Les actualités à Madagascar du Dimanche 02 Avril 2017

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Droits de la femme : au-delà du 8 Mars, un combat quotidien

La Commission de la Condition de la Femme (CSW) s’est terminé il y a un peu plus d’une semaine, le 24 Mars, une occasion pour les délégations gouvernementales et non gouvernementales du monde entier d’évaluer les progrès sociaux et économiques de la femmes, et de s’engager pour renforcer les mesures déjà prises et projets mis en place.

Cette commission onusienne crée en 1946 est « dédié(e) exclusivement à la promotion de l’agalité des sexes et de l’autonomisation de la femme », un projet noble qui touche plus de 50% de la population mondiale, un capital humain non négligeable pour assurer le développement durable de tout pays. Cette ambition est d’ailleurs reprise par le gouvernement malgache dans le Plan National de Développement (PND) en 2014, et que le Ministère de la Population, de la Protection sociale, et de la Promotion de la femme (MPPSPF) est chargé de garantir. C’est dans cette optique que la ministre Onitiana Realy s’est déplacé à New York pour assister au CSW61.

Les négociations ont notamment porté sur les défis et opportunités pour atteindre la parité et l’émancipation des femmes et des filles dans les milieux ruraux. La commission reconnaît ainsi que ces femmes jouent un rôle primordial dans l’éradication de la pauvreté, et que l’inclusion des femmes autochtones à travers l’entrepreneuriat féminine est un moteur essentiel au développement social, culturel et civique des zones rurales.

Or, force est de constater que ces femmes restent majoritairement en marge des politiques publiques menées dans le pays, bien que quelques lois ont été passées, notamment pour la suppression du « Kitay telo andalana », un droit coutumier qui octroyait aux femmes seulement un tiers d’un terrain en cas de divorce, ou encore le passage de l’âge légal de mariage de 15 ans à 18 ans. Pourtant, ces législations ne permettent pas de compenser les disparités accumulées au fil des traditions.

Des femmes en marge de l’indépendance économique dès le plus jeune âge

Si la parité est respectée au niveau de l’école primaire d’après le PND, avec un ratio de 1,05 en 2014, ces chiffres cachent une réalité bien différente. Une étude de l’UNICEF datant de 2010 montre que les régions les plus pauvres de Madagascar, tels que Androy ou Antsimo Andrefana souffre d’une exclusion scolaire de masse. Le problème n’est pourtant pas lié au genre à ce niveau du développement de l’enfant, mais à la pauvreté rampante qui fait que moins de 50% des enfants dans ces régions sont scolarisés.

La disparité commence donc au niveau du collège, et se renforce au niveau universitaire. Dès le collège, on constate que de moins en moins de filles vont à l’école, jusqu’au point où le nombre de femmes diplômées de l’enseignement supérieur est minime, par rapport aux hommes, notamment dans le domaine des Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques (STEM).

Où vont donc ces filles, exclues de l’éducation ? La cause principale de l’abandon scolaire est la pauvreté, et l’éloignement des infrastructures. Les jeunes filles sont donc condamnées soit à entrer dans le marché du travail (40% des enfants de 10 à 17 ans travaillent), ou à se marier pour ainsi dépendre des revenus de leur mari, au lieu de la structure familiale de base.  

Il convient donc, d’après le CSW61, de renforcer les législations mises en place. Cela est pourtant plus facile à dire qu’à faire, étant donné que les mariages sont souvent informels, et sont célébrés au sein de la communauté et non des mairies ou de l’église. Les campagnes de lutte sont pourtant nombreuses, à l’instar de la campagne de Juin 2015 lancée par le MPPSPF durant laquelle la ministre a rappelé à la population de Nosy Be que « l’âge matrimonial à Madagascar est de 18 ans » et que « l’impact social est (…) dramatique : après le mariage, le parcours scolaire des enfants s’arrête net. » Cela n’empêche pas qu’un an plus tard, le Forum économique mondial publie son rapport annuel sur l’inégalité des genres (World Gender Gap Report) qui dresse un constat alarmant sur cette situation. En effet, 40% des filles entre 15 et 19 ans à Madagascar sont mariées, soit 4 filles sur 10.

La santé, une préoccupation constante

Or, qui dit mariage précoce dit aussi grossesse précoce. Plus d’une adolescente sur dix a déjà eu une grossesse à Madagascar (147 pour 1000) selon les statistiques du Forum économique mondial. Cela n’est pas étonnant si on prend en compte le faible taux de prévalence des contraceptifs à courte ou longue durée qui n’est que de 40%. Malgré cela, les CSB II « sensibilisent les femmes à la planification familiale,» affirme le médecin en chef du Centre de Santé de Base d’Ambohimanarivo, le Docteur Rabekoto Nicole Nirina. En effet, la santé de la mère et de l’enfant est au centre des préoccupations de ces cliniques rurales et du Ministère de la Santé publique.

Ainsi, on note la présence d’une délégation malgache à une conférence sur l’institutionnalisation de la santé communautaire à Johannesburg en Afrique du Sud, dans le courant fin Mars, où il a été question de la sensibilisation de la population par des agents communautaires volontaires formés par différents ONG ou par le ministère.

