenêtre, la bâtisse était cernée par les forces de l’ordre. Ils se promenaient parfois dehors, mais n’allaient pas bien loin », raconte-t-elle. Sa petite famille a eu la surprise de sa vie le lendemain où les confinés ont débarqué. « Nous nous sommes tout de suite enfermés chez nous, personne ne sortait », en rit-elle maintenant. Et elle d’ajouter : « Parfois, leurs familles venaient leur rendre visite, mais les hommes en treillis étaient très stricts. Il m’a semblé que l’un d’entre eux [des confinés, NDLR] voulait sortir, mais les forces de l’ordre sont intervenues. D’ailleurs, en ayant vu tout le dispositif de sécurité mis en place, mon anxiété s’est un peu atténuée. Et nous avons commencé à mettre le nez dehors, à vaquer à nos occupations ». Elle aussi s’est sentie soulagée quand tout le monde a quitté les lieux jeudi. Outre les gendarmes sympathiques qui gardent le portail d’entrée, un silence lourd règne sur les cours, les aires de promenade du complexe culturel et de loisirs de la CNaPS. Les fenêtres du bâtiment sont toutes ouvertes depuis, comme s’il voulait reprendre son souffle.

Maminirina Rado

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Football - Raux hospitalisé suite à un AVC

Les yeux des férus du sport roi malagasy sont rivés sur l’hôpital militaire (HOMI) de Soavinandriana depuis ce samedi 4 avril. L’assistant coach de Nicolas Dupuis à la CAN 2019, Raux Auguste a été hospitalisé d’urgence dans cette localité  suite à un AVC (Accident vasculaire cérébral) selon ses proches. Il est entré dans le coma  à son arrivée à l’hôpital dans la journée du samedi, selon les informations que nous avons recueillies auprès de ses proches.

Nicolas Dupuis s’est déplacé samedi à l’HOMI pour être au chevet de son assistant tandis que l’équipe du secrétariat général de la fédération nationale (FMF), dirigée par la SG Ranja, y a été aperçue dans la journée d’hier. D’après les dernières informations, Raux Auguste  est conscient depuis hier.

Suite à cette hospitalisation de l’assistant coach des Barea,  les réactions fusent de partout pour lui souhaiter un prompt rétablissement notamment celles des joueurs de l’équipe nationale à l’instar de Carolus Andriamahitsinoro  et l’ancien capitaine des Barea Faneva Ima et sans oublier tous les footeux.

Elias Fanomezantsoa

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Association Fitia - 253 packs remis au personnel hospitalier d’Andohatapenaka et d’Anosiala

En cette période de pandémie, les personnels de santé sacrifient leur vie afin de soigner les malades du coronavirus et de limiter la propagation de cette maladie contagieuse et dangereuse. Ils sont en première ligne dans la lutte contre ce danger qui frappe de plein fouet la planète. Des messages de soutien et de reconnaissance qui leur sont attribués se multiplient. Pour l’Association Fitia, elle a démontré son soutien à travers la distribution de packs.

Samedi dernier, celle-ci a remis 253 cartons pour les personnels soignants et leurs aides qui travaillent jour et nuit auprès des malades du coronavirus, dont 130 pour ceux travaillant au sein de l’« hopitaly Manarapenitra » à Andohatapenaka et 115 pour ceux du Centre hospitalier universitaire d’Anosiala. Ces dons sont composés de produits de première nécessité comme du riz, sel, sucre, huile, café, ainsi que des compléments nutritionnels - entre autres de la spiruline, lait en boîte, lait concentré, biscuits, farine, et du « koba aina ».

A cette occasion, la présidente de l’association  Fitia a présenté un message de soutien à l’encontre de ces agents hospitaliers qui ne baissent pas les bras pour vaincre le coronavirus. « Merci à ceux qui prennent des risques pour nous. Je tiens à apporter mon soutien à tous les personnels hospitaliers d’Andohatapenaka et d’Anosiala, au nombre de 253, qui se mobilisent dans ce combat contre le Covid-19 », a-t-elle déclaré.

