Les actualités Malgaches du Lundi 01 Janvier 2018

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La Vérité5 partages

Personnalités - Ahmad et Fanirisoa deux figures qui ont marqué 2017

 

« Nul n’est prophète en son propre pays ». C’est le cas de le dire pour Ahmad qui a fait connaître son nom et son pays dans le monde entier en général et en Afrique en particulier. A la surprise générale, le président de la fédération malagasy de football est élu à la présidence de la Confédération Africaine de football (Caf) au mois de mars 2017. Premier Malagasy, toutes disciplines sportives confondues, à occuper un tel poste d’importance, il a désormais sous ses responsabilités pendant 4 ans les 54 fédérations africaines et le développement du sport Roi en Afrique.

 

Quand le comité exécutif de la Caf a sorti au mois de février dernier l’identité des candidats à la présidence de l’instance dirigeante africaine du ballon rond, l’évocation de celui de Ahmad a fait rire sous cape plus d’un. Effectivement, les paramètres ne plaident pas en faveur du président de la fédération malagasy. Primo, il a en face de lui l’inamovible Issa Hayatou, président en exercice, archi-favori à sa propre succession. A chaque élection à la présidence de la Caf, personne n’ose se mettre en travers de  sa route de peur d’un camouflet. Secundo, le football de la Grande île est méconnu au niveau continental et ne possède pas l’ Aura » de certaines Nations  tant au niveau des clubs que des sélections nationales. Tertio, la conjoncture de l’époque semble en défaveur de Ahmad dont le pays s’est vu retirer par la Caf, l’organisation de sa toute première phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations (Can), celle des moins de 17ans. Un retrait de dernière minute qui a valu  à Ahmad les critiques acerbes venant de quelques responsables étatiques et sportifs malagasy. Ces derniers l’accusaient de primer l’intérêt personnel à celui de la Nation. « Puisque Ahmad s’est dressé contre Hayatou, c’est tout à fait normal que la Caf nous a retiré l’organisation de la Can », a déclaré un membre du gouvernement malagasy au lendemain de l’annonce de la mauvaise nouvelle par le comité exécutif de la Caf. Même les parieurs invétérés n’osaient miser un ariary sur la victoire d’Ahmad. Des journalistes africains ont franchi même le Rubicon en affirmant que la candidature du président de la fédération malagasy n’est qu’une pure mascarade inventée par Issa Hayatou et sa clique afin de montrer aux yeux de tout le monde que la démocratie existe au sein de la Caf. En dépit de tout, Ahmad a décidé de foncer tête baissée. « Même si à la veille des élections, je ne suis certain que sur la vote de Madagascar, je ne retirais pas ma candidature », martèle le petit garçon d’un village de Maintirano  (Tambohorano), résolu à jouer dans la cour des grands. Ancien professeur d’éducation physique, joueur, entraîneur, secrétaire d’Etat au sport, ministre et président de fédération, Ahmad se lance dans le bain des élections à haut risque du mouvement sportif. Il savait que même son poste de sénateur de Madagascar est en jeu, s’il n’arrive pas à transformer l’essai. Mais lui, il croit en sa bonne étoile. L’arrivée d’une nouvelle tête à la direction de la Fifa lui semble également favorable. Le slogan choisi par Ahmad, « Ensemble pour le changement », prend forme et quelques pays adhèrent au mouvement. Les 15 présidents de fédérations membres du Cosafa (association regroupant les pays d’Afrique Australe) sont les premiers à annoncer leur soutien au président Ahmad. Cette prise de position du Cosafa s’est avérée comme le déclic à la marche en avant du candidat malagasy appuyé également par quelques fédérations du Maghreb ainsi que la puissante association nationale du Nigéria. Issa Hayatou voit du coup son fauteuil ébranlé par ce candidat taxé de peu crédible qui, au fil des jours, voit son équipe de campagne s’élargir. 

