Les actualités Malgaches du Dimanche 01 Octobre 2017

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Les Matchs de la CCCOI se sont tenus à huit clos

Les demi-finales et les finales Dames et Hommes pour la coupe des clubs de l’Océan Indien Basket-ball se sont tenues à huis clos.
En effet, une décision a été prise le samedi 30 septembre par le premier ministre malgache pour lutter contre la propagation de la peste ainsi, toutes les réunions publiques et rassemblements sont interdits dans la capitale malgache. De ce fait, les Matchs depuis le 30 septembre ont été seulement diffusés en direct à la Télé. Le public n’a pas été autorisé à se rendre au Palais des Sports Mahamasina, mais a dû se contenter d’une retransmission en direct sur la chaine nationale. ASCUT Antsinanana a remporté la coupe chez les Hommes en battant GNBC tandis que chez les Dames c’est Fandrefiala qui s’est imposé face à l’équipe TAMIFA. Les finales ont été toutes 100% Malgaches.
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Des observateurs internationaux… pourquoi faire ?

A quoi servent les observateurs électoraux internationaux si ce n’est que pour cautionner et crédibiliser les élections émaillées d’imperfections et d’irrégularités dans les pays du tiers monde où la communauté internationale injecte de l’argent ? Cette question se pose à la veille du premier tour de l’élection présidentielle de Madagascar et à quelques heures de l’arrivée d’une mission de 41 observateurs électoraux de l’Union européenne dans la Grande île.

D’après les explications du rapporteur général de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) -organe chargé de la préparation et de l’organisation de l’élection- les observateurs internationaux ne peuvent pas faire grand-chose juridiquement parlant même s’ils constatent des irrégularités avant pendant ou après le scrutin. Ils ne peuvent déposer aucune requête auprès des juridictions compétentes du pays pour dénoncer quoi que ce soit. Cette responsabilité incombe aux observateurs nationaux. Les étrangers, eux, ne peuvent qu’émettre leurs avis et le cas échéant des suggestions pour améliorer les prochaines séances électorales.

C’est entre autres la raison pour laquelle la mission d’observation électorale de l’Union européenne qui séjournera dans la Grande île pendant 36 jours se contentera d’effectuer une déclaration deux jours après la tenue du premier tour de la présidentielle, soit le 9 novembre prochain. Lors de cette déclaration, elle émettra ou non ses critiques et suggestions par rapport à la mission de ses membres à travers les quatre coins de Madagascar. Cela a été déjà le cas en 2001 comme en 2013 où des équipes d’experts internationaux en la matière venus de l’Europe se sont rendus à Madagascar.

Des imperfections et des irrégularités ont effectivement été constatées lors de ces deux élections organisées dans la Grande île. Malheureusement, les remarques faites par les missionnaires et les suggestions émises par les rapporteurs n’ont pas pu empêcher les problèmes politiques post-électoraux de s’éclater.

Comme les autres partenaires techniques et financiers internationaux du développement de Madagascar, l’Union européenne a contribué au fonds commun du projet de soutien au cycle électoral de Madagascar (Sacem) à hauteur de plus d’un million sept cent mille dollars. Ce financement récent, datant du 4 juillet dernier, nécessite incontestablement une surveillance de près en guise de justification. Sinon, les parlementaires européens, trop exigeants sur les dépenses faites par les dirigeants, pointeraient du doigt les dirigeants européens. A quoi l’enveloppe a-t-elle servi ? Les Européens doivent en savoir davantage.

L’incapacité de la communauté internationale à faire quoi que ce soit sur les imperfections et irrégularités de l’organisation des élections se confirme, entre autres, par la dénonciation des erreurs dans la liste électorale, effectuée récemment par un audit réalisé par une mission de l’Organisation internationale de la Francophonie à Madagascar. Mais le mal a déjà été fait. Malgré les révélations sur les bémols, on ne peut plus retoucher cette liste électorale. Le scrutin du 7 novembre prochain devra être fait avec.

Quoique littéralement symbolique, l’observation des membres de la communauté internationale, notamment à Madagascar, a toujours été considérée comme une crédibilisation de l’élection pour qu’elle soit transparente et accepter par tous bien que la situation tourne souvent en catastrophe. C’est en effet par indignation et moquerie que beaucoup lancent que les observateurs internationaux sont en partie responsables des crises politiques cycliques à Madagascar.