En cette période de crise sanitaire, l’association Fitia participe massivement à la lutte contre cette pandémie, et cela à travers la mobilisation de volontaires dans la distribution de packs en marge du plan d’urgence social, l’assainissement des marchés publics d’Antananarivo, la sensibilisation des commerçants et des gargotiers ou encore la distribution de cache-bouches et de savon.

Anatra R.

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Coronavirus  à Madagascar - Guérison de deux personnes

Deux personnes guéries. 16 jours après l'annonce officielle de la première contamination du Covid-19 à Madagascar par le Président de la République Andry Rajoelina, deux cas de guérisons sont confirmés. Selon le Professeur Vololontiana Marie Hanta Danielle, porte-parole du Centre de commandement opérationnel (CCO Covid-19) et non moins doyenne de la Faculté de médecine, hier vers 13h à la Télévision nationale malagasy (TVM), deux personnes sont guéries du coronavirus et sont rentrées chez elles samedi dernier.

Elles ont été soignées au Centre hospitalier universitaire (CHU) d'Andohatapenaka. «  Deux patients sont rentrés chez eux hier soir (ndlr : samedi). Ils ont franchi avec succès les différentes étapes avant la guérison. Et même les autres maladies qui ont pu leur affecter au cours de  la mise en quarantaine ont été parallèlement traitées. Sans oublier que ces deux personnes ont présenté une pneumonie Covid-19 dont l'une a réellement eu une forme grave du coronavirus. Fort heureusement, ils ne représentent plus actuellement des menaces ni pour ses proches,  ni  pour la communauté. Toutefois, ils doivent se soumettre aux mesures de confinement. Des recommandations leur ont été confiées, représentant l'une des conditions de leur sortie de l'établissement sanitaire où ils ont été pris en charge », souligne la porte-parole dudit centre.

Ces personnes guéries sont le couple pastoral, à savoir le pasteur Robson Johary Lalaina du SAFIF de l'Eglise FJKM et de son épouse, le pasteur Riana Lalasoa Razafintsalama, de l'Eglise FJKM située à Ambatoroka, mis en quarantaine le 20 mars dernier après avoir effectué un voyage en France. Ils sont arrivés le 17 mars dernier à bord du vol Air France AF0934.  Pas plus tard que mercredi dernier, cette nouvelle a été déjà publiée sur les réseaux sociaux par l'une des proches du pasteur Riana Lalasoa Razafintsalama. Cependant, l'annonce a pris quelques jours avant d'être officialisée.  

D'après les explications de la doyenne de la Faculté de médecine, ils ont d'abord passé deux tests  « PCR »  ou  amplification en chaîne par polymérase à l'Institut Pasteur de Madagascar (IPM) pour être sûrs de leur rétablissement. Des analyses effectuées en laboratoire se sont tous révélées négatives. Toutefois,  leur combat dans l'élimination du coronavirus leur impose de se reposer tout en étant confinés à la maison, précise-t-elle.

Jointe hier au téléphone, le pasteur Riana Lalasoa Razafintsalama a affirmé ne pas être encore  disposée à discuter à propos de sa mise en quarantaine ou encore de sa guérison. Elle doit reprendre de l'énergie et renforcer ses défenses immunitaires, comme inscrit dans les consignes thérapeutiques. « Nous avons été pris en charge dans de bonnes conditions. Aussi, les dispositions mises en place par les autorités sanitaires ont été bien suivies, d'où la guérison », a-t-elle souligné avant de terminer la communication téléphonique.

Une victoire. Dans son intervention, le Professeur Vololontiana Marie Hanta Danielle n'a pas manqué de remercier les personnels médicaux ayant combattu aux côtés des malades. Le travail d'équipe, notamment les efforts entrepris par différents acteurs directs et/ou indirects menant vers ce rétablissement a été chaleureusement salué par la porte-parole du CCO Covid-19.