N’empêche, Ahmad était encore loin d’acquérir les voix nécessaires pour la présidence de la Caf. « Il y a des fédérations qui n’osent pas me soutenir ouvertement mais qui m’ont promis leur vote. D’autres hésitent à faire le grand pas tandis que certaines ont déjà affiché leur choix sur mon adversaire. Quoi qu’il en soit, je suis confiant », a confié Ahmad à la veille du jour des élections. A cet instant, une vingtaine de voix lui seraient attribuées. « La réélection de Issa Hayatou annoncée comme acquise n’est plus certaine », avertit un journaliste international à quelques heures seulement du début des élections. Le verdict annoncé dans l’après-midi confirmait ses doutes : Ahmad est élu à la présidence de la Caf avec 34 voix contre 20 pour Hayatou. Ce dernier à la tête de la Caf pendant 30 ans a été battu ainsi par une personne méconnue mais audacieuse qui,  à 57 ans, parachève son parcours sportif par cette élection au poste le plus important dans le milieu du football africain. Dans la foulée, Ahmad est propulsé à la vice-présidence de la très grande puissante association sportive qu’est la Fifa. Cette élection d’Ahmad fait, sans la moindre d’un doute, la fierté de tout un peuple. L’année 2017 a été mouvementée. Certaines femmes ont fait la Une de la presse pour différentes raisons. Fanirisoa Ernaivo en particulier s’est fait remarquer du grand public cette année pour ses nombreux engagements en faveur des magistrats dont elle est la présidente du Syndicat des magistrats de Madagascar. Les ennuis judiciaires de l’opératrice économique réputée proche du couple présidentiel Claudine Razaimamonjy ont porté cette jeune magistrate au devant de la scène médiatique malagasy. 

 

Ancienne secrétaire générale du Syndicat des magistrats de Madagascar (Smm),  Fanirisoa Ernaivo s’est lancée dans la course pour devenir la présidente du syndicat en décembre 2016. A l’issue d’un scrutin serré, la magistrate avait été élue par ses pairs et a ainsi succédé  à Alphonse Andrianjafimahery devenant par la même occasion la première femme présidente du Smm.  Connue pour son franc-parler et pour son engagement en faveur de la défense des droits et des intérêts de son corps professionnel,  la toute nouvelle présidente du Smm se fraie très vite un chemin au niveau de la scène médiatique malgache. Depuis le début de l’année, les magistrats réclament des garanties pour l’indépendance de leur fonction, qu’ils estiment menacée par les incursions du pouvoir exécutif.  Mais c’est l’affaire Claudine Razaimamonjy qui a véritablement porté la jeune magistrate sur le devant de la scène.  Les juges de l’île avaient été ulcérés par le soutien public apporté par l’ancien ministre de la Justice et l’Exécutif en général à cette opératrice économique, une femme d’affaires  ayant ses entrées à Iavoloha, qui avait été arrêtée le 3 avril dernier dans une affaire de détournement d’argent public. Les magistrats, à leur tête Fanirisoa Ernaivo, avaient alors engagé un bras de fer avec l’Exécutif, dénonçant notamment les violations de l’indépendance de la justice. Des grèves ont été menées en juin, juillet et septembre.   La confusion entre le ministère de la Justice et le pouvoir judiciaire à Madagascar a été martelée par Fanirisoa Ernaivo. Elle a dénoncé par exemple le fait que les juges qui refusent de répondre à des ordres illégaux sont le plus souvent affectés de manière discrétionnaire pour les punir. Autres griefs des juges : une réforme du statut de la magistrature, ainsi qu’une revalorisation du budget de la justice pour un meilleur fonctionnement des tribunaux.   Malgré son jeune âge, elle a fait preuve d’une grande maturité. Fanirisoa Ernaivo est parvenue à son niveau de notoriété grâce à sa probité exemplaire. La présidente du Smm donne l’image d’une battante qui reste soucieuse de l’égalité comme le démontre son combat dans l’affaire Claudine Razaimamonjy  et dans d’autres affaires. Même si Fanirisoa Ernaivo ne court pas après les honneurs, elle mérite amplement le titre de femme de « La Vérité » de l’année en raison de sa percée fulgurante sur la scène médiatique malgache.