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Le pouvoir administratif discrétionnaire socle de la corruption

L’Afrique du Sud et d’autres pays dépensent des millions de dollars pour lutter contre la corruption. De multiples conférences visent à rechercher des solutions pour lutter contre ce fléau. Des études scientifiques lui sont consacrées. Nous avons toutefois tendance à trop réfléchir et à compliquer le phénomène de corruption. La solution est assez simple et évidente : réduire les pouvoirs discrétionnaires. Cela n’éliminera peut-être pas la corruption, mais en réduira substantiellement la prévalence.

Primauté de la loi

L’état de droit est une valeur fondatrice de l’ordre constitutionnel en Afrique du Sud et, de l’article 1(c) de sa loi suprême, la suprématie de la Constitution et de l’état de droit est une valeur fondamentale.

La doctrine de la primauté du droit est un outil puissant contre l’arbitraire. Elle impose que la loi soit constitutionnelle (conforme aux valeurs de liberté, d’égalité et de dignité humaine), compréhensible, accessible, non rétroactive et raisonnable (en d’autres termes, rationnelle, proportionnelle, contextualisée et efficace). Elle exige en outre que l’organisation étatique respecte la séparation des pouvoirs : le pouvoir législatif doit légiférer, l’exécutif doit mettre en œuvre la loi et le pouvoir judiciaire doit interpréter et appliquer la loi.

Le pouvoir discrétionnaire : racine du mal

On dit souvent que la corruption entraîne une détérioration de l’état de droit. Plus un gouvernement est corrompu, moins il y a de respect de l’état de droit. Ce constat s’applique souvent aux politiciens sud-africains. L’inverse est vrai aussi : moins il y a d’état de droit, plus le gouvernement est corrompu. En effet, la corruption est la conséquence d’un manque de primauté du droit. Elle prospère bien là où le pouvoir discrétionnaire est fort.

En bref, lorsqu’un pouvoir discrétionnaire est attribué par un parlement à un fonctionnaire, cela lui permet d’évaluer les situations, les circonstances, les faits en fonction de ses connaissances et de sa compréhension subjectives, et de prendre ainsi des décisions discrétionnaires. Cependant, l’Afrique du Sud ayant comme fondement la primauté du droit (et non la règle de l’homme), il est impératif que cette discrétion soit restreinte, circonscrite et limitée par des critères juridiques objectifs.

Un exemple pour illustrer le pouvoir discrétionnaire illimité : « Si le fonctionnaire qui enregistre les nouvelles entreprises est convaincu que cela est dans l’intérêt général, il peut refuser de renouveler un permis d’exploitation. » Lorsque le Parlement accorde des pouvoirs discrétionnaires illimités de cette nature, notons que cela se produit dans pratiquement chaque texte de loi qu’il édicte, il ébranle l’état de droit et nourrit la corruption. En effet, les fonctionnaires sont rendus législateurs ad hoc, violant ainsi la séparation des pouvoirs.

Réduire l’arbitraire pour lutter contre la corruption

Lorsque les fonctionnaires se voient attribuer ce genre de pouvoirs, ils sont incités à adopter une mauvaise conduite et leurs fautes sont difficiles à tracer et à prouver. Un simple fonctionnaire peut, au nom du pouvoir susmentionné, décider de ne pas renouveler une licence d’exploitation à moins d’être généreusement « arrosé ». Il existe aussi un autre type de corruption plus sinistre : le fonctionnaire qui refuse simplement de renouveler la licence d’une entreprise qu’il déteste pour une raison idéologique ou personnelle. Ces cas ne sont pas rares.

La loi doit au contraire obliger le bureau d’enregistrement à renouveler chaque licence d’exploitation, à moins qu’il ne produise des preuves explicitant les raisons du refus. Bien sûr, une telle procédure doit être claire. Sinon, le fait de plaire ou d’acheter des régulateurs et des fonctionnaires deviendrait l’élément essentiel de l’activité commerciale.