K.R.

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Non-respect des mesures de l'état d'urgence sanitaire - 14 personnes arrêtées par la Police

Au cours du week-end dernier, les Forces de l'ordre ont dû procéder à des arrestations pour non-respect aux mesures liées à l'état d'urgence sanitaire. C'était le cas à Andohatapenaka où on a assisté à l'arrestation musclée d'un forcené. En effet, les éléments des commissariats du 6e et du 7e arrondissement  l'ont pourchassé à travers les zones marécageuses à Andohatapenaka. Motif : avoir menacé un motocycliste avec un couteau.

 

Parallèlement, trois autres suspects furent également interpellés à Ambohimanarina. Ils ont taquiné les éléments des Forces de l'ordre dans l'exercice de leur fonction, précisément pendant qu'ils ont enjoint les passants à regagner leurs foyers en vue du confinement. Au moment où la Police les a fouillés, les trois larrons avaient du chanvre indien qu'ils cachaient encore sur eux.

Enfin, il est devenu courant de voir un bar continuer à ouvrir encore sa porte malgré la mesure, du moins dans un quartier de la périphérie comme Ambohimanarina. En réalité, le propriétaire en cause a trouvé le moyen de continuer à écouler encore  en cachette de l'alcool à des clients présents sur les lieux. La Police a embarqué ces derniers, outre bien sûr le barman en cause.

A Antaniavo, la Police a dû intervenir de façon plus musclée pour obliger des commerçants à fermer leurs boutiques, notamment le soir venu. Le secteur du marché a été le théâtre  d'une brouille entre la Police dépêchée sur place à cet objectif et un acheteur. Déjà passablement alcoolisé, ce dernier tardait à payer un vendeur de pomme. Pire, il a voulu s'opposer par la force aux policiers, qui l'ont enjoint à faire vite et quitter rapidement l'endroit. Ce qui a donc poussé les gardiens de la paix  à agir avec poigne envers le concerné. Une situation qui lui a causé quelques blessures et son évacuation à l'hôpital. Sitôt après les soins, le suspect a pu regagner son foyer. Enfin, sa famille ne put s'empêcher d'adresser sa reconnaissance envers la Police.

Franck R.

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HacKoragnavirus - A la recherche des solutions durables face au COVID-19

Une initiative citoyenne. Suite aux décisions de confinement prises par le Gouvernement malagasy, et face à la propagation du coronavirus dans le pays, un groupe de bénévoles et d’activistes se sont mobilisés pour organiser le premier hackathon 100% en ligne. Cette initiative vise notamment à développer des solutions durables visant à répondre aux problématiques actuellement générées par le COVID-19, et ce grâce à une intelligence collective. Effectivement, à cause du confinement, de nombreuses activités se retrouvent aujourd’hui limitées par les conditions sanitaires mises en place pour la protection de tous.

Mais d’autres se sont même arrêtées. Ce mouvement propose ainsi des solutions alternatives tout au long de la période de confinement, d’une part pour permettre à notre économie de continuer à tourner, malgré la crise sanitaire, et d’autre part de préserver la santé du plus grand nombre.

15 projets sélectionnés

La phase de sélection pour l’hackathon s’est faite du 30 mars au 03 avril dernier. Une cinquantaine de projets ont ainsi été retenus et répartis dans quatre catégories à savoir le domaine de l’économie, la solution technologique, la santé mais aussi  la culture et la tradition malagasy, sans oublier le domaine social et environnemental. Par la suite, du 03 avril dernier jusqu’à hier, les projets ont été soumis au vote du public. Et les quinze projets les plus appréciés du public seront appuyés par Orange Madagascar pour leur concrétisation. En tant que partenaire officiel de ce mouvement, Orange offrira notamment 15 millions d’ariary par Orange Money aux gagnants, dans chaque catégorie, mais aussi plus de 5 millions d’ariary en smartphone et en abonnement. Cette liste finale est notamment sortie hier, dans la soirée.