L’exemple d’USAID Mikolo montre qu’il est préférable d’implémenter des politiques publiques en ce sens, pour garantir un  « continuum de soins » allant des soins prénataux aux soins postnataux dont la vaccination, et le suivi de la croissance de l’enfant. Il est à savoir que le taux de mortalité maternelle est de 440 pour 100.000 et le taux de mortalité infantile s’élève à 50 pour 1000. C’est-à-dire qu’un enfant sur 100 meurt avant l’âge de 5 ans. Les agents communautaires « sont capables de prendre en soin les femmes et les enfants au niveau communautaire, donc cela facilite déjà l’accès et la disponibilité » explique Samy Rakotoniaina, de l’USAID Mikolo. Il s’agit ainsi d’impliquer les communautés en tant que ressources et agents dynamiques qui s’investissent directement au niveau local.

Parlons d’ailleurs d’investissement

Etant donné que 80% de la population est rurale et paysanne, la richesse d’un ménage dépend donc de deux choses : l’agriculture et l’élevage. Pourtant, bien que les revenus dérivés de ses ressources soient partagés par toute la famille, il est coutumier que les décisions concernant ces ressources, et même les actes de propriété soient au nom d’un homme, et non d’une femme.

Le fait est qu’avant les années 30-40, en cas de divorce, la femme ne recevait qu’un tiers (1/3) des terrains, et les filles ne pouvaient hériter. Cette pratique a pu être changée dans une grande majorité des cas, mais a eu un impact direct sur la situation économique des femmes d’aujourd’hui, mais aussi sur les mentalités et le rôle des femmes dans les prises de décision.

Pour remédier à cela, les participants au CSW61 promettent de renforcer les investissements dans le domaine de l’agriculture afin que l’accès aux ressources et aux capitaux soient les mêmes, afin que les femmes puissent subvenir à leurs propres besoins, et être un agent actif et productif de la société. En effet, si le PND annonce que le taux de chômage en milieu rural est faible, de l’ordre de 1,7% en 2014, il s’agit souvent d’un travail peu ou pas rémunéré, dont le fruit est destiné majoritairement à l’autoconsommation. D’autant plus qu’au sein de ce chiffre se cache le fait que sur 10 chômeurs, 6 sont des femmes, et que Madagascar n’a aucune loi qui interdit la discrimination à l’embauche, ou encore qui garantit l’égalité des salaires. Des manquements législatifs qui pénalisent les femmes sur le marché du travail.

Une solution à cet écart économique serait le recours à la micro finance, mais le PND ne s’en cache pas : la micro finance reste, encore et toujours, inaccessible dans les zones rurales, annihilant ainsi toute initiative entrepreneuriale des paysans et paysannes malgaches. Une étude de la Direction Générale du Trésor en 2016 montre que « 12% des adultes malgaches sont bancarisés alors que 26% sont affiliés à des institutions formelles non bancaires, comme les institutions de microfinance ou autres. Le revers de la médaille, selon toujours cette enquête consommateur, c’est que 41% des adultes malgaches sont financièrement exclus. »

Si le problème n’est donc pas endémique aux femmes, la promotion des droits de la femme, couplée à une meilleure accessibilité à l’éducation, la santé, et les ressources et capitaux sont vitaux pour créer des communautés solidaires et économiquement stables.

HHO

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Rugby-Top 16 Analamanga - Début en fanfare de la compétition

Une journée inaugurale mémorable. C’est ce que les amoureux de la balle ovale ont qualifié le début du championnat de la 1ère division d’Analamanga disputé hier au stade Malacam Antanimena. La réouverture de ce temple de la discipline, après des années de fermeture pour cause de  réhabilitation, constitue une des réjouissances du public. Venus en masse pour remplir comme un œuf le stade Malacam, les spectateurs  en ont eu pour leur compte en assistant à des affiches alléchantes durant toute la journée.Sevrés de compétition depuis des mois, les joueurs s’en sont donné à cœur joie à cette reprise comme si leur vie en dépendait.

Il n’est pas étonnant ainsi que des surprises ont eu lieu à cette première journée du top 16 à l’instar de la rencontre opposant le 3 Fb et le Xv Family. Ce dernier, récupéré grâce à l’augmentation du nombre des participants à 16 équipes contre 14 à l’année précédente, a fait sensation. Il a en effet réalisé le carton de la journée inaugurale, en surclassant contre toute attente son adversaire du jour par 41 à 28. Et pourtant, le 3 Fb est loin  d’être un premier venu dans le milieu de l’ovale malagasy bien que cette formation de la Santé ne soit plus de ce qu’elle était auparavant, selon un observateur. N’empêche, elle a un honneur à défendre et un palmarès éloquent à ne pas ternir. Espérons que cette défaite du 3 Fb ne soit qu’un faux pas. De son coté, avec cette large victoire d’entrée, le Xv Family se propulse à la tête du groupe A devant le Ft Manjakaray (Ftm), vainqueur de l’édition 2016 du championnat d’Analamanga. Les champions en titre ont défait avec un écart de quatre points le Tfa, 34-30. Un match très équilibré à l’instar de celui ayant opposé l’Uas Cheminot et Vtma dont le résultat final, 23-22, a tourné en faveur du premier. Dans la rencontre très attendue par le public, mettant aux prises Iarivo R.c et Tam Anosibe, les deux équipes se sont séparées sur un score de parité de 19 points. A noter que cette rencontre est la seule tenue pour le groupe B. Les 16 équipes de la 1ère division sont réparties en deux groupes. Uasc, Xv Family, Usa, Ftm, Tfa, Usi, Vtma et 3 Fb forment le groupe A tandis que  Cosfa, Jst Ambondrona, Irc, Tam, Savonnerie Tropicale de Madagasikara, Uirc, Soe et Tfma constituent le groupe B. Les quatre premiers de chaque groupe à l’issue des matchs de poule se qualifient en quarts de finale avec en prime une finale pour l’honneur au leader des groupes.Rata

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Maevatanàna - Mort d’un bébé de 3 ans dans une sortie de route d’un Sprinter

Une petite fille de 3 ans a perdu la vie, tandis que les 16 passagers d’un taxi-brousse Mercedes Benz Sprinter ont été grièvement blessés. Tel a été le sinistre bilan de la sortie de route, survenue la nuit du vendredi, de ce véhicule à Ambalajanakomby, une Commune située à 58 kilomètres de la ville de Maevatanàna.