J’ai récemment été invité à prendre la parole lors d’une conférence sur la corruption en Afrique de l’Ouest. Mon exposé aurait porté exclusivement sur la délinquance législative des Parlements et des Assemblées législatives attribuant des pouvoirs discrétionnaires larges et illimités aux fonctionnaires. Mon vol vers le pays où devait se tenir la conférence est parti sans moi... Au moment du décollage, j’attendais toujours un visa. J’ai essuyé deux refus, après avoir été à leur consulat local à plusieurs reprises juste pour me faire raconter des histoires par un humble fonctionnaire. Deux de mes collègues ont vécu des expériences similaires. J’ai aussi des collègues du monde entier qui ne peuvent pas venir en Afrique du Sud pour pratiquement la même raison : du personnel consulaire peu coopératif et avec trop de pouvoir discrétionnaire.

Par conséquent, ironiquement, j’ai été empêché de faire une présentation sur le cynisme du pouvoir discrétionnaire illimité de la part de quelqu’un exerçant un pouvoir discrétionnaire illimité. Cela aurait pu être évité si, par exemple, la loi exigeait simplement que les visiteurs étrangers soumettent, en ligne, leurs adresses et autres informations pertinentes pour s’assurer que les États destinataires puissent les identifier et les retrouver si nécessaire. Cette approche fondée sur le bon sens ne fait pas l’unanimité car les pouvoirs discrétionnaires permettent le maintien d’empires bureaucratiques. Il est peu probable que les dirigeants, qui utilisent eux-mêmes des pouvoirs discrétionnaires pour obtenir des gains illicites, souhaitent qu’ils cessent.

Ainsi, il appartient aux citoyens d’exiger que leurs législateurs se soumettent à l’état de droit et cessent d’attribuer des pouvoirs despotiques sans restriction à des fonctionnaires non élus, sans visage et sans nom. Un sursaut est requis de la part de la population si l’on cherche à transformer la corruption généralisée à une pratique occasionnelle.

Martin van Staden est chercheur-analyste au Free Market Foundation.

Article publié en collaboration avec Libre Afrique

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Des observateurs internationaux… pourquoi faire ?

A quoi servent les observateurs électoraux internationaux si ce n’est que pour cautionner et crédibiliser les élections émaillées d’imperfections et d’irrégularités dans les pays du tiers monde où la communauté internationale injecte de l’argent ? Cette question se pose à la veille du premier tour de l’élection présidentielle de Madagascar et à quelques heures de l’arrivée d’une mission de 41 observateurs électoraux de l’Union européenne dans la Grande île.

D’après les explications du rapporteur général de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) -organe chargé de la préparation et de l’organisation de l’élection- les observateurs internationaux ne peuvent pas faire grand-chose juridiquement parlant même s’ils constatent des irrégularités avant pendant ou après le scrutin. Ils ne peuvent déposer aucune requête auprès des juridictions compétentes du pays pour dénoncer quoi que ce soit. Cette responsabilité incombe aux observateurs nationaux. Les étrangers, eux, ne peuvent qu’émettre leurs avis et le cas échéant des suggestions pour améliorer les prochaines séances électorales.

C’est entre autres la raison pour laquelle la mission d’observation électorale de l’Union européenne qui séjournera dans la Grande île pendant 36 jours se contentera d’effectuer une déclaration deux jours après la tenue du premier tour de la présidentielle, soit le 9 novembre prochain. Lors de cette déclaration, elle émettra ou non ses critiques et suggestions par rapport à la mission de ses membres à travers les quatre coins de Madagascar. Cela a été déjà le cas en 2001 comme en 2013 où des équipes d’experts internationaux en la matière venus de l’Europe se sont rendus à Madagascar.

Des imperfections et des irrégularités ont effectivement été constatées lors de ces deux élections organisées dans la Grande île. Malheureusement, les remarques faites par les missionnaires et les suggestions émises par les rapporteurs n’ont pas pu empêcher les problèmes politiques post-électoraux de s’éclater.

Comme les autres partenaires techniques et financiers internationaux du développement de Madagascar, l’Union européenne a contribué au fonds commun du projet de soutien au cycle électoral de Madagascar (Sacem) à hauteur de plus d’un million sept cent mille dollars. Ce financement récent, datant du 4 juillet dernier, nécessite incontestablement une surveillance de près en guise de justification. Sinon, les parlementaires européens, trop exigeants sur les dépenses faites par les dirigeants, pointeraient du doigt les dirigeants européens. A quoi l’enveloppe a-t-elle servi ? Les Européens doivent en savoir davantage.