Lalaina A. et Rata

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Pétanque Junior - La désillusion de nos champions du monde

« Dans votre vie, tout ce que vous ferez sera insignifiant, mais il est très important que vous le fassiez quand même », a dit Gandhi. C’est bien le cas pour le quatuor malgache formé par Fitahiana Andriamanda, Fifaliana Tendry, Jean François Rakotodrainibe et Anjarasoa Ravohitrarivo, les champions du monde junior de Kayhua (Chine) du 4 au 8 novembre 2017. Tendry Fifaliana, raconte ses désillusions.

 

Les médaillés mondiaux et continentaux ont été reçus par le Président de la République au Palais d’Etat d’Iavoloha ce vendredi 29 décembre. Honorés et félicités par le Chef d’Etat grâce aux efforts fournis. C’est Un exploit sportif exceptionnel  pour les jeunes champions du monde de pétanque en Chine. En effet, ils étaient les seuls à avoir  remporté un titre mondial pour la Grande Ile cette année 2017. Outre la reconnaissance du président de la République aux jeunes athlètes,  les champions du monde junior de pétanque n’ont pas pu cacher  leur déception. Tendry Fifaliana n’a pas eu sa langue dans sa poche pour exprimer sa désillusion. Comme le chef de l’Etat  l’a dit, ces athlètes font la fierté du pays et même l’Etat ne sera jamais assez reconnaissant envers eux pour ce qu’ils ont fait  pour leur pays. Malheureusement, certaines personnes ne se rendent pas compte de la « valeur sportive » de ces champions du monde. Dans le pays,  on ne chérit pas comme il le faut nos héros. Ce sont les amateurs étrangers qui les saluent encore plus que leurs compatriotes

 

Rien n’a (vraiment) changé pour les trois

 

« Nous avons travaillé dur pour gagner ce titre. On est passé par le titre de champions de Madagascar avant d’être sélectionnés. Nous étions entraînés par Dolys Randriamarohaja  deux fois par jour, le matin et le soir à l’aéroport d’Antsirabe ».   La déception était immense pour les trois jeunes. En effet, s’attendant à un accueil triomphal, dont-il mérite, ils n’ont trouvé que leurs familles, qui sont venues les accueillir à leur retour du championnat du monde sur le tarmac de l’aéroport d’Antananarivo. Pire, les vice-championnes du monde était plus félicitées que ces jeunes. « A notre arrivée, nous étions tellement découragés, parce déjà, il n’y avait personne d’autre que notre famille mais encore, on avait l’impression que les vice-championnes du monde dames étaient plus saluées que nous. Car un camion  caravane a fait le déplacement jusqu’à Ivato, flanqué de messages de salutation aux vice-championnes du monde alors que nous, nous sommes les champions du monde », regrette Tendry. Après leur retour, rien n’a changé. Tout le monde continuait à les regarder comme ils étaient avant. « Ce que nous avons fait pour notre pays n’a eu aucun impact sur notre statut social. A part un accueil timide qui nous a été réservé à l’aéroport, rien n’a changé. On vit comme avant que ce soit sur les boulodromes ou au sein de la société ». Pour Tendry, la situation est largement suffisante pour tout claquer. Quant à son avenir, le jeune homme n’est plus enthousiaste à faire grand chose pour la pétanque. « Pour moi, en ce qui concerne la pétanque, c’est fini. Ma déception est grande, comme je viens de vous l’expliquer, vu notre manque de considération et de reconnaissance. Pour moi, c’est comme peine perdue, il n’y aura plus une autre fois. Mon titre de champion du monde Junior n’a rien apporté de positif sur ma vie quotidienne », raconte-t-il en larmes.  Mais les jeunes doivent savoir aussi ce qui est vraiment bien, d’être un battant, embrasser la vie et la vivre avec passion, perdre avec classe et vaincre en osant, parce que le monde appartient à celui qui ose et la vie c'est beaucoup trop pour être insignifiant!  Rappelons que pour l’année 2018, ce seront aux champions du monde Senior de remettre en jeu leur titre gagné à domicile.