D’après une source d’information locale, le conducteur, également très touché, a raté l’entrée du pont. Ce qui a été sûr, c’est qu’il n’a pas modéré sa vitesse pour aborder le pont en question et a donc perdu le contrôle du véhicule. Les victimes ont été évacuées à Ambondromamy et à Mahajanga.  Cependant, les parents de l’enfant tué dans le drame, n’auraient pas été identifiés. « L’on ignore s’ils font partie des victimes blessées ou non », apprend-on sur place. Ainsi, le démon de l’imprudence et de l’excès de vitesse réveille de nouveau les « chauffards » installés au volant de tous ces Mercedes Sprinter, cela après une courte période où ils ont fait semblant d’être raisonnables. Il est peut-être temps aux gouvernants de passer à l’acte en bridant les moteurs de ces véhicules de transports routiers. Une telle décision, associée à une peine de justice, finira certainement à rendre la raison à ces chauffards.Franck Roland

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Containers bloqués au port de Toamasina - Déception des Ong !

« Faut-il nous résigner à abandonner la population malagasy dans la grande pauvreté et nous tourner vers d’autres pays d’Afrique ou d’Orient avec lesquels il n’y a pas de souci ? ». C’est en ces termes que le responsable d’une Organisation non gouvernementale (Ong) intervenant à Madagascar depuis 18 ans exprime son accablement. Ceci suite au blocage et à la vente aux enchères de ses containers, l’un contenant des mobiliers et l’autre des manuels scolaires et une bibliothèque de loisirs pour enfants. D’après ses explications, le premier container est arrivé au port de Toamasina en janvier 2015 et a été bloqué jusqu’en juillet sans aucune raison invoquée. « Nous avons réclamé à plusieurs reprises la sortie de ce container, sans succès. Début août 2015, nous avons appris que l’intégralité du matériel avait été vendue aux enchères », témoigne notre source. Le second container, arrivé en juillet 2015, a également subi le même sort.

« Nous avions dressé une demande de franchise en mi-juillet pour faciliter la sortie du container, mais les douanes ont refusé avec l’aval du Mae (ministère des Affaires étrangères). Celui-ci a d’ailleurs indiqué que notre « accord de siège » n’était plus valide. Du coup, tous les mobiliers de bibliothèque renfermés dans le container ont été vendus aux enchères », explique le responsable.

Des taxes mensuelles d’un million d’ariary

« Nous n’avons jamais eu de taxe à payer puisque nous n’avons aucun salarié à Madagascar, ni au sein de l’Ong en France. Nous sommes tous des bénévoles », avance notre interlocuteur. Ceci face à la demande du ministère des Finances et du Budget exigeant des taxes d’un million d’ariary par mois depuis le début de cette année. « Pour nous, il n’est pas question de payer des taxes qui ne sont pas justifiées, vu que le ministère n’a avancé aucun motif », souligne-t-il. Ladite Ong ainsi que certains de ses pairs se posent des questions par rapport à leurs actions futures dans la Grande île, au profit notamment des enfants et personnes vulnérables. « Nous sommes atterrés par les difficultés et les soupçons justifiés de corruption au sein de nombreuses administrations ministérielles, à bien des niveaux… Nous n’avons pas le droit de jouer avec les dons qui sont faits pour aider Madagascar », s’exprime le responsable. Son Ong ne veut plus envoyer de container pour enrichir d’autres personnes. « Il n’est plus question de mettre à chaque fois 4 000 euros (soit environ 13 600 000 ariary) à la poubelle », conclut notre source, découragée.Recueillis par Patricia Ramavonirina

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Prix des carburants - La hausse se poursuit

Dans la nuit du 31 mars, les prix à la pompe ont encore augmenté.  La hausse est de 40 ariary par litre pour l’essence et de 30 ariary par litre pour le gasoil. Le litre du gasoil s’acquiert actuellement à 3 260 ariary, tandis que le litre de  l’essence Sp 95 est commercialisé à 3 840 ariary. Le prix du pétrole lampant est resté à 2 370 ariary par litre.