Rova Randria

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Coronavirus à Madagascar - Le FMI débloque 165,99 millions de dollars

Un financement d’urgence. Le Fonds monétaire international (FMI) a décaissé, vendredi dernier, 165,99 millions de dollars pour Madagascar, dans le cadre de la Facilité de crédit rapide  (FCR). Son déblocage est attendu cette semaine. La somme ainsi octroyée servira à faire face aux impacts économiques de la pandémie de coronavirus. En effet, la détérioration des perspectives macroéconomiques et de la situation budgétaire ont créé des besoins urgents en termes de financement extérieur. Ce soutien de l’institution de Breton Woods contribuera ainsi à combler les besoins extérieurs immédiats et à préserver l'espace budgétaire pour les dépenses de santé essentielles liées au COVID-19.

 

« La pandémie a de graves répercussions sur l'économie de Madagascar. En raison d’une réduction spectaculaire du tourisme et de perturbations sur les exportations des industries manufacturières et extractives, ainsi que dans les transports, les communications et les services, la croissance du Produit intérieur brut devrait fortement décliner. La situation budgétaire se détériore également avec des dépenses de santé et sociales supplémentaires et un manque à gagner important en termes de recettes fiscales. La FCR aidera les autorités à répondre aux besoins urgents de financement budgétaire et extérieur pour atténuer l'impact de la pandémie. Les autorités ont pris des mesures immédiates pour faire face à l'impact humain et économique de la pandémie, tout en préservant la stabilité macroéconomique. Il s'agit notamment de l'augmentation des dépenses de santé, de l'aide aux plus vulnérables, du soutien au secteur privé et d’actions visant à préserver la stabilité du secteur financier et à maintenir le régime de change flexible », a déclaré M. Mitsuhiro Furusawa, directeur général adjoint et président de séance lors du conseil d’administration du FMI.

En ce qui concerne la dette publique, le ministre de l’Economie et des Finances, Richard Randriamandrato  rassure que « les résultats de la dernière Analyse de la viabilité de la dette (AVD) ont montré un faible risque de surendettement extérieur du pays ». D’ailleurs, des soutiens financiers supplémentaires destinés au développement venant des autres partenaires, au-delà de ceux qui avaient déjà été décidés avant le déclenchement de cette pandémie, sont en cours de négociation.

 Recueillis par Solange Heriniaina

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Coronavirus - L'OMS fait de la Polyclinique d'Ilafy le centre de référence privé

Depuis la découverte de 3 premiers cas de Coronavirus sur son territoire, Madagascar se prépare à affronter le virus COVID-19. Le pays, qui compte parmi les plus pauvres du monde, dispose cependant d'une forte expérience en matière de gestion des épidémies et d'infrastructures de pointe comme la Polyclinique d'Ilafy à Antananarivo.

 

…Depuis plusieurs semaines, les hôpitaux malgaches ont déjà dû prendre des mesures pour freiner la propagation du COVID-19 sur l'île. Car l'épidémie est prise très au sérieux à Madagascar, dont le système de santé reste fragile, mais qui peut compter sur quelques infrastructures de pointe et sur un certain savoir-faire en la matière. Madagascar a déjà dû faire face dans son histoire récente à des problèmes sanitaires extrêmes. Chaque année, la Grande île voit apparaître entre août et avril une épidémie de peste bubonique et doit veiller à ce que sa forme la plus létale, pulmonaire, ne franchisse pas le stade épidémique. En 2017, une épidémie de peste pulmonaire avait atteint plus de 3 000 personnes et fait plus de 200 morts dans le pays. Celle-ci avait cependant pu être contenue en quelques semaines grâce à l'expérience acquise lors d'épisodes critiques précédents.