Elias Fanomezantsoa

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Nouvel an 2018 - Andry Rajoelina adresse des vœux d’espoir aux Malagasy

Bref. Très bref. Le discours de l’ancien président de la Transition Andry Rajoelina l’a été. Discours prononcé à minuit tapante dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier 2018 et adressé à tous les foyers malagasy.  « Puisse cette année apporter de l’espoir », a-t-il souhaité avant de poursuivre : « Nous espérons également que cette année soit une source de succès en nous permettant de faire preuve de solidarité et d’union ». L’ex-homme fort du régime transitoire a également formulé les vœux de santé et la bénédiction divine à l’endroit de tous les Malagasy.

 

Bien que l’année 2018 soit considérée comme une année décisive en matière électorale à l’approche de l’élection présidentielle, le président national du Mapar s’est abstenu de toute déclaration politique pour le moment. Au pays depuis plusieurs jours, la famille Rajoelina a passé la fête de Noël et du Nouvel an au pays. Le couple Rajoelina et ses trois enfants ont fait le déplacement à Andralanitra, au centre Akamasoa du Père Pedro Opeka pour passer la célébration de la fête de la Nativité aux côtés des enfants démunis.

S.R.

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Grands dossiers : 2017, l’année de tous les scandales

Evoquer l’année passée revient à parler des grands dossiers qui ont été révélés au grand jour par les médias. En tête de classement figure le dossier Claudine Razaimamonjy qui a fait la Une des journaux de la Capitale pendant plusieurs jours voire plusieurs semaines. Il y eut également le procès de l’ancien directeur de cabinet du ministère de la Communication, Nivo Ratiarison. A cela s’ajoutent les autres scandales fonciers tels que la vente du terrain incluant la Villa Elisabeth qui fut pourtant une résidence du défunt ancien Président Zafy Albert, les révélations sur la célèbre société immobilière « Tany Gasy », ou encore  l’accaparement de terrains à Moramanga.

 

Moramanga, le district « martyr »

Certains Français pensent que Madagascar est encore et toujours une colonie. Trois cas d’accaparation de terres ont eu lieu dans le District de Moramanga en 2017. Les bourreaux sont des Français et Malagasy, de connivence avec des personnes véreuses au sein de l’administration. Les victimes sont des Malagasy qui sont des occupants traditionnels. Le cas d’Afanoratra et d’Ambatomasina, Ambohibary, a affecté environ 500 habitants, quand le 1er septembre, un huissier à la solde d’un certain Jules Claude qui s’est marié avec une Malagasy appelée Irène Tojo Andrianambony, les a expulsés manu militari de leurs maisons. Celles-ci étaient aussi scellées. Les victimes avec leurs enfants étaient alors contraintes de vivre dehors, bravant ainsi des conditions inhumaines. Autorités, élus, activistes et défenseurs des droits humains se mobilisaient au sujet du cas d’Afanoratra et d’Ambatomasina. Même le Président Hery Rajaonarimampianina, durant son émission hebdomadaire « Fotoam-bita » dans son édition du 13 octobre, y touchait un mot. En effet, les expropriés ne pouvaient retrouver leur rythme de vie normal que plus d’un mois après l’expropriation. Mais, contre toute attente, ils ont été convoqués à la Brigade de la gendarmerie de Moramanga pour des soi- disant affaires de « corruption ». L’affaire n’est pas encore close pour l’heure. 