Depuis plus d’un an, les consommateurs s’attendent à la hausse des prix de ces produits pétroliers au début de chaque mois. Même si l’augmentation n’est pas si flagrante pour les automobilistes qui achètent une petite quantité de carburant, cette hausse est quand même perceptible pour les transporteurs. Ndriana Rajaonarivo, chauffeur de "taxi-be", affirme : « Au fil du temps, cette légère augmentation de prix des carburants aura des répercussions sur la vie de la population en général et engendrera une inflation. D’ores et déjà, l’augmentation de prix du riz et du charbon n’est plus à la portée de tous. » Le 1er mars dernier, il y avait également une augmentation de prix des carburants. Le prix de l’essence était à 3 720 ariary par litre le 4 février 2017 contre 3 800 ariary au début du mois de mars. Même si le prix du pétrole lampant n’a pas connu de changement, celui du gasoil était passé de 3 150 à 3 230 ariary par litre. En un mois, les prix à la pompe avaient connu une augmentation de 80 ariary par litre. Au début de cette année, les consommateurs avaient déjà eu la mauvaise surprise de faire face à une hausse de 80 ariary par litre du prix des carburants par rapport au prix affiché en décembre 2016. Le litre de l’essence était à 3 720 ariary contre 3 150 ariary par litre pour le gasoil. Entre janvier et avril 2017, le prix de l’essence a connu une augmentation de 120 ariary contre une hausse de 110 ariary par litre pour le gasoil. Après la hausse des prix à la pompe en février dernier, la menace de l’augmentation des frais de transport a obligé l’Etat à faire machine arrière. C’était toutefois une exception car le prix des carburants en janvier a été maintenu quelques jours plus tard. Ainsi, chaque mois, la hausse de prix de ces produits petroliers est devenue habituelle. Entre mars 2016 et mars 2017, les données de l’Office malgache des hydrocarbures (Omh) prouvent que les courbes de prix de l’essence et du gasoil tendent vers la hausse. La variation de prix en dents de scie n’a commencé qu’au début de cette année. Cependant, le prix du pétrole lampant reste stable. Le 31 mars 2016, le litre de l’essence était vendu à 3 290 ariary tandis que le prix du gasoil était fixé à 2 620 ariary par litre. En une année, le prix du gasoil a augmenté de 640 ariary par litre, tandis que celui de l’essence a augmenté de 550 ariary.D.H.R.

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Les Quatre «vérité » d’Ambatovy - Lalaina Randrianarivelo, communication manager

La Vérité (+) : Ambatovy organise régulièrement des journées portes ouvertes. Pour quelles raisons ?Lalaina Randrianarivelo (=) : « A travers les journées portes ouvertes que nous organisons tous les trois ou quatre mois à Antananarivo, Moramanga, Toamasina, nous voulons mettre en exergue qu’Ambatovy est la plus grande industrie de Madagascar. Une telle industrie apporte différents impacts économiques positifs pour le pays. Cette fois, Ambatovy organise des journées portes ouvertes à la Gare de Soarano du 1er au 9 avril. Il y a une certaine confusion entre retombée économique et celle financière. Nous essayons d’expliquer l’ampleur des retombées économiques d’une telle exploitation. L’exploitation de nickel et de cobalt à elle seule constitue 32 % des recettes en devises de Madagascar. A cela s’ajoutent les effets de l’exploitation sur la balance commerciale et monétaire ».(+) : A part cela, qu’est-ce qui distingue la compagnie ?(=) : « Les contributions sociales d’Ambatovy se distinguent à travers les fonds d’investissement sociaux, notamment 17 projets d’infrastructures et des projets sociaux. L’aide aux sinistrés après le passage du cyclone Enawo illustre les actions sociales les plus urgentes émanant de la compagnie minière d’Ambatovy. Cette compagnie réalise ce qui n’est pas fait habituellement, c’est-à-dire ce que les autres contributeurs ne peuvent pas apporter. En accord avec le Gouvernement de Madagascar, à travers le ministère des Finances et du Budget, Ambatovy va consacrer 600 millions d’ariary de son fonds d’investissement social afin de venir en aide aux communautés dans ses zones d’intervention touchées par le passage du cyclone Enawo ». « Outre l’aide d’urgence destinée à subvenir aux besoins les plus urgents des sinistrés, entre autres du riz et de l’huile, des fûts capables de stocker de l’eau potable, Ambatovy a appuyé les unités de secours, la réhabilitation des infrastructures, le collecte de fonds et le volontariat des employés de la compagnie,… ».(+) : Pouvez-vous citer les 17 projets d’infrastructures et les projets sociaux ? (=) :  « Ces projets sont le projet d’élevage de poulets de chair  baptisé "Harenasoa" , la réhabilitation du marché de "Bazary Be" à Toamasina, la destruction du stock restant d’ammoniac de l’ancienne société Zeren, la réhabilitation du marché de Moramanga, la réhabilitation d’une portion de route à Ambatondrazaka, le projet de gestion des ordures "Moramadio" à Moramanga, le projet de gestion des ordures "Tanamadio" à Toamasina, la création d’une unité de protection civile à Toamasina, l’appui à la Jirama de Toamasina, la fourniture d’équipements pour la Brigade des pompiers de Toamasina, la réhabilitation du lycée technique de Toamasina, la mise en place d’un fonds pour la bonne gouvernance des redevances minières, la réhabilitation du marché de Brickaville, la réhabilitation et la construction d’infrastructures à Toamasina. A cela s’ajoutent la construction d’un laboratoire pour l’One (Office national pour l’environnement) de Toamasina, la réhabilitation du Tribunal de Moramanga, l’achat d’une ambulance pour Moramanga ».(+) : Quelles sont vos perspectives de développement ? (=) : « Ambatovy demeure dans la logique d’austérité vu que le cours du nickel reste relativement bas. La compagnie essaie de réduire au maximum les coûts de revient pour éviter les grosses pertes irrémédiables. Depuis novembre 2015, le prix du nickel sur le marché international varie en dents de scie. Cette variation est de l’ordre de 8 000 à 10 500 usd par baril ».Recueillis par  Donas Hanitriniony Ralay

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Gravissime !