L’incapacité de la communauté internationale à faire quoi que ce soit sur les imperfections et irrégularités de l’organisation des élections se confirme, entre autres, par la dénonciation des erreurs dans la liste électorale, effectuée récemment par un audit réalisé par une mission de l’Organisation internationale de la Francophonie à Madagascar. Mais le mal a déjà été fait. Malgré les révélations sur les bémols, on ne peut plus retoucher cette liste électorale. Le scrutin du 7 novembre prochain devra être fait avec.

Quoique littéralement symbolique, l’observation des membres de la communauté internationale, notamment à Madagascar, a toujours été considérée comme une crédibilisation de l’élection pour qu’elle soit transparente et accepter par tous bien que la situation tourne souvent en catastrophe. C’est en effet par indignation et moquerie que beaucoup lancent que les observateurs internationaux sont en partie responsables des crises politiques cycliques à Madagascar.

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Le pouvoir administratif discrétionnaire socle de la corruption

L’Afrique du Sud et d’autres pays dépensent des millions de dollars pour lutter contre la corruption. De multiples conférences visent à rechercher des solutions pour lutter contre ce fléau. Des études scientifiques lui sont consacrées. Nous avons toutefois tendance à trop réfléchir et à compliquer le phénomène de corruption. La solution est assez simple et évidente : réduire les pouvoirs discrétionnaires. Cela n’éliminera peut-être pas la corruption, mais en réduira substantiellement la prévalence.

Primauté de la loi

L’état de droit est une valeur fondatrice de l’ordre constitutionnel en Afrique du Sud et, de l’article 1(c) de sa loi suprême, la suprématie de la Constitution et de l’état de droit est une valeur fondamentale.

La doctrine de la primauté du droit est un outil puissant contre l’arbitraire. Elle impose que la loi soit constitutionnelle (conforme aux valeurs de liberté, d’égalité et de dignité humaine), compréhensible, accessible, non rétroactive et raisonnable (en d’autres termes, rationnelle, proportionnelle, contextualisée et efficace). Elle exige en outre que l’organisation étatique respecte la séparation des pouvoirs : le pouvoir législatif doit légiférer, l’exécutif doit mettre en œuvre la loi et le pouvoir judiciaire doit interpréter et appliquer la loi.

Le pouvoir discrétionnaire : racine du mal

On dit souvent que la corruption entraîne une détérioration de l’état de droit. Plus un gouvernement est corrompu, moins il y a de respect de l’état de droit. Ce constat s’applique souvent aux politiciens sud-africains. L’inverse est vrai aussi : moins il y a d’état de droit, plus le gouvernement est corrompu. En effet, la corruption est la conséquence d’un manque de primauté du droit. Elle prospère bien là où le pouvoir discrétionnaire est fort.

En bref, lorsqu’un pouvoir discrétionnaire est attribué par un parlement à un fonctionnaire, cela lui permet d’évaluer les situations, les circonstances, les faits en fonction de ses connaissances et de sa compréhension subjectives, et de prendre ainsi des décisions discrétionnaires. Cependant, l’Afrique du Sud ayant comme fondement la primauté du droit (et non la règle de l’homme), il est impératif que cette discrétion soit restreinte, circonscrite et limitée par des critères juridiques objectifs.

Un exemple pour illustrer le pouvoir discrétionnaire illimité : « Si le fonctionnaire qui enregistre les nouvelles entreprises est convaincu que cela est dans l’intérêt général, il peut refuser de renouveler un permis d’exploitation. » Lorsque le Parlement accorde des pouvoirs discrétionnaires illimités de cette nature, notons que cela se produit dans pratiquement chaque texte de loi qu’il édicte, il ébranle l’état de droit et nourrit la corruption. En effet, les fonctionnaires sont rendus législateurs ad hoc, violant ainsi la séparation des pouvoirs.

Réduire l’arbitraire pour lutter contre la corruption

Lorsque les fonctionnaires se voient attribuer ce genre de pouvoirs, ils sont incités à adopter une mauvaise conduite et leurs fautes sont difficiles à tracer et à prouver. Un simple fonctionnaire peut, au nom du pouvoir susmentionné, décider de ne pas renouveler une licence d’exploitation à moins d’être généreusement « arrosé ». Il existe aussi un autre type de corruption plus sinistre : le fonctionnaire qui refuse simplement de renouveler la licence d’une entreprise qu’il déteste pour une raison idéologique ou personnelle. Ces cas ne sont pas rares.