Terroristes

 Après Ampitambe, deux autres Français ont fait parler d’eux à Ankarefo, Anosibe Ifody. Ils ont accaparé de force les terres mises en valeur par les habitants. Le cas touchant une superficie totale de 500 ha a concerné quelque 3 600 habitants. Les étrangers voulaient y développer un agrobusiness en exploitant des ananas destinés à des firmes productrices de vêtements tendance et biologique. Agissant à la manière des terroristes, ils ont causé tant de peine aux occupants traditionnels et ont profané même des lieux sacrés au profit de la société Ecodis Anamad.  L’article que nous avons publié à ce sujet dans notre édition du 22 novembre a réellement attiré l’attention du plus haut sommet de l’Etat. Le lendemain, un exemplaire du journal « La Vérité » en main, le Président Hery Rajaonarimampianina a débarqué à Moramanga pour y inaugurer le nouveau marché municipal dont la construction était financée par la compagnie minière d’Ambatovy. « Il m’a pris en aparté pour demander la véracité de l’information et je lui ai répondu que tout ce qui est écrit dans le journal est véridique », a révélé le député de Madagascar élu à Moramanga, Henri Charles Randriamahefa. Dans son discours, le Chef de l’Etat a fustigé les manières dont les étrangers spolient les Malagasy de leurs terres ancestrales.

 En guerre

 Le troisième cas con- cerne le cimeti- ère d’Ampasanasonitra Mangarivotra, dans la zone suburbaine de Moramanga et faisant partie intégrante du territoire de la Commune rurale d’Ambohibary. En novembre, ceux dont des membres de la famille y sont enterrés ont paniqué. Pour cause, des opérations de bornage au profit d’un autre Français qui se prénomme Jean-Louis ont été effectuées sur le site. L’étranger aurait voulu valoriser le terrain au profit de ses propres activités économiques. Le pillage des caveaux tendait alors à prendre de l’ampleur. C’est une énième affaire à suivre de près. Les informations à son propos restent quelque peu confuses pour l’instant.

Dans la Commune rurale de Belavabary, les habitants et la féculerie de Marovitsika sont entrés en guerre au sujet des terrains agricoles. Les habitants, qui ne sont certes pas des propriétaires légaux, réclament leur droit à la terre. La féculerie, le propriétaire légal, s’y oppose. L’Etat devait alors intervenir en ordonnant des opérations de reconnaissance sur le terrain en vue d’une éventuelle attribution des terres aux communautés. L’histoire est à suivre même si sa nature est différente des trois cas cités plus haut. Somme toute, les problèmes fonciers ayant éclaté dans le District de Moramanga ont un fond commun : la séquelle de la colonisation française. Déjà Mangoro était le souffre-douleur de l’indigénat. Aux dernières nouvelles, les quatre Français qui embêtent les Malagasy à Moramanga pourraient incessamment être frappés de mesure d’expulsion hors des frontières. Une procédure est en cours à cette fin.

Claudine Razaimamonjy sur toutes les lèvres

L’affaire Claudine Razaimamonjy rafle, sans aucun doute, la Palme d’or parmi les dossiers sulfureux qui ont fait beaucoup de bruit en 2017. Tout commence au mois  d’avril, lorsque Claudine Razaimamonjy faisait l’objet d’une garde à vue au siège du Bianco à Ambohibao. Quelques jours après, la milliardaire a été déférée devant le Parquet de la Chaîne pénale anti-corruption aux 67ha, le 7 avril pour corruption et détournement de derniers publics. A l’issue de la comparution, la décision du Tribunal a été sans appel : la propriétaire d’AC a été placée sous mandat de dépôt à la prison d’Antanimora en attendant son procès. A l’entente de cette décision, Claudine R. s’est évanouie et est transportée d’urgence à l’hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona à Ampefiloha où elle y passait trois nuits. Le dimanche 10 avril au petit matin, elle quittait le centre hospitalier pour être évacuée à l’île Maurice avec, en sa compagnie, un médecin, un agent pénitencier, ainsi que son beau-frère, le sénateur Riana Andriamandavy VII. Une évacuation sanitaire sous prétexte d’angiographie cérébrale qui faisait polémique au sein de l’opinion publique. De son côté, le Syndicat des magistrats de Madagascar (Smm) n’hésitait pas à dénoncer une « évasion organisée ». D’autant plus que le même syndicat, sous la houlette de la présidente Fanirisoa Ernaivo, révélait l’existence de deux interdictions de sortie du territoire (Ist) contre le sponsor du Hvm. Au cours d’une descente des magistrats à la Hjra, le chef de l’établissement  a confirmé que la patiente a quitté l’hôpital à 3h30 du matin. La polémique a enflé après cette « évasion organisée » et l’affaire a pris une ampleur nationale. Au terme de longues pressions de la part des magistrats et de la communauté internationale, Claudine Razaimamonjy a finalement quitté la chambre 126, du service neurochirurgie de l’hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona pour rejoindre la prison d’Antanimora à la mi-juin. Un transfert effectué 65 jours après que cette conseillère spéciale du Président Hery Rajaonarimampianina a séjourné à l’hôpital. 72 heures après sa détention, la milliardaire est transférée à la prison de Manjakandriana où elle y est restée jusqu’à présent. A l’issue d’un nouveau déferrement au mois de décembre dernier, elle a été reconduite à cet établissement pénitentiaire pour femmes.