Larousse définit le mot « gravissime » par « extrêmement grave ». Une situation qui atteint un point ultime de gravité. Le pays végète dans un état de dégradation avancé. La ruine et la déconfiture nous menacent sérieusement tous. Sur le plan moral et économique, les dégâts s’amplifient et atteignent des proportions inquiétantes et préoccupantes.La recrudescence de l’insécurité… sécuritaire, d’un niveau de cruauté et d’atrocité jamais vécu auparavant, d’abord, pose réellement problème. Nul n’est épargné, sauf peut-être les Palais d’Etat d’Ambohitsorohitra ou d’Iavoloha, ainsi que les autres de Mahazoarivo ou ailleurs.

Le reste passe à la trappe. Le cas de cet officier de la Gendarmerie, un lieutenant, à Sambava, nous atterre. Il s’est fait attaquer, à son domicile, au petit matin. Les pertes sont énormes. Une coquette somme de 12 millions d’ariary, suivie d’un paquet de 50 kilos de vanille estimé à 60 millions d’ariary avec des objets précieux en or ou d’autres de valeur s’évanouissent dans la nature d’un seul coup. Le plus inquiétant réside dans le fait que l’un des brigands appréhendés est un agent de police en service. Il ne faut jamais perdre de vue l’autre aspect criant de cette insécurité, à savoir l’insécurité… alimentaire aggravée, surtout après le passage de ce cruel cyclone Enawo ayant frappé le pays de plein fouet. La mobilisation porte ses fruits, mais la situation est tellement grave que les aides recueillies ne représentent qu’une goutte d’eau dans l’océan de la misère. Au sein du microcosme sociétal, la destruction des repères moraux détruit complètement le sens de la vie et aboutit à des gestes insensés même au niveau des tout petits jeunes de… 10 ans. On nous a tous rapportés cet acte de viol perpétré par ce jeune enfant, un garçon de 10 ans, à Manjakandriana sur deux petites fillettes âgées de 6 et de 7 ans. La jeunesse vogue d’une errance à l’autre. Elle perd le nord et s’égare. Incapable de faire la différence entre le mal, à éviter, et le bien à vivre, la jeunesse malagasy est déboussolée. La misère extrême dans laquelle elle évolue ne la laisse aucune chance de se conduire « normalement ». Très grave comme situation !La fracture conséquente entre l’Etat, du moins les hommes au pouvoir, et le peuple complique la crise. Pour les citoyens lambda, l’Etat n’existe plus. Les faux bonds à plusieurs reprises des tenants du pouvoir brisent l’image de l’Etat aux yeux de tous. Les promesses non tenues et répétées des dirigeants n’inspirent plus la confiance. Et enfin, la montée en puissance des allégations de corruption qui atteint jusque dans les hautes sphères du régime sape à la base le fragile socle du pouvoir d’Etat. Bref, le lien de confiance, supposé existant, entre le pouvoir central et les structures décentralisées / déconcentrées avec le peuple est rompu. Il s’ensuit de fait, au niveau des contribuables, des comportements irréfléchis causant des dommages inestimables, entre autres les vindictes populaires ou le rejet de s’acquitter des devoirs civiques comme le paiement d’impôts.Mais le plus grave et le plus dangereux de tout cela se situe au stade de l’impuissance de l’Etat à maîtriser la… gravissime crise. Il agit, complètement, à côté de la plaque ! Les mesures prises, jusque-là, ne contribuent pas à contourner le mal. A l’inverse, elles compromettent encore plus le cas.Ndrianaivo

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Affaire bois de rose-Singapour - Autosatisfaction incomplète de l’Etat

Quid des complices malagasy ? Telle est la question que se posent bon nombre d’observateurs avertis après la décision de la Justice de Singapour qui a tranché sur l’affaire des 30 000 rondins de bois de rose importés de Madagascar en 2014. La semaine dernière, un homme d’affaires et sa société ont été jugés coupables d’avoir illégalement importé ces bois d’une valeur de 50 millions de dollars américains. La peine que prononcera la Justice singapourienne pour le coupable Wong Wee Keong et son entreprise Kong Hoo reste attendue. L’avocat général a requis 18 mois de prison pour l’opérateur et une amende de 500 000 $ pour le cabinet.

A Madagascar, les barons du régime Hvm ont salué, voire se sont appropriés, cette condamnation prononcée par la Justice singapourienne. Après le ministère de l’Environnement, ce fut au tour de la Présidence de la République de saluer cette « victoire qui confirme la ferme volonté de l’Etat malagasy de mettre fin à ce trafic ». « Cette décision renforce la détermination de l’Etat à poursuivre les trafiquants nationaux qui ont participé à cette transaction illégale », soutient également le communiqué de la Présidence. Jusqu’ici, cette volonté politique de l’Etat d’arrêter et condamner par la suite tous les responsables du trafic illicite à Madagascar, fait néanmoins défaut de l’avis de bon nombre d’observateurs.