La loi doit au contraire obliger le bureau d’enregistrement à renouveler chaque licence d’exploitation, à moins qu’il ne produise des preuves explicitant les raisons du refus. Bien sûr, une telle procédure doit être claire. Sinon, le fait de plaire ou d’acheter des régulateurs et des fonctionnaires deviendrait l’élément essentiel de l’activité commerciale.

J’ai récemment été invité à prendre la parole lors d’une conférence sur la corruption en Afrique de l’Ouest. Mon exposé aurait porté exclusivement sur la délinquance législative des Parlements et des Assemblées législatives attribuant des pouvoirs discrétionnaires larges et illimités aux fonctionnaires. Mon vol vers le pays où devait se tenir la conférence est parti sans moi... Au moment du décollage, j’attendais toujours un visa. J’ai essuyé deux refus, après avoir été à leur consulat local à plusieurs reprises juste pour me faire raconter des histoires par un humble fonctionnaire. Deux de mes collègues ont vécu des expériences similaires. J’ai aussi des collègues du monde entier qui ne peuvent pas venir en Afrique du Sud pour pratiquement la même raison : du personnel consulaire peu coopératif et avec trop de pouvoir discrétionnaire.

Par conséquent, ironiquement, j’ai été empêché de faire une présentation sur le cynisme du pouvoir discrétionnaire illimité de la part de quelqu’un exerçant un pouvoir discrétionnaire illimité. Cela aurait pu être évité si, par exemple, la loi exigeait simplement que les visiteurs étrangers soumettent, en ligne, leurs adresses et autres informations pertinentes pour s’assurer que les États destinataires puissent les identifier et les retrouver si nécessaire. Cette approche fondée sur le bon sens ne fait pas l’unanimité car les pouvoirs discrétionnaires permettent le maintien d’empires bureaucratiques. Il est peu probable que les dirigeants, qui utilisent eux-mêmes des pouvoirs discrétionnaires pour obtenir des gains illicites, souhaitent qu’ils cessent.

Ainsi, il appartient aux citoyens d’exiger que leurs législateurs se soumettent à l’état de droit et cessent d’attribuer des pouvoirs despotiques sans restriction à des fonctionnaires non élus, sans visage et sans nom. Un sursaut est requis de la part de la population si l’on cherche à transformer la corruption généralisée à une pratique occasionnelle.

Martin van Staden est chercheur-analyste au Free Market Foundation.

Article publié en collaboration avec Libre Afrique

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Le festival Donia s’est clôturé par une note majeure

Le rideau de la 25ème édition du festival Donia de Nosy Be est tombé. Le cinquième et dernier jour de cet événement culturel phare de la zone océan Indien a eu lieu dimanche, ponctué par une série de discours et, marqué par le show spectaculaire de Fandrama, égal à lui-même et du groupe réunionnais, Manyan. Ce dernier a fait vibrer le stade d’Ambodivoanio avec son sega bouillant d’ambiance.

Comme à l’accoutumée, la dernière journée du festival attire la foule qui s’attend à une ambiance tropicale chaude. La tradition a été respectée. Comme samedi, l’assistance est venue très nombreuse dimanche. Les artistes, eux, ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour chauffer la scène malgré les brises froides de la nuit au bord de la mer à Nosy Be. Fandrama comme Sisca qui était la tête d’affiche de la soirée du samedi, ont entonné leurs plus belles créations au grand plaisir du public venu très nombreux.

Le seul bémol de cette 25ème édition du festival Donia reste la soirée de vendredi, animée entre autres par Tence Mena, qui n’a quasiment attiré qu’une poignée de spectateurs. « Environ 1 500 spectateurs », estime l’organisateur. Effectivement, c’est très peu par rapport aux 10 000 spectateurs d’antan au moment où le festival était à l’apogée de son succès.

Cette baisse de régime ne peut alors qu’être expliquée que par l’insuffisance de publicité du festival et l’apparition sur scène trop souvent de Tence Mena à Nosy Be. Deux mois plus tôt, elle était déjà à la tête d’affiche du festival Somaroho organisé par le jeune chanteur originaire de cette ville de l’île aux Parfums, Wawa.