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La ligne droite

 Les concurrents d’une compétition olympique de course de fond de 5 000m entament la dernière étape. Une ligne droite décisive où aucune erreur n’est permise et qui va départager les finalistes. Moment le plus critique pour les participants en lice et le plus délirant pour les spectateurs au stade. Depuis des années, les compétitions d’endurance de marathon, de 10 000 m ou de 5 000 m, des mondiaux ou des Jeux olympiques ont été l’apanage des athlètes africains. Ethiopiens et Kenyans en sont les maîtres incontestés.  En cette année 2018, le locataire d’Iavoloha entame son cinquième et dernier tour. Une ligne droite au terme de laquelle d’autres « concurrents » viendront se joindre à lui pour un sprint final. Le vainqueur de la der des ders remportera la coupe. Les modalités de ce sprint final ne sont pas encore clairement définies, et cela, à quelques encablures du signal de départ. Les détails de la « course » tardent à être affichés. Les « Officiels » du jeu voulaient, sciemment, entretenir le flou.

Le cadre constitutionnel qui statue, en général, les règlements de la compétition se voit placé sous la menace d’amendement. Les partenaires nationaux et internationaux doutent depuis le début des manigances. Une conspiration contre la personne de la Loi fondamentale se trame sous la trappe. Il a fallu que tout le monde (simples citoyens, média, société civile et formations politiques de l’autre camp) montent au créneau pour que le régime se replie, du moins, pour le moment. Un repli stratégique pour calmer le jeu, selon certains. Le pouvoir central adoptait, ces derniers temps, un semblant démarche d’ouverture. Le Premier ministre, en personne, engage des consultations auprès des partenaires sociaux, notamment les Organisations de la société civile (Osc) et les partis politiques, en vue d’établir un cadre consensuel relatif aux élections à venir. Quid du sort réservé à l’Article 46 et autres ? Quid des dates ? Quid du Code électoral ? Autant de sujets fâcheux qui, au final, ne présagent guère la sérénité et la crédibilité des scrutins. Apparemment, les tenants du régime subissant des pressions de tous les côtés donnent l’impression de se plier. Mais attention ! Le vrai danger viendrait plutôt du côté de Tsimbazaza et d’Anosikely, le Parlement, deux forteresses à l’intérieur desquelles le pouvoir, en place, peut compter pour se réfugier. L’autre sujet de taille, aussi, réside sur l’éventuel comportement des leaders politiques « de l’autre rive » face à l’enjeu de cette ligne droite de 2018. Seraient-ils capables d’accorder leurs violons et former un seul bloc pour affronter le camp du pouvoir ? Certains observateurs douteraient d’assister à une « course » où les concurrents du même bord partiront en rang dispersé, sinon dans le désordre. Une aubaine pour le candidat d’Etat et une opportunité pour les candidats fantoches. Devrait-on signaler que durant ce sprint final, le régime pourrait aligner au starting-block des « vrais-faux coureurs », tout juste pour semer la pagaille et, bien entendu, pour disperser les voix. Les vrais leaders devraient être à même de discerner le bon grain de l’ivraie. Les caciques du Hvm parviendraient à s’infiltrer jusqu’à l’état-major de l’opposition au risque de disloquer la troupe. L’année 2018, la ligne droite vers les grands rendez-vous électoraux, annonce les défis. Un match ouvert ! 