Sans la persévérance de la Justice de Singapour, certains analystes estiment que cette affaire ne serait jamais allée au bout. Il faut en effet rappeler que le principal accusé avait déjà été acquitté par deux fois. La partie malagasy avait plutôt brillé par son manque d’engagement et ses tergiversations. La Justice singapourienne avait sollicité la version des autorités malagasy sur l’authenticité des documents ayant permis l’importation de ces 30 000 rondins de bois de rose. A plusieurs reprises, le régime Hvm avait changé de fusil d’épaule. Le ministre de l’Environnement de l’époque, Anthelme Ramparany avait signifié l’authenticité des documents. Une version reniée par l’ancien Premier ministre, Jean Ravelonarivo, qui attestait de l’illégalité des documents ayant permis l’exportation de la cargaison. Des tergiversations qui avaient abouti  sur des acquittements de l’opérateur singapourien.

Bon nombre se demandent également, qu’en est-il des fournisseurs de cet opérateur singapourien ? Des noms continuent de circuler, mais ceux qui sont incriminés restent libres comme l’air, nullement inquiétés par la Justice. Ils continuent de dormir sur leurs deux oreilles et à jouir de l’argent qu’ils ont acquis de manière malhonnête. « Son Excellence Monsieur le Président de la République avec le Gouvernement se sont engagés à lutter pour l’éradication des exportations illicites des ressources forestières de la Grande île », soutient le communiqué de la Présidence. Ne pas protéger les fournisseurs venant de Madagascar serait un moyen pour Hery Rajaonarimampianina de prouver qu’il veut vraiment lutter contre ce trafic.Aiky R.

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Affaires de 1947 - Ouverture des archives coloniales souhaitée

La célèbre historienne Françoise Raison-Jourde, dans le cadre de la commémoration du 70e anniversaire de l’insurrection malgache (29 mars 2017) a insisté, lors de sa prise de parole à la Sorbonne, le 31 mars dernier, pour l’ouverture des archives sur les affaires de 1947. Parallèlement, à Antananarivo, dans le cadre du colloque scientifique international organisé en leur mémoire à l’« Akademia Malagasy », les 30 et 31 mars, le président de cette institution, Pr. Marcel Razanamparany, a également émis le même avis. Ci-après la synthèse des idées forces des 45 communications présentées et témoignages répartis dans cinq thématiques spécifiques débattues dans les commissions lors de cette rencontre intitulée « Pour l’Etat malgache : libre, indépendant et national ».

Thématique spécifique 1La Commission I, portant sur le statut juridique et constitutionnel de l’Etat libre, a examiné les questions relatives à l’Etat, à l’Etat-nation, à l’évolution des revendications indépendantistes ainsi que la recherche d’un processus de provincialisation adaptable à Madagascar. Le problème de la situation du pays durant la seconde Guerre mondiale a été également évoqué.Thématique spécifique 2La Commission II qui a traité le thème « Etat libre et géopolitique » a surtout placé la dynamique des revendications nationalistes dans le cadre du principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, et dans le contexte international de la Guerre froide, ainsi qu’à travers l’émergence de la solidarité entre les peuples colonisés. Entre autres, ont été débattues les affaires à Madagascar en 1947 confrontées avec l’étranger ainsi que la difficulté dans le choix d’un Etat libre, 70 ans après 1947. Ces discussions ont débouché sur l’appréciation critique des accords de coopération signés avec la France.Thématique spécifique 3La Commission III intitulée « Etat libre, indépendant et national et les intellectuels malgaches » a examiné une panoplie de questions concernant diverses sphères de la vie socioculturelle malgache. Ainsi, ont été examinées les positions respectives des intellectuels vis-à-vis de la libération nationale, du devoir de mémoire, de la forme du langage, de la valeur symbolique des monuments muets et de la culture en général.Thématique spécifique 4La Commission IV, portant sur l’Etat national malgache et les ressources de Madagascar, s’est basée pour l’essentiel sur la nécessité de la connaissance des potentialités économiques du pays, et ce, afin d’optimaliser leur exploitation. Cette démarche a été adoptée pendant la période coloniale et devrait également être pratiquée dans un Etat indépendant. A cet égard, a été discutée la bonne gouvernance du terroir en relation avec la préservation des ressources naturelles. En outre, la question de l’importance de la délimitation des territoires en rapport avec les îles Eparses fut soulevée. Enfin, la dynamique de l’entreprenariat à Madagascar ainsi que le retour des femmes malgaches aux affaires ont été aussi débattus.Thématique spécifique 5La Commission V s’est consacrée aux questions relatives aux résistances et réactions vis-à-vis de la proposition d’un Etat national. A ce propos, l’opposition de certains intellectuels concernant la mise en place d’un Etat national a débouché sur le questionnement portant sur l’existence d’une nation malgache. Par ailleurs, l’analyse de la position des fonctionnaires malgaches vis-à-vis de l’insurrection de 1947 fut également effectuée. Enfin, des narrations, ayant valeur de témoignage, ont été présentées sur le grand procès de 1948, sur le parcours de Stanislas Rakotonirina, premier maire malgache d’Antananarivo, sur l’itinéraire de Pierre Boiteau et sur les résultats des enquêtes menées dans la Région de l’Est.Recueillis par Manou Razafy

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Des spécimens de bulletins uniques prêts à l’emploi

La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) avance à grand pas dans les préparatifs des élections législatives du 27 mai 2019. Une partie des spécimens des bulletins uniques sont déjà arrivés dans le pays depuis dimanche, la campagne de sensibilisation et d’éducation citoyenne avec les organisations de la société civile sur ces élections ne devront plus tarder.