Quoi qu’il en soit, de grands efforts semblent été faits par le comité d’organisation de cet événement culturel phare de Nosy Be pour marquer son 25ème anniversaire. Ce, en dépit du report de plusieurs mois du festival et des doutes qui planaient à cause de l’approche des élections présidentielles dont la campagne électorale depuis dans environ une semaine.

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Un plan d’indemnisation des trafiquants de bois de rose dénoncé par la société civile

L’Alliance Voahary Gasy (AVG) et Transparency International- Initiative Madagascar (TI-IM) dénoncent le plan de système d’indemnisation des trafiquants de bois de rose que L’État envisage de mettre en place.

Dans un communiqué conjoint du 28 septembre 2018, les deux entités de la société civile demandent à la CITES [1](Comité Permanent de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) de rejeter le business plan proposé par le gouvernement malagasy.

Le 2 octobre prochain, à Sotchi en Russie, sera ainsi une réunion cruciale pour Madagascar, l’État présentera au CITES sa proposition de mécanisme d’audit des stocks de bois précieux de Madagascar ainsi que son plan d’utilisation de ces stocks. Ce plan prévoit un système d’indemnisation des détenteurs illégaux de bois précieux ayant déclaré leurs stocks en 2011 afin de permettre l’audit et la sécurisation des grumes actuellement sous leur contrôle. Le plan prévoit à la suite de la réalisation de l’audit de ces stocks leur commercialisation, ainsi que celle des stocks déjà saisis par les autorités.

Lors de la 69ème réunion du Comité Permanent de la CITES, qui s’est tenue en Suisse en 2017, une première version de ce Business Plan proposé par l’Etat malagasy avait pourtant été rejeté, certaines dispositions du rapport devraient, d’après l’avis du Comité Permanent, faire l’objet de révisions.

Le « nouveau » Business Plan qui sera présenté la semaine prochaine en Russie ne répond toujours pas à de nombreuses recommandations exprimées par les Etats membres de la CITES. En effet, il ne prévoit aucun mécanisme de surveillance et de contrôle des produits des éventuelles ventes de bois précieux par l’Etat malagasy. Le plan est tout aussi silencieux sur l’impact que pourrait avoir cette vente sur l’exploitation illégale et le trafic de bois précieux.

Une investigation récemment menée par l’Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) a démontré que les réseaux mafieux de trafic de bois précieux opèrent toujours à Madagascar en toute impunité, aidés en cela par la complicité à de multiples niveaux de personnalités issues de l’administration et du pouvoir politique. Cette enquête de l’OCCR montre que certains candidats à la prochaine élection présidentielle ont été ou sont encore impliqués dans le trafic de bois précieux.

«  L’idée d’indemniser des barons du bois précieux par peur de représailles de leur part est un grave renoncement à l’État de droit et une extorsion flagrante dont les premières victimes seront une fois de plus l’environnement et les contribuables malagasy », déplorent les deux entités de la société civile.

Pour le Directeur Exécutif de l’EIA (Environnemental International Agency), Alexander von Bismarck, qui a lui-même enquêté sur l’exploitation illégale du bois précieux à Madagascar, il est à craindre «  qu’accepter le plan de Madagascar enverrait un message d’encouragement au crime organisé et créerait un dangereux précédent pour d’autres pays qui ont saisi du bois volé. » L’EIA a en effet été témoin des conséquences dévastatrices de ventes de stocks de bois précieux mal organisés dans d’autres pays, dont récemment la Guinée-Bissau.

Le Business Plan de Madagascar propose qu’une fois une partie des stocks de bois précieux auditée et sécurisée par les autorités, ceux-ci puissent faire l’objet de ventes. Le produit de ces ventes doit en principe être reversé pour 25% au budget général de l’Etat, pour 25% au budget de collectivités territoriales (Provinces, Régions et Communes), et les 50% restants affectés à des « actions en faveur de l’arbre ». Une ventilation qui semble à première vue louable mais qui constitue une réelle menace pour le pays. Aucun mécanisme n’est en effet prévu pour assurer la traçabilité et la transparence de l’utilisation des fonds que généreraient une éventuelle vente des stocks de bois précieux. Du fait des risques importants de détournements de ces fonds en l’absence d’instruments de contrôle efficace, Transparency International-Initiative Madagascar et l’Alliance Voahary Gasy (AVG) doutent qu’une vente dans ces conditions puisse réellement contribuer au développement économique et social du pays.

Recueilli par la Rédaction