 Ndrianaivo

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2017, une année avec des hauts et des bas

Quand on revient en arrière et qu’on fait une brève rétrospective de l’année 2017, on se rend compte que cette dernière ne nous a aucunement épargnés : hausse du prix du riz, augmentation des prix à la pompe, dépréciation de l’ariary, diminution de la production de vanille, facture de la Jirama revue à la hausse, mise en circulation des nouveaux billets de banque, etc. Pour autant, l’année 2017 a aussi eu des répercussions positives dans le secteur économique, des répercussions peu nombreuses certes, mais allant dans le bon sens quand même. A ne citer que la construction de nouvelles infrastructures, l’émergence de certains acteurs économiques... Tout cela pour dire qu’il est indispensable de reculer d’un pas pour se souvenir de ce que 2017 a apporté, et ce afin de mieux rebondir en cette nouvelle année qu’est 2018, sans toutefois tourner le dos à la réalité. 

 

La personnalité marquante de l’année

« Pour la mise en place des plateformes d’excellence », selon Michel D. Ramiaramanana

Pour l’année 2017, l’agence Première ligne a organisé divers évènements dans le but de contribuer au développement économique et à l’amélioration du climat des affaires au sein de la Grande île. « Cette année a été une année plus que satisfaisante pour nous, et ce, malgré l’épidémie de la peste »,

affirme Michel D. Ramiaramanana, directeur de l’agence. D’après lui,

« ces évènements correspondent notamment à une réflexion que nous avons menée pour mettre en place des leviers de croissance dans le but de booster une filière ». A travers ces différents évènements ponctuels pouvant être multisectoriels ou multi-thématiques, l’agence Première ligne veut ainsi développer l’attractivité du secteur privé malagasy, comme le cite Michel D. Ramiaramanana : « il faut que le secteur privé fasse une présentation efficiente de son secteur ». En tant qu’organisateur, Première ligne se positionne alors en tant que

« think tank » en relayant une diplomatie économique opérationnelle entre l’Etat et le secteur privé. Michel D. Ramiaramanana a ajouté que « ces évènements que nous qualifions de plateformes d’excellences sont des lieux de rencontre opportuns où chaque acteur peut effectuer, durant les 4 jours du salon, des rencontres sans contraintes avec des futurs partenaires, investisseurs ou encore des futurs clients. Ils donneront également une meilleure visibilité à chaque acteur ». Le directeur de l’agence Première ligne considère que Madagascar a d’énormes potentiels et devrait toujours occuper la première place dans la zone indianocéanique. C’est pour cette raison que chaque évènement comme la Foire internationale de l’agriculture ou encore la Foire internationale de Madagascar (Fim) se focalise de près sur la promotion du concept « Vita Malagasy » dans le but de favoriser l’augmentation de la valeur ajoutée et ainsi faire croître l’économie malagasy. Michel D. Ramiaramanana a conclu en affirmant que « le développement du secteur privé générera sans aucun doute des emplois qui contribueront à l’amélioration du niveau de vie des plus démunis. Et à travers nos évènements, c’est comme si nous apportons notre petite pierre à l’édifice ». 

Propos recueillis par Rova R. 