Les 76 000 bulletins arrivés dimanche serviront notamment aux organisations de la société civile agrée par la Ceni à assurer la campagne de sensibilisation et d’éducation citoyenne, a précisé Thierry Rakotonarivo, vice-président de cet organe chargé de l’organisation des élections à Madagascar. Les candidats, partis et groupement de partis politiques qui sont déjà en précampagne auront leurs parts de spécimens à partir du 10 avril et ne seront autorisés à les utiliser qu’à partir du 5 mai pour éviter le risque d’une campagne électorale avant l’heure. Chaque parti ou groupe de partis aura droit à 125 exemplaires de ces spécimens.

L’arrivée des 10 500 000 exemplaires des bulletins uniques qui serviront au scrutin du 27 mai prochain n’est prévue qu’à partir du 3 mai, selon le vice-président de la Ceni. Le dispatching de ces matériels de vote au niveau des 119 circonscriptions électorales ou districts devraient être réalisés au plus tard le 10 mai pour qu’ils soient prêts à utiliser le jour du scrutin. Mais il va sans dire que la Commission électorale doit faire tout le nécessaire pour assurer la sécurité de ces bulletins et éviter, par la même occasion, toute tentative de fraudes électorales.

Ainsi, Thierry Rakotonarivo rappelle-t-il que les spécimens des bulletins uniques attribués aux organisations de la société civile ne peuvent pas être utilisés lors du scrutin. Il en est de même pour les spécimens des bulletins uniques utilisés par les candidats, les partis et groupe de partis politiques dans le cadre de leur sensibilisation des électeurs. Les bulletins destinés au scrutin se distingueront sur le contenu de ces spécimens. En plus d’être équipés des outils permettant d’éviter leurs piratages, ces bulletins uniques sont scellés ne pourront être ouverts que le jour du scrutin.

Il reste actuellement à savoir comment la Ceni va procéder pour pallier aux problèmes liés aux numéros de série des bulletins uniques rencontrés lors de l’élection présidentielle. Il importe également de savoir les signes distinctifs et d’identification des bulletins uniques originaux pour éviter les risques de fraudes électorales.

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« Le COVID-19, révélateur de l’injustice sociale »

L’Observatoire de la vie publique (SEFAFI) s’est exprimé pour la première fois sur la gestion de la crise sanitaire due au coronavirus dans le pays. Dans un communiqué en date du 30 mars, il indique que « Le COVID-19 est révélateur de l’injustice sociale » dans le pays. En effet, toutes les mesures annoncées et prises depuis le 23 mars « semblent tomber sous le sens », mais « la réaction d’une partie de la population, notamment dans les centres urbains et leurs périphéries, donne à réfléchir ».

« Au-delà de la crise sanitaire se profile une crise sociale et économique majeure qui risque d’affecter gravement le pays pour les prochaines années », constate le SEFAFI. « Un premier indice en a été perceptible dès la nuit du vendredi 20 mars, lorsque les pharmacies de garde ont été prises d’assaut par des hordes de citoyens en quête du moindre cachet pour se prémunir contre l’attaque du coronavirus. Cette réaction révèle l’énorme fossé social creusé par un système de santé qui ignore les plus démunis ».

Pour le SEFAFI, le « système de santé est défaillant » à Madagascar. « Chacun en connaît les fragilités, qui risquent de handicaper la lutte contre le Covid-19. Une étude récente de Transparency International–Initiative Madagascar (TI-MG) révèle la persistance de diverses formes de corruption dans le monde médical et hospitalier. Une majorité du corps médical, enfermé dans un corporatisme malsain, nie cette évidence en dépit des nombreux témoignages de victimes, ou l’accepte comme une conséquence « normale » de conditions de travail harassantes, du manque de matériel ou du faible taux de rémunération. »

L’observatoire lance néanmoins des fleurs à l’endroit des professionnels de la santé dévoués et intègres « qui ne cessent de se préoccuper des plus faibles ». Malgré tout, il égratigne « l’État de son rôle de garant du bien-être de la population : le budget alloué annuellement au secteur de la santé est notoirement insuffisant, et n’arrive qu’à grand peine à soutenir un secteur vacillant et perfusé, qui survit grâce à l’aide des bailleurs de fonds. Les futures lois de finances devront tirer les conséquences de la crise du coronavirus. »

« Le gouvernement déclare que le pays est prêt à faire face à la crise sanitaire, mais les doutes subsistent. Le citoyen s’interroge sur la réelle capacité d’accueil des hôpitaux, sur le nombre de lits, de médecins, d’infirmiers, etc. Et que l’État prenne en charge les soins des victimes du coronavirus serait une marque de justice et d’humanité à l’égard de tous ceux qui survivent sous le seuil de pauvreté. En bref, la population a le droit de savoir ce qui l’attend, ce qui implique une communication régulière et professionnellement mieux informée. »

Le SEFAFI dénonce également une « précarité sociale au quotidien » en rappelant les razzias sur les rayons des grandes surfaces et les spéculations de tous bords notamment sur les prix des produits de première nécessité dès le début du confinement dans le pays. « Des mesures correctives ont été prises, suite aux dénonciations des consommateurs, et il faut espérer que cette surveillance continue, même hors temps de crise ». Mais il pointe également du doigt l’incompatibilité des mesures de confinement avec les activités informelles de « petites gens ».