Le secteur sanitaire se modernise sur la Grande île : l'exemple de la Polyclinique d'Ilafy

L'aspect endémique de la peste souligne les faiblesses sanitaires de Madagascar. La Grande île, qui a longtemps manqué d'infrastructures de santé opérationnelles, connait une espérance de vie plus basse que la moyenne mondiale. Le contexte sanitaire global du pays le rend particulièrement vulnérable aux flambées épidémiques et fait redouter la propagation du virus du COVID-19 dans le pays. Pour autant, les dernières années ont vu se moderniser le secteur de la santé dans le pays, sous l'effet d'un rapprochement entre le secteur public et le secteur privé et sous l'impulsion des grands entrepreneurs de l'île. Parmi eux, Maminiaina dit « Mamy » Ravatomanga, à la tête de l'un des plus importants consortiums industriels de l'île, le Groupe Sodiat, a mis sur pied en 1996 l'infrastructure médicale la plus moderne de Madagascar. Située à Antananarivo dans la Capitale, la Polyclinique d'Ilafy compte près de 300 collaborateurs dont plus d'une centaine de médecins, de chirurgiens et de soignants, et neuf pôles médicaux. Celle-ci propose plusieurs équipements et spécialités de pointe, en oncologie, chirurgie, médecine interne (dont la dialyse), cardiologie, gynécologie obstétrique, soins intensif - réanimation et l'imagerie médicale, (scanner, IRM ,échographie, angiographie), sans oublier la mise en place et la gestion de l'unique service d'urgences de type SAMU (Privé) qui n'ont pas leur équivalent sur la Grande île.

Dans la perspective d'une arrivée de l'épidémie sur l'île, l'OMS a fait de la Polyclinique d'Ilafy le centre de référence privé à Madagascar pour la prise en charge et le traitement du COVID-19. Celle-ci dispose également d'un partenariat avec l'Institut Pasteur de Madagascar, notamment en matière de recherche, de formation des soignants et de mise en œuvre des tests PCR. La Polyclinique s'est équipée de tests et de respirateurs supplémentaires pour traiter les cas les plus avancés de coronavirus et a déjà commencé à recevoir les personnes suspectées de porter la maladie, passées par l'aéroport d'Ivato.

Si le pays n'est pas jusqu'ici concerné par la pandémie de COVID-19 au même niveau et à la différence de plusieurs de ses voisins en Afrique et dans l'Océan indien, Madagascar a déjà arrêté une stratégie préventive pour éviter une généralisation de la maladie sur la Grande île. Et opté, à cette fin, pour un confinement général du pays de Stade 1. Le pays a suspendu le 20 mars les vols internationaux et régionaux desservant Madagascar durant 30 jours. Le pays impose également un confinement individuel à tous les voyageurs arrivés sur l'île avant la fermeture des frontières, et a importé du matériel médical pour tester notamment ces derniers en moins de vingt minutes au moyen de Tests de diagnostic rapide (TDR). Enfin, le Gouvernement malgache a exhorté ses citoyens à prendre leurs responsabilités et à adopter des gestes d'hygiène et les gestes barrières pour éviter de transmettre le virus…

Recueillis sur la santepublique.fr

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Antananarivo, Matsiatra-Ambony et Atsinanana - Le confinement prolongé de quinze jours

Le confinement des populations d'Analamanga, d'Atsinanana et de Matsiatra-Ambony, mis en place pour endiguer la propagation de la pandémie de coronavirus, est prolongé jusqu'au 19 avril. Reclus chez eux depuis le 23 mars, les citoyens sont invités à rester chez eux et à ne sortir que pour des raisons exceptionnelles, deux semaines de plus. « La décision la plus sage est de poursuivre les efforts déjà entrepris. L'Etat d'urgence sanitaire est prolongé de quinze jours », a indiqué le Président de la République Andry Rajoelina, hier dans la nuit lors de son message à la Nation, diffusé sur la chaîne de télévision nationale malagasy. Les mesures prises il y a quinze jours demeurent ainsi pour la plupart en vigueur dans trois Régions où plus de 5 cas de contamination au COVID-19 et des cas contacts ont été répertoriés, à savoir Analamanga, Matsiatra-Ambony et Atsinanana.