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Peste pulmonaire urbaine - Environ 200 morts et plus de 2400 cas enregistrés

Les Malgaches ont surmonté différentes étapes et  épreuves durant l’année 2017. Elles concernent notamment le domaine social à savoir la santé, l’éducation.  Ce qui l’a vraiment distinguée des années précédentes  a été l’épidémie de peste. Cette maladie a sévi dans toute la Grande île.  Et elle a causé de nombreuses pertes en vie humaine. L’on a été même isolé sur la scène internationale.  En outre, cette situation déplaisante a affecté grandement d’autres domaines. L’un d’entre eux a été l’éducation. Les établissements scolaires ont fermé leurs portes durant quelques semaines. Et cela a entrainé le changement du calendrier scolaire. La rentrée des écoliers a été repoussée par le Ministère de l’Education Nationale. Par ailleurs, au profit du ministère de tutelle, le Plan Sectoriel de l’Education est indirectement mis en marche. Quant à l’enseignement supérieur,  les mesures étaient les mêmes pour éviter la propagation de la maladie.  Toutefois, ce secteur a été victime  des manifestations portant atteinte aux activités universitaires.  La pause a été prolongée par la grève des étudiants mais surtout des enseignants.  Dans le domaine du transport,  la discorde entre la Commune urbaine d’Antananarivo et les taximen a été au centre des discussions ces derniers mois de l’année 2017.  Elle tournait autour de la contre-visite que ces conducteurs doivent effectuer à l’Omavet. 

 

Sujet de panique générale et de mobilisation internationale. L’épidémie de peste pulmonaire à Madagascar, notamment en milieu urbain, était au centre des préoccupations de la communauté internationale, notamment entre le mois de septembre et octobre de l’année 2017. Selon les chiffres rapportés par le Dr Mahery Ratsitorahana, Directeur de la veille sanitaire et de la surveillance épidémiologique (Dvsse) auprès du ministère de la Santé publique (Msp), 2417 cas de peste ont été notifiés depuis le mois d’août dans toute l’île, dont 28% confirmés. Les victimes avaient entre 20 à 22 ans. L’épidémie enregistre un taux de létalité de 8,7%, soit environ 200 décès enregistrés.

« La peste a touché 55 Districts entre le 1er août et le 17 novembre mais cela a nettement baissé 2 semaines après. Actuellement, 13 Districts sont considérés comme foyers pesteux habituels, c'est-à-dire qu’ils enregistrent encore des nouveaux cas, quoique l’épidémie ait déjà pris fin », rapporte le Dvsse.  L’épidémie de peste de cette saison a commencé par le décès d’une victime en cours de route à Moramanga, le 27 août dernier, dans un taxi-brousse reliant Antananarivo. Deux de ses voisins de place ont également succombé à la maladie le 2 et 3 septembre, sans oublier les décès successifs dans une même famille du côté de Faratsiho et Antananarivo. Pour la Capitale, l’épidémie de peste pulmonaire urbaine a commencé le 11 septembre 2017.

  Polémiques et mesures drastiques

 L’épidémie de peste a engendré de nombreux polémiques et affolements des habitants. En fait, la vente des masques cache-bouche et les « cotrim » a explosé à Toamasina, Antananarivo et dans d’autres villes, suite aux rumeurs sur les risques de contamination aérienne de la maladie ou encore les précautions à prendre. Les pharmaciens et producteurs/ commerçants d’insecticides en ont tiré profit. D’un autre côté, l’existence des soi-disant « agents de santé » accompagnés par des élements des Forces de l’ordre pour vacciner les enfants contre la peste a entraîné une psychose, surtout dans la ville d’Antananarivo, durant la 2è semaine du mois de novembre. Les parents se sont angoissés, au point de forcer les portails des établissements pour récupérer leurs enfants. Il a fallu de nombreuses interventions des ministères concernés pour apaiser la tension, après quelques jours. En outre, l’épidémie a entraîné une semaine de « vacances de peste » obligatoire, décrétée par le ministère de tutelle, le temps de maîtriser tout risque de contamination de la maladie en milieu scolaire. Ainsi, la rentrée officielle prévue le 2 octobre n’a finalement pu se faire que le 6 novembre. Toutefois, des établissements catholiques ont décidé de s’opposer à cette décision ministérielle et ont opté pour une rentrée le 25 octobre. Dans tous les cas, le paiement des frais de scolarité du mois d’octobre était devenu un autre sujet de discorde entre les parents et les responsables d’établissements.

Patricia Ramavonirina