« Le plan d’urgence sociale annoncé veut répondre à ce problème, mais sa mise en œuvre tient de la quadrature du cercle. Une simple division permet d’établir que 100.000 personnes bénéficieront de cette aide. Sur quels critères va-t-on désigner les ayant-droits, sachant qu’ils sont des centaines de milliers à pouvoir y prétendre ? La colère des exclus est à craindre. Et si la crise perdure, combien de temps l’État pourrait-il poursuivre cette politique d’assistanat ? Sans doute n’est-il pas trop tard pour trouver des solutions locales, en lien avec la société civile (enseignants, commerçants, fonctionnaires, jeunes, religieux, etc.) : ces concertations permettront à tous de s’impliquer dans des choix qui deviendront les leurs, et non pas ceux d’une autorité lointaine et anonyme. »

En substance, « La crise du coronavirus est devenue un révélateur puissant de la précarité dans laquelle vit la majorité de nos concitoyens », selon le SEFAFI. À la mesure de leur compréhension et de leur niveau d’information, les couches sociales les plus défavorisées en concluent que le virus a été « importé » par les privilégiés alors que la plupart des citoyens « ordinaires » doit sortir pour gagner sa subsistance au jour le jour. Chacun souhaite un dénouement heureux de cette crise, à Madagascar et dans le monde. Mais le réalisme et la prudence sont de mise.

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Ny Rado Rafalimanana arrêté et auditionné à Fiadanana

Ny Rado Rafalimanana a été arrêté hier matin par les forces de l’ordre au Centre de conférences internationales (CCI) à Ivato. Le président national de l’ONG « Ny Fanahy No Maha Olona » y a emmené son beau-frère pour se faire dépister du coronavirus lorsque les gendarmes seraient venus pour l’interpeller. Le candidat au premier tour de l’élection présidentielle en 2018 a été par la suite conduit à la brigade de Fiadanana où il est placé en garde à vue et enquêté.

Les véritables raisons de son arrestation restent encore floues. Ny Rado Rafalimanana aurait dénigré et déshonoré les forces de l’ordre qui apportent leurs aides au CCI dans le cadre de la mise en place de ce dépistage du COVID-19. Il y aurait également une plainte déposée contre lui par un officier de la gendarmerie nationale pour abus de confiance et escroquerie.

Son beau-frère, qui a effectué le test du coronavirus, explique qu’ils sont arrivés tranquillement au CCI et que Ny Rado Rafalimanana l’avait attendu dans une voiture avec un chauffeur pendant qu’il effectuait son test. « À mon retour, il n’était plus là et c’est le chauffeur qui m’a expliqué que les forces de l’ordre l’ont emmené ».

Le chauffeur en question, le principal témoin de l’arrestation, raconte qu’il n’y a eu aucune dispute avec les forces de l’ordre qui effectuaient l’arrestation. « Elles sont arrivés et ont demandé à Ny Rado Rafalimanana de les suivre à Fiadanana car il y aurait une affaire le concernant là-bas. Puis, il m’a dit d’attendre son beau-frère et de le rejoindre à Fiadanana par la suite », témoigne ce conducteur.

Joint au téléphone dans l’après-midi, l’avocat de Ny Rado Rafalimanana a indiqué qu’il se trouve encore en pleine enquête et ne peut pour l’instant évoquer les raisons de cette arrestation. Les forces de l’ordre, non plus, restent très discrètes sur cette affaire que certains considèrent comme une suite de la très polémique interdiction de sortie du territoire de ce président de l’ONG « Ny Fanahy No Maha Olona », qui remonte au début du mois de février.

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Les étudiants habitant hors des cités universitaires réclament une aide sociale

Début de crise sociale ? Les étudiants de l’Université d’Antananarivo en provenance des provinces et des régions et ne résidant pas dans les cités universitaires, réclament une aide sociale auprès du ministère de l’Enseignement supérieur et des recherches scientifiques (MESRES), après la déclaration de ce ministère concernant la distribution de vivres à tous les étudiants résidents des cités universitaires de Madagascar.

Par contre, le président de l’Association des étudiants de la faculté des Sciences, Odilon Rasolonirina, a indiqué que « seuls 30 à 40% des étudiants accèdent aux cités universitaires d’Ankatso, et le reste est obligé de louer des maisons en ville. Ce confinement a un impact pénible sur beaucoup d’entre nous, en termes de provisions, et surtout de loyer ».

« Nous sommes directement victimes de ce confinement dans la mesure où nos parents ne peuvent plus nous envoyer des provisions à cause de la suspension des transports routiers vers Antananarivo. Et ils ne peuvent pas non plus nous envoyer de l’argent pour les mêmes motifs dus à cette crise sanitaire. Mais le propriétaire ne veut rien savoir de nos problèmes et nous contraint de payer notre loyer, même si n’avons pas de source de revenu. Pour pouvoir survivre à Antananarivo et continuer mes études, je fais des cours dans différents collèges privés. Or, les écoles sont fermées maintenant à cause du coronavirus. Aussi lançons-nous des appels à l’attention de l’Etat pour nous venir en aide », témoigne Bertin, un étudiant d’Ankatso.

« Les résidents des cités universitaires sont prioritaires dans la distribution des vivres, mais ce jour (ndlr : hier), nous nous sommes réunis avec la présidence de l’université et l’équipe du ministère, pour trouver des solutions concernant les étudiants non résidents. Le ministère est dans la phase des études cas par cas de ces non résidents, et ceux qui se trouvent le plus en difficulté vont recevoir leur part d’aide alimentaire », selon Manato, président des étudiants résidents des cités universitaires d’Ankatso.