 

Sur tout le territoire national malagasy, les établissements scolaires et universitaires, les églises, les lieux de spectacle, les karaokés, resteront fermés jusqu'au 19 avril prochain. Les rassemblements de plus de 50 personnes, tels que les rassemblements familiaux et les compétitions sportives sont interdits. Le couvre-feu entre 20 heures et 5 heures du matin reste en vigueur. Les mesures de distanciation sociale doivent être respectées. Des mesures exceptionnelles ont toutefois été prises pour permettre aux personnes confinées à Analamanga, Atsinanana ou Matsiatra-Ambony de revenir dans leurs Régions respectives.

En effet, les déplacements entre Antananarivo et les autres Régions seront permis à partir de mardi jusqu'à jeudi prochain. Les gares routières rouvriront leurs portes de 5 à 11 heures du matin. Les usagers devront nécessairement porter des cache-bouches. Des bornes de lavage de mains y seront installées. Les gares routières et chaque véhicule devra subir une désinfection. Chaque voiture devra mettre à disposition de ses clients du gel hydroalcoolique. Les vols domestiques entre Antananarivo et les zones épargnées par les « cas contacts », à savoir Mahajanga, Toliara, Taolagnaro, Nosy-Be, Morondava et Antsiranana, reprendront également  durant cette même période. Tous les passagers seront toutefois dépistés.

« Loharano »

Dans les trois Régions citées supra, une nouvelle stratégie sera mise en place pour endiguer la propagation de la maladie. Une stratégie qui consiste à s'approcher de la population, et ce, en raison de l'existence des cas contacts. Ceux qui doivent sortir de leur domicile sont ainsi invités à porter des masques de protection. Les personnes qui présentent des symptômes du coronavirus sont priées de se présenter auprès des hôpitaux pour se faire diagnostiquer. Les lieux de lavage de mains seront multipliés. Les brigades sanitaires effectueront des porte-à-porte.

Par ailleurs, la mise en place des comités communautaires dénommés « Loharano », destinés à lutter contre le COVID-19 constitue l'autre point fort du discours du Chef de l'Etat. Ces comités seront chargés spécialement de la gestion de la distribution des « vatsy » offerts par l'Exécutif à l'endroit des personnes vulnérables au niveau des Fokontany. Mis en place en partenariat avec le District et la Commune, chaque comité sera composé de six personnes par secteur, à savoir le chef Fokontany, le chef secteur ainsi que des personnes de bonne volonté. « La lutte contre cette pandémie requiert la prise de responsabilité de tout un chacun », insiste Andry Rajoelina.  

Ces mesures interviennent après que Madagascar a prolongé l'état d'urgence sanitaire pour une durée de quinze jours, dans le contexte de la propagation du COVID-19. La décision a été prise le même jour lors d'un Conseil des ministres spécial qui s'est tenu au Palais d'Ambohitsorohitra. Le décret y afférent a été adopté. L'état d'urgence sanitaire est proclamé sur toute l'étendue du territoire de la République de Madagascar pour des raisons de sécurité sanitaire, de calamité publique et afin de permettre le fonctionnement régulier des pouvoirs publics. Les pouvoirs du Président de la République en matière de contrôle de la circulation des personnes et des véhicules, de contrôle du ravitaillement et de contrôle des armes  sont délégués au Premier ministre. Dans la matinée, le Président de la République avait tenu au Palais d'Etat à Ambohitsorohitra une réunion avec les chefs d'Institution ainsi que les chefs d'Eglise membres du FFKM. L'état d'urgence initial avait été décrété depuis le 21 mars 2020.

La Rédaction